Erwan Balanant : « L’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans ne peut suffire »
Invité politique de RFI ce lundi 26 janvier, le député du Finistère et auteur de la loi contre le harcèlement scolaire Erwan Balanant a défendu une ligne de responsabilité démocratique, entre vigilance internationale, sérieux budgétaire et protection des enfants face aux dérives numériques.
ICE aux États-Unis : « Ces agissements sont inquiétants »
Pour Erwan Balanant, la situation américaine suscite une vive inquiétude. « Ce qui est inquiétant, c’est ce qui se passe [aux États-Unis], normalement une grande démocratie… », souligne-t-il, pointant une fragilisation des règles démocratiques. Une inquiétude partagée au plus haut niveau, alors que « des personnalités politiques sont en train de se réveiller » tels que « Barack Obama et Bill Clinton ».
Notre député Les Démocrates dénonce aussi les soutiens français à ces dérives. « En France, que Marion Maréchal-Le Pen continue de soutenir ces agissements et cette dérive me semble particulièrement inquiétant mais pas complètement surprenant. » Pour notre secrétaire général adjoint, le respect des règles est non négociable :
Je pense qu’il faut rappeler que dans nos grandes démocraties, il y a un État de droit qui passe par un certain nombre de règles, en particulier lorsque l’on fait usage de la force.
Budget : « Tournons la page et préparons l’avenir ! »
À l’Assemblée nationale, Erwan Balanant assume une position de responsabilité. Quant à une adoption prochaine du budget, il lance au micro de RTL « j’espère ! », rappelant l’essentiel :
C’est un budget nécessaire, notre pays ne peut pas fonctionner sans budget.
Sans nier ses limites — il « n’est pas parfait, il aurait certainement pu être améliorer, mais il faut avancer » — notre député insiste sur le sens du compromis en affirmant qu'« on n’a jamais autant discuté d’un budget ».
Je crois que tout le groupe Les Démocrates, et notre président Marc Fesneau en disant ça , rappelle notre responsabilité de faire tourner le pays mais aussi de penser aux générations futures. Continuer à creuser de la dette ce n’est plus possible, et un jour on va le payer.
Cette irresponsabilité, pour notre élu, se payera par une perte de « souveraineté, des moyens d’action… Il faut qu’on soit responsable. »
Concernant le recours au 49.3, il écarte toute accusation de brutalité institutionnelle : « Je ne pense pas que le Premier ministre ait fait un passage en force, on n’a jamais autant discuté d’un budget. » Il indique d'ailleurs que le groupe Les Démocrates avait prédit « depuis le début que ça finirait en 49.3 ». Il conclut avec un appel clair : « Tournons la page et préparons l’avenir ! »
Interdiction des réseaux sociaux : « Cela ne suffira pas »
Auteur de la loi contre le harcèlement scolaire, Erwan Balanant s’exprime avec constance sur la protection des enfants face aux dérives numériques. S’il soutient l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui vient d'être votée à l'Assemblée nationale, il en précise immédiatement la portée.
Cette interdiction est indispensable pour porter un signal mais elle ne suffira pas : il faut faire évoluer les dispositifs d’éducation, de formation…
Pour notre député Les Démocrates, la régulation ne peut être uniquement juridique et appelle à la responsabilité de tous : « il faut que chacun prenne ses responsabilités : les parents, les plateformes et les fabricants. »
Les plateformes en particulier doivent prendre leur responsabilité, elles mettent en danger nos enfants. Il faudra, d’une manière ou d’une autre, qu’elles soient mises devant leur responsabilité.
Loin d’un renoncement, cette interdiction marque au contraire une étape, « un signal ». « Cette interdiction ne veut pas dire renoncer à réguler parce que c’est un symbole », souligne Erwan Balanant, convaincu qu’« on ne peut pas ne rien faire ». Il rappelle aussi que la protection ne s’arrête pas à un seuil d’âge :
Nos enfants restent mineurs jusqu’à 18 ans : nous devons continuer de les accompagner au-delà.
Dans un monde numérique dominé par des acteurs étrangers, le député alerte : « Les plateformes sont issues du continent américain ou chinois et ces gens-là ne nous veulent pas que du bien. » Pour lui, la réponse doit être européenne. « Cette régulation passera par l’Europe », affirme-t-il, saluant le rôle moteur de la France : « sur ces sujets, la France a souvent montré l’exemple. » Une ligne proactive face à un constat partagé :
À partir du moment où tout le monde fait le constat que ces plateformes sont dangereuses pour nos enfants, on ne peut pas rester sans rien faire.