Marc Fesneau : « La difficulté du sujet agricole, c'est qu'on passe trop notre temps à gérer l'urgence de la crise et à pas regarder l'avenir »
Au micro de Sud Radio, Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale et premier vice-président du Mouvement Démocrate, a abordé les enjeux agricoles en marge de sa présence sur le Salon de l'Agriculture. Il est également revenue sur le projet de loi relatif à la fin de vie, débattue à l'Assemblée nationale cette semaine, ainsi que sur la montée des extrêmes, estimant notre parti doit continuer d'affirmer qu’ « qu'une autre voie est possible pour notre pays ».
Agriculture : « Faire croire que nous ne sommes pas compétitifs est en partie inexact. »
Depuis samedi et comme chaque année, le Salon de l'Agriculture se tient à Paris, porte de Versailles, et ce jusqu'au dimanche 1er mars.
Au micro de Sud Radio, Marc Fesneau a été interrogé sur les difficultés que rencontraient les agriculteurs et reconnaît que « la situation va mal. » Il appelle donc à la recherche de compétitivité et à travailler sur les filières même si cela nécessite un investissement sur le long terme. Notre premier vice-président rappelle qu'il y a 3 ou 4 ans, nous avions lancé un plan de souveraineté pour les fruits et les légumes puisque 50 à 60% des fruits que nous consommons ne proviennent pas de France. Il explique :
Je souhaite qu'on ait une politique continue d'effort sur, par exemple, les fruits et légumes, plutôt que d'une année sur l'autre, on réponde simplement à la crise, parce que si on répond simplement aux crises, en fait on ne prépare pas.
Marc Fesneau préfère avoir une vision sur le long terme plutôt qu'une réponse immédiate à chacune des crises. Il précise :
Il faut accepter qu'en temps politique, si on pense que c'est l'immédiateté qui répond, on ment aux gens.
Le président du groupe Les Démocrates déplore également le manque d'application des lois agricoles votées : « J'aimerais déjà que celles qui ont été votées en 2023, 2024, 2025 soient appliquées. » Il explique que ce n'est pas un manquement du travail des législateurs mais plutôt le reflet d'une « impuissance parlementaire. » Marc Fesneau donne l'exemple de l'eau qui est un sujet très important sur lequel des textes sont votés mais les décrets d'application ne sont pas pris.
Sur l'agriculture française, Marc Fesneau rappelle que la France reste compétitive par rapport à d'autres pays. Par exemple, sur le blé, notre rendement est entre 50 et 60 quintaux par rapport aux États-Unis qui sont entre 15 et 20 quintaux alors qu'ils ont des millions d'hectares supplémentaires. Il souligne :
La difficulté du sujet agricole, c'est qu'on passe trop notre temps, mais j'en suis moi-même coupable si je peux dire, à gérer l'urgence de la crise et à ne pas regarder l'avenir.
Enfin, Marc Fesneau souligne que plusieurs filières agricoles vont bien comme celle du lait ou encore celle de la viande bovine :
La filière viande bovine, paradoxalement, malgré la dermatose, qui est un drame pour les éleveurs qui en ont été victimes, la filière n'a jamais vu les prix de la viande aussi élevés depuis des dizaines d'années. Le lait va plutôt mieux, parlez-en aux gens de l'Ouest. Par contre, les grandes cultures vont mal.
Loi sur la fin de vie : « Il n’y a pas de consigne de vote de groupe. »
L'Assemblée nationale poursuit les débats concernant la loi sur la fin de vie portée par le député Les Démocrates Olivier Falorni. Marc Fesneau a précisé qu'aucune consigne de vote est donnée aux députés du groupe :
Sur des sujets de conscience, on peut légitimement penser que ce que pense mon collègue n'est pas tout à fait ce que je pense. Donc il n'y aura pas de consigne de vote.
Sur sa position, Marc Fesneau a précisé que si le texte restait en l'état alors il voterait contre. Selon lui, le texte actuellement proposé ouvre : « la boîte à des choses que je considère comme dangereuses. » Le président du groupe Les Démocrates ajoute :
Ça ne veut pas dire que je n'ai pas conscience, comme tous les Français, des drames. Mais on ouvre la porte à quelque chose qui peut risquer, notamment pour les plus modestes, de dire : en fait, je ne veux plus être un poids pour ma famille, pour la société, etc. Et je ne veux pas qu'on rentre dans cette société-là.
Il rappelle une nouvelle fois que quelle que soit sa position, il ne viendra pas contraindre les députés du groupe ou donner des consignes de vote. Marc Fesneau précise également sur la loi :
Olivier Falorni gère ces débats d'ailleurs avec beaucoup de subtilité et de sens de la mesure, et je pense qu'il y en a besoin dans ces sujets-là.
Municipales : « C’est très clair, c'est ni-ni (LFI, RN). »
Marc Fesneau a été interrogé sur la décision de Jean-Luc Mélenchon de filtrer et de refuser l'accès à certains médias lors de sa conférence de presse :
C'est-à-dire que Monsieur Mélenchon a décidé de qui était la Pravda. Donc il fait la Pravda, il crée la Pravda et il ne parle qu'à la Pravda. Conception démocratique intéressante, je ne souhaite pas que des gens comme ça soient au pouvoir !
Marc Fesneau explique que Jean-Luc Mélenchon fait ainsi le choix de s'exprimer uniquement face à des médias qui sont d'accord avec lui : « C'est quand même une déviance de l'esprit qui est grave. »
Concernant le soutien de LFI à La Jeune Garde, organisation militante antifasciste qui serait à l'origine de la mort « tragique » du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, notre premier vice-président aurait apprécié des dirigeants insoumis une reconnaissance de « brebis galeuses ». Il affirme concernant La France Insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon :
C'est de la dérive. C'est un bateau sans cap. Ce qui est regrettable dans une vie publique où nous avons besoin de structure politique.
Enfin, pour finir l'entretien Marc Fesneau a rappelé qu'entre le RN et LFI, c'était aucun des deux. Il a indiqué :
Nous n'avons pas envie de choisir entre ces deux extrêmes parce que nous ne voulons pas de ces deux extrêmes, ce n'est pas dans l'intérêt du pays.
Il souligne qu'au MoDem nous continuerons de montrons une autre voie au-delà des extrêmes :
Nous au MoDem, avec nos forces, avec ceux qui peuvent avoir envie de faire ça, essayer de trouver les voies et moyens, d'un rassemblement qui permet de dire qu'autre chose est possible dans ce pays.