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Perrine Goulet : « On a vraiment un problème dans notre pays d'écoute de la parole de l'enfant »

Invitée d’Europe 1 Soir ce mardi 26 mai, notre députée Les Démocrates de la Nièvre et présidente de la Délégation aux droits des enfants, Perrine Goulet, a réagi à l’affaire des violences présumées dans le périscolaire parisien et détaillé les mesures défendues pour mieux protéger les mineurs.

Périscolaire parisien : « On a vraiment un problème dans notre pays d'écoute de la parole de l'enfant »

Alors que le procès d’un animateur périscolaire accusé de multiples violences sexuelles sur de très jeunes enfants se tient actuellement, Perrine Goulet a souligné l’importance de la publicité de ces débats judiciaires. 

Tous les procès publics qu'on peut avoir sur les violences actuellement sont salvateurs par rapport à la prise de conscience aussi de notre pays. 

 

Elle a également salué le fait que cette affaire ne soit pas jugée à huis clos, estimant qu’il est nécessaire que « la honte change de camp » et que les victimes n’aient plus à porter le poids de ces crimes.

Notre députée de la Nièvre a toutefois rappelé les limites juridiques entourant les éventuelles initiatives parlementaires. Concernant l’idée d’une commission d’enquête sur le sujet, elle a appelé à la prudence, rappelant qu’il est impossible de mener une telle procédure sur des faits en cours de jugement. Elle a néanmoins reconnu l’existence de « dysfonctionnements importants » dans le fonctionnement du périscolaire parisien, évoquant notamment le recrutement d’un animateur sans formation suffisante et l’absence de suivi malgré les premières alertes.

Au-delà du cas parisien, Perrine Goulet a insisté sur un problème plus profond : la difficulté persistante de notre société à entendre la parole des enfants et à signaler les situations suspectes. 

On a vraiment un problème dans notre pays d'écoute de la parole de l'enfant, du signalement quand on a un doute.

 

Pour la présidente de la Délégation aux droits des enfants de l'Assemblée nationale, les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. Elle rappelle notamment que « 614 nourrissons de 0 à 2 ans sont passés dans les services de justice pour des agressions sexuelles ou des viols » l’an dernier, tandis qu’« un enfant toutes les 7 minutes est victime de viols dans notre pays ». Des chiffres effarants. Face à ces réalités, elle estime que la France doit poursuivre son évolution culturelle, rappelant que les violences éducatives ordinaires sont interdites depuis 2019 mais demeurent encore trop souvent banalisées.

 

Lutte contre les violences faites aux enfants : « Il est temps qu'on inverse les choses »

Au cœur de son intervention, Perrine Goulet a défendu plusieurs avancées législatives visant à renforcer la protection des mineurs. Elle a notamment mis en avant l’extension de l’attestation d’honorabilité à l’ensemble des professionnels travaillant avec des enfants. Aujourd’hui limitée à certains secteurs de la protection de l’enfance, cette vérification des antécédents judiciaires pourrait concerner demain les établissements scolaires, les clubs sportifs ou encore les structures culturelles.

Cette mesure s’inscrit dans un combat plus large porté par les élus démocrates pour faire reculer les violences faites aux mineurs. « On voit bien qu'on a un pays qui est violent avec ses enfants. Il faut qu'on le regarde en face », a-t-elle déclaré, appelant chaque citoyen à exercer sa vigilance et à signaler les situations préoccupantes.

On voit bien qu'on a un pays qui est violent avec ses enfants. Il faut qu'on le regarde en face et que chacune et chacun, vous, moi, on ait aussi un regard sur l'enfant qui est à côté de nous. Et que quand on a un doute, on le signale. 

 

Notre députée Nivernaise a également insisté sur l’une de ses priorités : la création d’une ordonnance de protection immédiate de l’enfant. Inspiré du dispositif existant pour les femmes victimes de violences, ce mécanisme permettrait de mettre rapidement un mineur à l’abri lorsqu’un danger est signalé. « À partir du moment où un enfant parle, présomption de vérité, on le protège », a-t-elle plaidé, estimant que les droits et la sécurité des enfants doivent désormais primer lorsque des investigations sont en cours.

Cette volonté de mieux protéger les victimes s’accompagne d’une réflexion sur les moyens accordés aux professionnels. Perrine Goulet a dénoncé l’absence de normes suffisantes en matière de formation et d’encadrement dans le périscolaire comme dans la protection de l’enfance. Selon elle, exiger davantage de qualifications suppose également une meilleure reconnaissance salariale de ces métiers essentiels.

Il serait temps qu'on norme un petit peu et qu'on exige de la formation de ces professionnels. Mais ce qui veut dire aussi que si on exige de la formation, il faut aussi qu'on les paye en conséquence. 

 

Enfin, la parlementaire a rappelé que les outils législatifs ne suffiront pas à eux seuls. Si l’attestation d’honorabilité permettra d’écarter les personnes déjà condamnées, « on n'empêchera jamais la première agression ». D’où la nécessité, selon elle, de poursuivre le travail de sensibilisation, d’écoute et de vigilance collective.

 

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