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Maud Petit : « Le chiffre de 7 millions de victimes d'inceste est sûrement en deçà de la réalité »

Maud Petit
(© ©Radio France - CPJ)

Notre députée du Val-de-Marne, présidente de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, Maud Petit, était l’invitée du 13/14 avec Jérôme Cadet sur France inter pour expliquer les travaux et les constats alarmants de la commission.

Sur France Inter, Maud Petit a d'abord rappelé l’origine de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, portée par le député de Guadeloupe Christian Baptiste après les alertes d’associations engagées contre l’inceste.

La présidente de la commission a insisté sur l’ampleur du phénomène : 

C’est un sujet qui touche l’ensemble du territoire français, y compris dans les outre-mer. 

 

Évoquant le chiffre de sept millions de victimes, elle estime même qu’il est « sûrement en deçà de la réalité », tant de personnes restant prisonnières du silence, de la honte ou de l’« amnésie traumatique ».

La députée démocrate a également décrit les conséquences psychiques durables de ces violences, évoquant des comportements ou addictions pouvant révéler un traumatisme subi dans l’enfance.

Depuis plusieurs mois, la commission multiplie auditions et déplacements de terrain, notamment au tribunal judiciaire de Paris, à la Brigade des mineurs ou encore à l’Office des mineurs de Nanterre.

Tous les témoignages sont marquants, tous, parce que ça nous permet d'avoir plusieurs points de vue. 

 

Ces échanges avec les enquêteurs ont profondément marqué les parlementaires. Maud Petit évoque des révélations « qui vous glacent le sang » et confie être « rentrée chez [elle] avec l’envie simplement de vomir » après avoir découvert l’existence de documents circulant sur internet donnant des conseils pour violer un enfant « sans laisser aucune trace ».

La députée a aussi parlé des « traumatismes vicariants » vécus par les élus et collaborateurs de la commission confrontés quotidiennement à ces témoignages : 

Pour nous, députés, collaborateurs, il y a une forme de victimisation aussi, à distance, presque par procuration, parce que nous, nous souffrons aussi, nous sommes remués dans nos chairs et dans nos réflexions. Mais ce n'est rien à côté de toutes ces victimes.

 

Au micro de France inter, l'élue du Val-de-Marne a également mis en lumière les difficultés rencontrées par les parents protecteurs face à certaines décisions judiciaires. Faute de preuves suffisantes, des affaires peuvent être classées sans suite alors même que les soupçons demeurent. La députée décrit alors un dilemme insupportable : « Vous allez devoir rendre l’enfant au parent qui a été mis en accusation. » Une situation qui conduit parfois certains parents à se mettre hors la loi pour continuer à protéger leur enfant.

Ainsi, sur la question de la dépénalisation de la non-présentation d’enfant, Maud Petit salue l’ouverture du débat par le ministre de la Justice : « Ouvrir le débat c’est essentiel. »

Interrogée par une auditrice, la présidente de la commission a insisté sur l’importance de la formation et de l’information, bien au-delà des seuls magistrats ou forces de l’ordre. Elle rappelle notamment l’existence du 119, numéro dédié à la protection de l’enfance : « Il faut en parler, il ne faut pas le garder pour soi. »

Enfin, Maud Petit a réaffirmé son engagement en faveur de l’imprescriptibilité des crimes et délits sexuels commis sur les mineurs : 

Je suis absolument favorable à l’imprescription des crimes et des délits sexuels sur les mineurs.

 

Par son travail à la tête de cette commission d’enquête, la députée Les Démocrates porte une exigence de protection des victimes et de vérité judiciaire salutaire.

 

Écouter l'entretien sur France inter.

 

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