Marc Fesneau : « On court derrière une urgence qui ne nous fait pas résonner sur le fond du sujet »
Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale et premier vice-président du Mouvement Démocrate, était l'invité de Dimanche en politique sur France 3 pour évoquer les différents sujets de l'actualité nationale et internationale : hantavirus, prix du carburant, élection présidentielle mais aussi la loi d'orientation agricole.
Hantavirus : « Il est assez peu contagieux et malheureusement très mortel »
Pour commencer l'entretien, Marc Fesneau a été interrogé sur la différence entre la pandémie du Covid-19 et les cas d'hantavirus détectés à bord d'un bateau de croisière, il souligne :
La différence principale, c'est que ce virus est connu et on sait son degré de contagiosité. Il est assez peu contagieux et malheureusement très mortel. Donc on est préparés.
Il a précisé : « Manifestement, l'ensemble des passagers seront traités avec le même protocole et une quarantaine. »
Marc Fesneau a à nouveau précisé la grande différence avec la pandémie du Covid-19 :
La différence avec le coronavirus, c'est qu'il était émergent, on ne le connaissait pas et par ailleurs, on était sans doute intellectuellement et globalement désarmés sur les outils, les masques, les gels.
À ce sujet, notre premier vice-président a rappelé qu'« il faut toujours se préparer » et « de pouvoir disposer des outils dont on a besoin » mais surtout de tirer des conclusions sur l'expérience du coronavirus notamment à propos de la dépendance sur les sujets sanitaires ou économiques.
Carburant : « Cette crise s'inscrit dans le long terme »
Notre premier vice-président s'est exprimé sur les aides au carburant annoncées par le gouvernement. Il a affirmé la nécessité de prendre des mesures ciblées :
Parce que je rappelle que tous ceux qui demandent des mesures à l'aveugle, c'est entre 8, 10, 12, 14 milliards d'euros que nous n'avons pas et que nous allons emprunter par ailleurs et que les Français seront appelés à rembourser.
Marc Fesneau appelle le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour à la fois contrôler les marges des distributeurs et des fournisseurs, mais aussi de faire en sorte que les Français les plus impactés bénéficient en priorité des aides au carburant.
Une aide pour les gros rouleurs va donc être mise en place et la plateforme pour effectuer une demande ouvrira fin mai. Interrogé sur le délai de la mise en place de cette aide qui va concerner 3 millions de Français, Marc Fesneau a affirmé :
Vous ne pouvez pas à l'aveugle développer un système informatique où il faut contrôler les revenus des gens, contrôler qu'il n'y a pas de fraudeurs, contrôler la cible.
Enfin, Marc Fesneau a été interrogé sur Total et son rôle dans la crise. Il souligne :
Non, Total n'est pas un profiteur, en tout cas, ce n'est pas ce qu'on a sous les yeux. Ça serait un profiteur s'il se servait de la crise pour augmenter indument ses tarifs ou s'il se servirait de la crise pour faire en sorte d'augmenter ou de maximiser ses profits.
Pour notre premier vice-président, Total est un opérateur sur l'ensemble de la chaîne - à la fois il extrait, il raffine et il vend. Total a donc pris toutes les mesures nécessaires avant la crise :
Les choix stratégiques des entreprises peuvent être aussi malins et utiles, parce qu'à la fin, ça permet quand même que Total puisse, sur en tout cas ses stations, faire en sorte qu'il y ait un geste.
La loi d’orientation agricole : « Ne faisons pas des promesses qu'on ne peut pas tenir »
La loi d'orientation agricole va être débattue dans une semaine à l'Assemblée nationale. Elle prévoit notamment la construction de réserves d'eau ou encore des autorisations pour les agrandissements d'élevage. Marc Fesneau a souhaité alerter d'abord sur le fait que les agriculteurs et agricultrices ont le sentiment de « beaucoup de promesses et le sentiment que les promesses ne servent à rien. » Il a ensuite alerté que les trois textes votés depuis 2024 sont, aujourd'hui, applicables par les décrets d'application à hauteur de 27%. Mais il ne pointe pas du doigt seulement « la responsabilité des ministres, c'est la responsabilité aussi des ministres et de leurs administration. »
Il précise également :
La vérité, c'est que dans bien des cas, le problème, c'est le décret d'application. Le problème, c'est la réglementation. Le problème, c'est l'état d'esprit. [...]
Notre premier vice-président est lucide sur la situation, et appelle donc à une prise de conscience sur la manière de travailler en soulignant notamment : « on a quelque chose qui dysfonctionne : on court derrière une urgence qui ne nous fait pas résonner sur le fond du sujet. » Il rappelle donc l'importance de ne pas faire des promesses qu'on ne peut pas tenir en prônant un discours de vérité : « Le monde agricole est sans doute l'un des mondes les plus exigeants. »
Enfin, Marc Fesneau a réagi sur la lettre adressée aux agriculteurs par le Premier ministre indiquant la réautorisation des néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, mesure ajoutée à un texte que notre ancien ministre de l'Agriculture juge désormais « fourre-tout » :
Si on pouvait ne pas rajouter des choses en permanence sur les textes, ça serait une bonne nouvelle.