Connexion
Dans les médias

Erwan Balanant : « L'audiovisuel public est un outil de souveraineté incroyable »

Invité de France info ce mardi 5 mai, jour de la publication du rapport sur l'audiovisuel public, notre député du Finistère et secrétaire général adjoint, Erwan Balanant, en a partagé une critique argumentée. Entre angles morts, vision idéologique et méconnaissance du secteur, il défend ce modèle essentiel à la souveraineté et à la vitalité démocratique qu'est l'audiovisuel public.

D’emblée, Erwan Balanant dénonce un rapport « sur le même style que les auditions menées », marqué selon lui par « des insinuations » et des chiffres erronés. Il cite notamment « la page 58 du fameux rapport de la Cour des Comptes qui dit l'exact inverse de ce qui est écrit dans le rapport », illustrant une méthode contestable qui aurait prévalu « pendant six mois ».

Le rapport est à l'image des auditions ; et surtout avec des angles morts et des sujets importants qui passent complètement à la trappe et qu'on aurait dû traiter. 

 

Au-delà de la forme, le fond inquiète : le député regrette un texte « avec des angles morts et des sujets qui passent complètement à la trappe ». À commencer par « la première des questions », pourtant essentielle : « à quoi ça sert l’audiovisuel public ». Ni les téléspectateurs, « nulle part évoqués », ni « l’apport économique » ou encore « la souveraineté intellectuelle, informationnelle » ne sont traités. « Ça fait beaucoup », insiste-t-il, pointant une occasion manquée de penser l’avenir dans un contexte de « transformation profonde » du paysage médiatique.

Pour Erwan Balanant, le rapport porte une orientation claire : 

Il y a une volonté assumée du rapporteur d’affaiblir l’audiovisuel public. 

 

Une démarche qui serait justifiée parce que l'audiovisuel public « ne serait pas sur sa ligne politique », mais notre député la juge infondée, rappelant que « les chiffres le montrent, l’Arcom le dit bien, l’audiovisuel public est pluraliste ».

Il critique également les propositions institutionnelles, notamment celle visant à confier la nomination des dirigeants au Président de la République, qu’il qualifie de « retour en arrière » et même « impossible aujourd’hui » au regard des engagements européens garantissant l’indépendance des médias. Selon lui, et en oubliant que « on n’est pas parlementaires pour se faire plaisir, on est parlementaires pour changer la vie des Français » : 

M. Charles-Henri Alloncle et l’extrême droite se sont fait plaisir avec ce rapport.

 

Face aux propositions d’économies, notre secrétaire général adjoint appelle à la lucidité : 

Faire des économies en fusionnant des chaînes, c’est la meilleure façon de perdre de l’argent pour l’État français. 

 

Il rappelle une réalité trop souvent ignorée : « l’audiovisuel public dans notre pays rapporte de l’argent », via les recettes fiscales et la TVA.

Erwan Balanant insiste sur la nécessité d’une gestion responsable – « un euro d’argent public, c’est précieux » – mais rejette les approches simplistes. Il défend une logique d’efficacité et non de démantèlement, soulignant que certaines polémiques, comme celles sur les dépenses annexes, « n’ont pas non plus coûté un euro d’argent public ».

Plus largement, il alerte sur les conséquences d’un affaiblissement : 

Quand d'un côté vous l'affaiblissez, vous lui donnez moins de moyens, et quand de l'autre côté, vous faites une reprise en main politique énorme [...], vous avez un dessin, en fait : c'est une reprise en main pour utiliser l'audiovisuel public à votre façon.

 

Une menace pour un secteur qu'Erwan Balanant décrit comme « puissant » et « résilient », mais aussi pour tout l’écosystème culturel, qui génère « 100 milliards » de chiffre d’affaires et « 49 milliards pour l’État ».

Au cœur de son intervention, une conviction forte : 

L'audiovisuel public est un outil de souveraineté incroyable dans ce pays. 

 

À l’heure des plateformes, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle – complètement absente dans ce rapport – il appelle à une réflexion stratégique de long terme.

Les députés du groupe Les Démocrates entendent ainsi proposer une alternative : « on va analyser de façon sérieuse » ce rapport et « faire ce travail modestement », avec un contre-rapport et « des pistes de transformation » avant l’été. L’objectif : combler les lacunes, notamment en auditionnant « des spécialistes de l’économie des médias » ou « du changement fondamental de la révolution numérique » qui n'ont pas été entendues lors de la commission d'enquête.

En filigrane, une vision forte qui entend défendre un audiovisuel public indépendant, moderne et au service des Français. Car, conclut-il : 

Quand on est un bon patriote […], on aime son audiovisuel public, on cherche des pistes pour l’améliorer, pour qu’il soit encore plus efficace pour les Français.

 

Filtrer par