Marc Fesneau : « Le rapport est à charge contre l'audiovisuel public »
Sur RFI et France 24, notre président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée et premier vice-président, Marc Fesneau, a appelé à dépasser les postures et les effets d’annonce, plaidant pour un débat politique recentré sur les idées, le pluralisme et les attentes concrètes des Français en évoquant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public et l'élection présidentielle de 2027.
Audiovisuel public : « On ne va pas tomber dans le panneau de ne pas le laisser publier »
Sur le rapport polémique concernant l’audiovisuel public, Marc Fesneau a tenu à clarifier la position des députés démocrates, loin de toute posture. Il rappelle que « la question qui est posée aux députés, c’est est-ce que vous votez pour ou contre le rapport », une mécanique parlementaire qui enferme le vote dans une alternative binaire : approuver le fond ou empêcher sa publication.
Or, pour le groupe Les Démocrates, l’enjeu était ailleurs : permettre la transparence sans cautionner un texte jugé biaisé. « Nous voulions qu’il soit publié, mais qu’on ne dise pas que nous étions pour ce rapport », insiste-t-il, refusant d’« alimenter la thèse complotiste » ou « la victimisation permanente » de son rapporteur Charles-Henri Alloncle. Une position de responsabilité, face au risque de récupération politique par les extrêmes.
Il y a un rapport de mauvaise qualité, à charge, tout le monde le sait, tous ceux qui vont le regarder.
Marc Fesneau ne mâche pas ses mots sur le contenu : un « rapport de mauvaise qualité, à charge », qui, selon lui, relevait davantage d’une volonté de « démolir le service public audiovisuel » que d’un travail d’analyse équilibré. Mais pour le MoDem, la réponse ne doit pas être la censure : « on ne leur donne pas ce plaisir », affirme-t-il, préférant combattre les idées « pied à pied » une fois le rapport publié.
On va combattre maintenant à l'intérieur des préconisations des faits qui sont faux.
Au-delà de la polémique, notre premier vice-président appelle à sortir des affrontements stériles pour poser les vraies questions : « qu’est-ce que c’est le service public aujourd’hui ? qu’est-ce qui peut être amélioré ? ». Refusant autant l’attaque idéologique que l’immobilisme, il assume une ligne d’équilibre :
Je ne rentre pas dans la position en disant tout va bien […] mais je ne rentre pas […] en disant on pourrait économiser 4 milliards, c’est grotesque.
Il reste cependant lucide sur des améliorations possibles en évoquant par exemple le sujet des sociétés de productions ou les économies possible. Il assure que l'audiovisuel public « n'est pas un totem d'immunité contre la critique légitime ».
Marc Fesneau rappelle également les spécificités essentielles du service public, notamment en matière de pluralisme et de création, soulignant qu’« il ne doit pas refléter qu’une seule nature d’opinion ». Une exigence démocratique forte qui refuse les dérives observées sur certaines chaînes privées :
Il suffit de regarder CNews […] pour savoir ce que c’est qu’une antenne qui n’est pas pluraliste.
Élection présidentielle : « On a besoin de plutôt dire le quoi plutôt que le qui »
À l’approche de 2027, Marc Fesneau alerte sur une dérive du débat politique, réduit selon lui à une logique marketing :
On assiste plutôt à un lancement de produit qu’à un lancement de campagne.
Une critique directe des stratégies d’annonce précoces, au détriment du fond.
Pour le MoDem, la priorité est claire : remettre les attentes des Français au centre. « Avant de parler de la question du candidat […], la question c’est qu’est-ce qu’on pense nous ? », explique-t-il, appelant à définir un projet avant d’incarner une candidature. Une ligne fidèle à l’héritage de François Bayrou, dont il rappelle qu’il a « posé sur la table depuis des années » des sujets majeurs comme l’éducation, la réindustrialisation ou le pluralisme démocratique.
Dans ce contexte, Marc Fesneau insiste sur la cohérence et la parole tenue, soulignant que lorsque François Bayrou affirme ne pas vouloir être candidat, « il y a une forte raison de croire qu’il ne veut pas ». Mais au-delà des personnes, l’enjeu est collectif : faire émerger une offre politique capable de répondre aux défis contemporains.
Notre président du groupe Les Démocrates met également en garde contre le retour d’une bipolarisation stérile :
Le risque principal […] c’est qu’une bipolarisation se remette en route.
Face à cela, il appelle à clarifier le paysage politique et à affirmer une identité centriste distincte, refusant « l’auberge espagnole » des alliances incohérentes.
Enfin, Marc Fesneau identifie un défi majeur pour la prochaine présidentielle : répondre au « sentiment […] de l’impuissance publique ». Sans céder aux sirènes populistes, il invite à reconnaître à la fois les difficultés et les avancées, dénonçant les discours simplistes, « ne racontons pas de salade aux gens ». Car, rappelle-t-il, des réformes ont été engagées et des lois adoptées, preuve que l’action publique peut produire des résultats.
Je ne dis pas que c'est parfait, mais si on pouvait ne pas être prétentieux et faire l’harangueur de foule, laisser dire "ça, ça a marché, ça on avance", ça sera déjà pas mal.