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Sarah El Haïry : « Il faut généraliser le certificat d’honorabilité »

Au micro de Sud Radio, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'enfance et vice-présidente du MoDem, a défendu son combat pour protéger les enfants face à tous les types de violences et s'est aussi exprimée sur la réouverture de la plateforme Coco

Violences faites aux enfants : « Il faut briser les silences, briser les tabous. » 

Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles et, dans 70 % des cas, ces violences sont commises à la maison par l'entourage le plus proche. C'est ce que rappelle Sarah El Haïry au micro de Sud Radio : 

Ces derniers mois, ces dernières années, les silences commencent à se briser et c’est la plus grande des armes. 

 

Sarah El Haïry rappelle que « les premières fêlures dans [une] vie » sont les violences subies enfant, c'est pourquoi l'action pour les protéger doit continuer. Grâce aux contrôles d'honorabilité, un dispositif mise en place depuis plusieurs mois par la Haute-commissaire à l'enfance, elle annonce que depuis : 

J’ai trouvé plus de 4 800 personnes dans la petite enfance et la protection de l’enfance qui n’auront plus accès à nos enfants. 

 

Sarah El Haïry souligne également : 

Aujourd’hui, ce n’est plus la question de la confiance, mais la question de l’exigence : ça veut dire formation des policiers et des gendarmes, ça veut dire plus de moyens pour les procédures judiciaires. On sait à quel point c’est difficile. 

 

Sur ce sujet, elle précise que même si le silence se brise, il existe un délit de non-dénonciation quand on parle des enfants : « Quand on est témoin on est complice, quand on se tait, on est responsable. » 

Interrogée sur le rapport parlementaire qui propose de mettre fin à la prescription pour tous les crimes commis sur des mineurs au pénal et au civil, Sarah El Haïry réagit : 

Je pense que c’est une très bonne chose : tout ce qui permettra de protéger nos enfants et d'aller chercher des condamnations.

 

Pour rappel, le système actuel de la prescriptibilité glissante permet aux personnes qui ont été victimes dans leur enfance d'aller jusqu'à 30 ans pour déposer plainte. Elle alerte : 

Je ne veux pas que ça crée de l’espoir plus fort car les preuves peuvent être longues et elles manquent dans le temps. 

 

Sarah El Haïry souligne « Les enfants parlent, il faut les croire, il faut les aider, il faut les accompagner. » En effet, la parole des victimes se libère et nous avons un rôle à jouer en la recueillant : « Plus de 70% des professionnels disent "je ne sais pas quoi faire quand j'ai une info." » Sarah El Haïry souhaite que les professionnelles soient formés à mieux recueillir la parole des enfants qui sont victimes de violences parce « qu'on a besoin de tout le monde. »  Elle ajoute : 

Dire à toutes les personnes qui sont témoins ou qui ont un doute de quelque chose d'appeler le 119. C'est comme ça qu'on protège les enfants. 

 

Conseil des personnes victimes : « Il est en finalisation. »

Sarah El Haïry s'est également exprimée sur la création du conseil des personnes victimes. Il a un objectif consultatif pour tous les survivants des violences subies pendant l'enfance, elle annonce : 

Le conseil des personnes victimes dans leur enfance aujourd’hui est en finalisation.

 

Elle a d'abord consulté les victimes elles-mêmes puisqu'on « ne va pas construire un conseil sans eux » puis les collectifs de victimes, les associations qui les accompagnent, mais aussi les institutions et les personnes qualifiées du monde de la santé, de la justice, de la police et de la gendarmerie. Sarah El Haïry annonce qu'il « verra le jour dans les prochains mois. » Un délai réaliste puisque : 

La pire des choses c’est de faire des choses descendantes sans d’être enraciné dans la réalité et les besoins des victimes elles-mêmes. 

 

Site Coco : « Le numérique, c’est de la prédation nouvelle. »

Le site Coco qui est une plateforme de tchat anonyme accessible sans inscription ni vérification d'identité a rouvert depuis quelques jours sous un autre nom. Dans l'affaire Mazan, c'est notamment le site utilisé par Dominique Pelicot pour recruter des hommes. Interrogée sur l'impuissance des pouvoirs publics face à sa réouverture, Sarah El Haïry réagit : 

Moi, je ne fais pas partie de ceux qui sont impuissants. 

 

Elle souligne que ces sites sont la prédation nouvelle puisqu'il n'y a plus de frontières entre le numérique et la réalité. Elle alerte que ce marché représente des milliards d'euros avec les grandes plateformes numériques : « Quand il y a un marché, il y a des gens derrière, sauf que ça, ça tombe sous le coup de la loi. »

À propos du site Coco, Sarah El Haïry alerte que la plateforme est citée dans plus de 23 000 procédures pénales, avec des guets-apens homophobes, des violences faites aux femmes, des soumissions chimiques mais aussi des images et vidéos pédocriminelles. Sur la nouvelle fermeture du site, elle souligne : 

Je ne suis jamais sereine tant que ce n’est pas fait. 

 

La Haute-commissaire rappelle qu'elle enclenche systématiquement des procédures à l'encontre des sites signalés, même si « il y en a 10 qui se créent derrière. » Elle souhaite donc chercher la responsabilité de ceux qui utilisent ce genre de site, ceux qui hébergent, ceux qui en tirent les bénéfices, ceux qui mettent de la publicité dessus et ceux qui commandent les violences faites aux enfants. 

 

Attestation d’honorabilité  : « Je veux protéger l’enfant quel que soit le statut de l’employeur. »

La Haute-commissaire à l'Enfance souligne que sa priorité aujourd'hui, c'est de protéger tous les enfants grâce à la prévention, en vérifiant les antécédents judiciaires de ceux qui travaillent avec eux dans tous les secteurs. Elle ajoute : 

Ce n’est pas normal qu’aujourd’hui un prof de musique ne soit pas vérifié. Il arrive chez vous, il enseigne la guitare à vos enfants. Vous ne savez pas s’il a été condamné ou pas. 

 

Sarah El Haïry annonce que l'attestation d'honorabilité doit être harmonisée dans tous les secteurs : 

Harmoniser ce qu’on a réussi à faire avec la petite-enfance et la protection de l’enfance dans l’ensemble des secteurs. 

 

Cette attestation vient prouver l'honorabilité pour travailler avec des enfants, un outil précieux pour les familles, les employeurs ou encore les autorités. L'enfant doit donc être protégé quelque soit le statut de l'employeur : 

 

Un enfant, quand il a des adultes autour de lui, qu’il soit bénévole ou qu’il soit professionnel, doit être contrôlé.

 

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