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Jean-Noël Barrot : « Rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires et l'occupation prolongée d'Israël dans la profondeur du territoire libanais »

Invité des 4 Vérités sur France 2 ce mardi 2 juin, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, est revenu sur les tensions au Liban et au Moyen-Orient, les enjeux de désinformation liés à la Russie, ainsi que sur la place du centre dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

Liban : « Rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires »

Alors que les tensions restent vives entre Israël et le Hezbollah, Jean-Noël Barrot a réaffirmé la position constante de la France : soutenir la sécurité d’Israël tout en défendant la souveraineté du Liban.

Le ministre a ainsi rappelé que la France reconnaît « le droit d’Israël à la légitime défense, y compris face aux attaques inacceptables du Hezbollah », tout en estimant que :

Rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires et l'occupation prolongée d'Israël dans la profondeur du territoire libanais.

 

Pour Paris, l’objectif demeure la consolidation du cessez-le-feu et la poursuite du dialogue engagé entre les autorités israéliennes et libanaises. Jean-Noël Barrot a souligné que des réunions prévues cette semaine à Washington doivent permettre d’avancer vers « la restauration de l’autorité de l’État libanais, le désarmement du Hezbollah et le retrait d’Israël du Sud-Ouest ».

Face aux menaces de frappes sur Beyrouth évoquées ces derniers jours, le chef de la diplomatie française a également détaillé les efforts diplomatiques engagés. Après les échanges entre Emmanuel Macron et Donald Trump, il a lui-même indiqué avoir parlé avec ses homologues iraniens et américains. 

Il est hors de question que le Liban soit en quelque sorte une victime expiatoire d’un accord qui peine à se conclure entre l’Iran et les États-Unis.

 

Répondant aux critiques sur une prétendue passivité française, Jean-Noël Barrot a rappelé l’engagement constant de notre pays auprès du peuple libanais, tant sur le plan humanitaire que militaire. Il a également rendu hommage aux soldats français engagés au sein de la FINUL, estimant que ceux qui dénoncent aujourd’hui l’inaction de la France « insultent la mémoire des casques bleus français » tombés au Liban.

 

Moyen-Orient : « Un accord est à portée de main »

Au-delà de la situation libanaise, Jean-Noël Barrot a plaidé pour une conclusion rapide des discussions entre Washington et Téhéran.

Selon lui, « un accord est à portée de main » et les deux parties « doivent désormais tout faire pour le conclure ». Le ministre a décrit une situation devenue « insoutenable », qui « ne fait que des perdants, à commencer par les États-Unis et l’Iran ».

Cette crise a également des conséquences directes pour les Européens. Notre vice-président a rappelé que la France subit « de plein fouet les conséquences de cette guerre que nous n’avons pas choisie ». Il a donc appelé à un accord permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, afin que « la circulation maritime puisse reprendre » et que les flux d’hydrocarbures, d’engrais et de marchandises retrouvent un fonctionnement normal.

Nous appelons donc les deux parties à se mettre d'accord pour que ce détroit d'Ormuz puisse réouvrir, que la circulation maritime puisse reprendre et que la circulation des hydrocarbures, mais aussi des engrais, bref, la circulation des marchandises puisse reprendre son cours normal. 

 

Xenia Fedorova : « Servir la soupe de Vladimir Poutine »

Interrogé sur la présence médiatique de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de Russia Today France, Jean-Noël Barrot a tenu des propos très fermes. S’il a rappelé que « chacun est libre de sa ligne éditoriale », il a considéré que :

Ouvrir ses plateaux, ses colonnes à Mme Federova, c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine, puisque je crois qu'elle ne s'en cache même pas. Elle sert de relais à la désinformation du Kremlin.

 

Le ministre a toutefois souligné l’attachement de la France à l’état de droit. Refusant toute logique arbitraire, il a rappelé qu’« on n’expulse pas les gens sur la base comme ça d’opinion ». Une différence fondamentale avec les régimes autoritaires que Jean-Noël Barrot a illustrée en rappelant qu’en Russie, les opposants ou supposés « agents de l’étranger » peuvent être envoyés « au goulag ou dans des colonies pénitentiaires ».

 

Présidentielle 2027 : « Le temps de l’affirmation »

Enfin, notre vice-président a esquissé sa vision du rôle du centre dans le débat politique des prochains mois.

Récusant l’expression de « droite et centre », il a rappelé l’existence d’un courant politique autonome : 

Il existe une droite dans notre pays. Il existe une gauche et il existe un centre. 

 

Fidèle à la tradition portée par François Bayrou, il a affirmé que le centre est « indépendant » et « libre de ses alliances » et qu’il a vocation à présenter « un projet, une vision devant les Français » en 2027.

Le centre, c'est un courant ancien de la vie politique française qui a beaucoup de choses à dire et qui dans les semaines et les mois qui viennent va s'exprimer, s'affirmer dans sa singularité et sa radicalité. 

 

Pour Jean-Noël Barrot, la priorité n’est pas aujourd’hui la désignation d’un candidat mais l’affirmation d’idées. « Ce n’est pas parce qu’on en a un ou qu’on n’en a pas, qu’on doit se taire », a-t-il lancé, estimant que « ce qui se joue en 2027 est suffisamment important ».

Le ministre a ainsi appelé à élargir le débat présidentiel et refusé qu’il soit « confisqué par Mme Le Pen et M. Bardella d’un côté, M. Mélenchon de l’autre ». Il souhaite voir émerger des sujets de fond tels que « le poids de la technocratie », « le sacrifice de la jeunesse » ou encore « le déclin du civisme dans notre pays », autant de thèmes qui, selon lui, doivent être placés « au centre de ce débat présidentiel ».

 

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