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Bruno Fuchs : « Au G7 d’Évian, la France a réaffirmé son engagement pour une paix durable et un multilatérisme renforcé »

Lors des questions au gouvernement de ce mardi 23 juin, notre député du Haut-Rhin et président de la commission des affaires étrangères, Bruno Fuchs, a interrogé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur le G7 qui vient de se clôturer à Évian-les-Bains.

Question de Bruno Fuchs

Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, chers collègues, le G7 d’Évian s'est achevé. Il a été un moment fort du dialogue entre grandes puissances démocratiques et la France y a réaffirmé avec force son engagement pour une paix durable et un multilatérisme renforcé. 

Plus de 100 ans après le traité de Versailles de 1919 qui portait l'ambition de construire un ordre international fondé sur le dialogue, le président Trump a ratifié un accord de cessez-le-feu, bilatéral cette fois-ci, entre l'Iran et les Etats-Unis. 

Monsieur le ministre, estimez-vous que cet accord soit de nature à créer les conditions d'une paix durable, alors qu'il ne règle aucune des questions essentielles, comme le nucléaire iranien, la gestion du détroit d'Ormuz, ou encore les causes profondes des tensions régionales, notamment la question du Liban et celle centrale du désarmement du Hezbollah, sous le Liban, qui est au bord de l'effondrement ? Comment la France va-t-elle jouer son rôle historique de médiatrice ? 

En tout état de cause, cet accord risque d'entériner une situation internationale plus dégradée, plus défavorable pour l'international qu'avant le début de la guerre. 

Monsieur le ministre, pensez-vous nous dire comment la France et l'Europe entendent peser dans les négociations afin d'obtenir un accord de paix équilibré et durable ? 

Le président de la République l'a rappelé, le multilatéralisme n'est pas un choix, c'est une nécessité. Pensez-vous que le président de la République a pu faire comprendre au président Trump l'impasse dans laquelle nous mènent les politiques nationalistes, fondées sur une vision unilatérale et des rapports de force entre États ? Comment la France, forte de son expérience diplomatique contre convaincre les États-Unis de s'engager à nouveau dans un cadre commun ?

Enfin, dans un contexte incertain, qu'elle levier la France et l'Union européenne vont-elles actionner pour préserver nos intérêts stratégiques comme l'énergie, l'économie, le pouvoir d'achat ou encore la souveraineté industrielle ? 

Je vous remercie. 

 

Réponse de Jean-Noël Barrot 

Merci Madame la Présidente, mesdames et Messieurs les députés.

Monsieur le Président Bruno Fuchs, vous avez rappelé que la France accueillait le sommet du G7 il y a quelques jours, qui a été un très bon millésime puisque pour la première fois depuis le retour du Président Trump à la Maison-Blanche, un accord a été trouvé sur des déclarations communes en soutien à l'Ukraine et sur la situation aux Proches et au Moyen-Orient. 

Au-delà de cette question des crises, les pays du G7 et les partenaires que nous avions invités se sont accordés sur la manière de répondre ensemble et de manière coordonnée à un certain nombre d'enjeux qui nous touchent tous. La question des minerais critiques, la question des cancers pédiatriques, celle d'Ebola avec un milliard d'euros mobilisés en soutien à ceux qui font face à la crise dans la région des Grands Lacs, la question de l'intelligence artificielle et de la protection des mineurs, mais aussi la lutte contre le narcotrafic et le trafic de migrants. 

Et c'est à l'issue de ce G7 qu'à Versailles, vous l'avez dit, le président des Etats-Unis a signé, non pas un traité, mais un mémorandum d'entente mettant fin aux hostilités et ouvrant une phase de 60 jours permettant des négociations conduisant à l'ouverture, à la réouverture du détroit d'Ormuz, mais aussi à l'encadrement du programme nucléaire iranien. 

Dans ce contexte, la France sera particulièrement attentive à trois éléments. Le premier, c'est le sort du Liban, pays frère, entraîné dans cette guerre contre son gré par le Hezbollah et aujourd'hui occupé en partie par les forces armées israéliennes. Il est indispensable que le calme revienne, que les hostilités cessent, que le désarmement du Hezbollah puisse commencer et que l'armée israélienne puisse se retirer et restituer à l'État libanais le contrôle plein entier de son intégrité territoriale. Le deuxième sujet, c'est le programme nucléaire qui doit être strictement encadré car il touche à nos intérêts de sécurité. Le troisième sujet, c'est évidemment la restauration pleine et entière sans entrave et sans blocage du détroit d'Ormuz. C'est en ce sens que j'ai échangé avec mon homologue Qatari lundi à Lucerne à l'issue des négociations pour lui faire entendre que la France, qui devra le moment venu, lever des sanctions, sera attentive à ces trois sujets.

 

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