Marc Fesneau : « Cet épisode de canicule, il fait des ravages de l'Atlantique à l'Oural »
Sur le plateau de Public Sénat ce jeudi 2 juillet, Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale et premier vice-président du MoDem, a défendu l'action conduite face aux défis du dérèglement climatique, plaidé pour une adaptation durable de l'agriculture et appelé à construire une candidature de rassemblement en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Canicule : « C'est une bataille »
Face aux critiques de l'opposition et à la menace d'une motion de censure, Marc Fesneau a dénoncé une initiative qu'il juge déconnectée des priorités du moment.
Je trouve ça assez désolant au moment où il y a une canicule et où il faudrait plutôt se concentrer sur ce qu'on fait, ce qu'on doit faire, que le gouvernement soit plutôt à la tâche.
Il a également rappelé qu'« une motion de censure, accessoirement, c'est une après-midi de perdu pour le gouvernement » alors que celui-ci est mobilisé contre les risques liés aux fortes chaleurs et aux incendies.
Pour le président du groupe Les Démocrates, « c'est une bataille, la bataille contre la canicule », qui impose à la fois des réponses immédiates et une stratégie de long terme. Il a ainsi mis en avant le bilan des gouvernements d'Emmanuel Macron, soulignant que « les gaz à effet de serre en dix ans ont baissé de 20 % » et que « le budget de l'écologie a doublé », tout en rappelant les contraintes budgétaires auxquelles le pays est confronté.
Marc Fesneau a également insisté sur les efforts de préparation réalisés depuis plusieurs années : renforcement des dispositifs sanitaires après la crise de 2003 et la pandémie de Covid-19, amélioration de la prévention des feux de forêt ou encore adaptation des services publics.
On ne peut pas dire qu'on n'a rien fait.
Il reconnait cependant que « le dérèglement climatique cavale beaucoup plus vite que nous ». Pour aller plus loin, il a estimé indispensable de retrouver des marges de manœuvre financières afin d'investir davantage dans l'adaptation climatique et la décarbonation.
Agriculture : « Il faut qu'on arrive à adapter le modèle agricole »
Interrogé sur les conséquences de la canicule pour le monde agricole, Marc Fesneau a rappelé que l'urgence devait s'accompagner d'une transformation en profondeur.
Il faut qu'on arrive à adapter le modèle agricole et le dérèglement va tellement vite qu'on n'a pas le temps sur des cycles aussi courts de faire un mouvement aussi long.
L'ancien ministre de l'Agriculture a défendu le travail engagé ces dernières années, notamment la réforme de l'assurance récolte, rappelant que « le système assurantiel, il était en défaut, quand on est arrivé » et qu'« on a rajouté des centaines de millions d'euros sur le dispositif » afin de mieux protéger les exploitations.
Sur la gestion de l'eau, il a plaidé pour une approche équilibrée, combinant création de réserves et évolution des pratiques agricoles. « Il faut qu'on combine deux choses. Il y a besoin de plus de réserves », a-t-il reconnu, tout en mettant en garde contre les solutions simplistes :
Arrêtons de faire croire qu'on va stocker [l'eau], on va stocker, on va stocker et qu'on aura résolu le problème.
Pour lui, « la question de la sobriété (…) n'est pas un gros mot » et devra concerner l'ensemble des acteurs.
Enfin, concernant les débats au Sénat sur les pesticides, Marc Fesneau a réaffirmé la ligne défendue par le gouvernement et le groupe Les Démocrates : « ce texte ne sera jamais voté avec ces dispositifs », a-t-il averti, préférant concentrer les avancées sur les sujets structurants comme l'eau, les bâtiments agricoles ou la protection des éleveurs face à la prédation. « Je préfère une politique où on avance sur les trois sujets que je viens d'évoquer », a-t-il conclu.
Élection présidentielle : « On soutiendra quelqu'un au MoDem »
À moins de deux ans de l'élection présidentielle, Marc Fesneau a appelé à ne pas précipiter les choix tout en réaffirmant la volonté du Mouvement Démocrate de porter une candidature. « On soutiendra quelqu'un au MoDem », a-t-il assuré, précisant avoir encore échangé sur ce sujet avec notre président François Bayrou.
Pour notre premier vice-président, l'enjeu dépasse les ambitions individuelles.
On a besoin d'avoir une candidature qui rassemble (…) les Français.
Il souhaite ainsi qu'un candidat soit capable à la fois de franchir le premier tour et de réunir largement au second.
Espérant qu'« à l'automne, les choses se décanteront », Marc Fesneau a appelé les différents prétendants à éviter les affrontements inutiles. « Il ne faut pas qu'on se fasse non plus des vilénie les uns avec les autres », a-t-il prévenu, estimant que les manœuvres politiciennes risqueraient de compromettre les rassemblements indispensables.
Enfin, il a livré une analyse : « J'ai peur qu'il n'y en ait pas assez », non pas de candidats, mais de personnalités « capables de franchir le premier tour et gagner le deuxième ». Une conviction qui explique, selon lui, qu'il soit légitime de continuer à explorer toutes les options afin de faire émerger une candidature en mesure de rassembler les Français et de l'emporter en 2027.