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Portrait : Patricia Maussion, nouvelle députée Les Démocrates !

Patricia Maussion

Pouvez-vous revenir sur votre parcours avant de devenir députée ?

Je suis avant tout une femme de terrain, ancrée dans le monde agricole depuis plus de trente ans. J’ai suivi des études agricoles au Campus de Pouillé avant de m'installer avec mon mari en janvier 1993 sur une exploitation laitière à Loiré, en Maine-et-Loire. En 2009, j'ai fait évoluer mon exploitation, fondée sur l’autonomie alimentaire avec des prairies multi-espèces et équipée d’un séchage en grange, vers l’agriculture biologique. Depuis début 2026, je travaille aux cotés de mon fils, à qui mon mari a transmis ses parts de l’exploitation. 

Mon engagement professionnel a naturellement accompagné ce parcours. Dès 1993, j'ai rejoint le syndicat des Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire. J'ai ensuite intégré le bureau de la chambre d'agriculture, d'abord au niveau départemental puis régional, où j'ai présidé le pôle agriculture biologique. La formation des agriculteurs a été l'un de mes chevaux de bataille : 

Je suis convaincue qu'on ne peut pas construire l'agriculture de demain sans anticiper les transitions auxquelles le monde agricole doit faire face. La formation permet l’autonomie de décision des futurs agricultrices et agriculteurs. 

 

Mon engagement public s'est progressivement élargi à la sphère élective. Conseillère municipale à Loiré dès 2001, je suis devenue adjointe au maire en 2014, puis première adjointe en 2020. Cette même année, j'ai été élue à la présidence du Pays de l'Anjou Bleu, qui exerce des compétences déléguées par deux communautés de communes, Anjou Bleu Communauté et les Vallées du Haut-Anjou. Depuis 2015, je suis conseillère régionale des Pays de la Loire, où je siège à la commission agriculture, m'impliquant en particulier sur les dossiers relatifs à l'agriculture biologique. En mars 2026, j’ai été élue maire de Loiré, mandat dont j’ai été contrainte de démissionner en raison de la loi sur le non-cumul des mandats. 

 

Qu’avez-vous ressenti en entrant à l’Assemblée nationale pour la première fois ?

Le poids de la responsabilité, immédiatement. C'est un lieu chargé d'histoire, traversé par des générations de femmes et d'hommes qui ont façonné notre République et notre pays. 

On se sent tout petit face à cela, et je pense que c'est sain. Cette humilité-là, je veux la garder. Elle rappelle que l'on n'est pas là pour soi, mais pour celles et ceux que l'on représente.

 

Quelle députée souhaitez-vous être ? 

Une députée de proximité, d'abord. Je veux rester connectée au territoire et aux citoyens, ne jamais perdre le lien avec la réalité du terrain. Ce qui remonte des habitants, des élus locaux et des différents corps intermédiaires, c'est cela qui guidera mon travail parlementaire. 

Je veux aussi être une députée à l'écoute et dans la construction. 

 

Je souhaite travailler avec les autres, étape par étape, en cherchant le consensus là où il est possible. C'est ma méthode depuis toujours, et je veux la conserver.

 

Pourquoi avoir choisi de siéger au sein du groupe Les Démocrates ? 

Pour ses valeurs, d'abord : l'écoute, le dialogue, la volonté de construire plutôt que de s'opposer. Dans un hémicycle souvent marqué par les postures et les affrontements, Les Démocrates représentent pour moi une façon positive de faire de la politique, plus attentive aux solutions concrètes. C’est quelque chose d’important pour faire de l’année électorale qui s’ouvre une année utile. 

Je connaissais bien ce groupe : j'ai été la suppléante de Philippe Bolo, et j'ai eu l'occasion d'observer cette culture de travail de près. 

C'est un groupe dans lequel je me reconnais pleinement, et dans lequel je sais que je pourrai travailler avec cohérence et sincérité.

 

Dans quelle commission/groupe d’amitié allez-vous siéger ? Pourquoi ? 

J'ai rejoint la Commission des affaires économiques, qui traite naturellement des sujets agricoles mais dont le champ est bien plus large : industrie, énergie, numérique, commerce… Tous les grands enjeux économiques du pays y sont abordés.

Sur les groupes d'amitié et les groupes d’études, je n'ai pas encore arrêté mes choix définitivement : les premières semaines à l'Assemblée laissent peu de place à la réflexion tranquille ! 

 

Quels sujets comptent particulièrement pour vous et sur lesquels vous souhaitez vous mobiliser ? Quelles sont vos premières priorités ? 

L'agriculture, sans hésitation. Mes premières semaines à l'Assemblée ont d'ailleurs été très largement dédiées au projet de loi d'urgence agricole, pour lequel nous avons examiné plusieurs centaines d’amendements. 

Mais je ne m’intéresserai pas qu’à la seule thématique agricole. Mon mandat sera aussi façonné par ce qui remonte du territoire, dans toute sa diversité. Les enjeux ruraux comme l’accès aux soins, la vitalité des communes, sont au cœur de ma circonscription, mais je représente aussi des territoires urbains, comme Angers et Avrillé, avec leurs propres réalités et leurs propres attentes. 

Je ne veux oublier personne. C'est cette globalité du territoire que je souhaite porter à l'Assemblée.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager en politique ?

Je ne suis pas entrée en politique par attrait du « politicien ». Cela s'est fait progressivement, presque naturellement, à partir de mon engagement professionnel. À chaque étape, ce sont des personnes qui sont venues me chercher, qui m'ont fait confiance et m'ont proposé de prendre de nouvelles responsabilités. Au final, je n’ai jamais planifié de carrière politique. 

Ce qui m'anime profondément, c'est la dimension d'intérêt général. Résoudre des problèmes concrets, améliorer le quotidien des gens, contribuer à quelque chose qui dépasse l'individu, voilà ce qui donne du sens à mon engagement. 

 

Mon mandat de députée, je le vis comme le prolongement naturel de mes mandats locaux, à une échelle différente, avec des moyens d'action supplémentaires.

Les valeurs qui guident ma boussole politique sont celles du centre : le compromis, l'ouverture, le refus des extrêmes. 

 

Une personne ou un événement qui vous a marqué dans votre vie ou dans votre engagement politique ? 

Beaucoup de personnes ont compté dans mon parcours. Au niveau professionnel, Christiane Lambert m'a donné envie de m'engager pour le monde agricole avec conviction et ambition. En région, Jean-Marc Lézé m'a beaucoup apporté. Et des personnalités comme Jean-Louis Borloo m’ont aussi beaucoup inspirée. 

Mais si je devais citer une figure qui me touche profondément, ce serait Simone Veil, qui représente pour moi un modèle d’engagement au sens le plus noble du terme. 

 

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