Sophie Mette : « La forêt a besoin qu'on s'occupe d'elle, pas qu'on l'abandonne au dogmatisme ou au dérèglement climatique »
Lors des questions au gouvernement du mardi 30 juin, notre députée de Gironde a interrogé le ministre en charge de la transition écologique sur la gestion des forêts, le renouvellement forestier et la prévention des incendies.
Merci Madame la Présidente.
Monsieur le ministre, avec près de 17,5 millions d'hectares en métropole et 26 millions dans les Outre-mer, la forêt française est à la fois un patrimoine naturel exceptionnel et une filière économique essentielle. Mais le réchauffement climatique, la multiplication des épisodes de sécheresse et des vagues de chaleur mettent cet équilibre en péril. Chacun garde en mémoire les incendies de 2022 en Gironde. L'année dernière, notre pays a connu près de 15 000 départs de feu. Et dès cette fin de mois de juin, les premiers incendies se déclarent déjà.
Beaucoup déjà a été fait et les moyens de la sécurité civile ont été renforcés. La flotte aérienne est en cours de renouvellement pour atteindre à terme 16 avions bombardiers d'eau et la coopération européenne s'est développée.
Néanmoins, face à un risque devenu structurel, il nous faut désormais inscrire cet effort dans une véritable culture de la résilience. Nous avons également adopté en 2023 une loi renforçant la prévention et la lutte contre le risque incendie, notamment en matière d'obligation légale de débroussaillement.
Mais une difficulté demeure. Les travaux forestiers, indispensables à l'entretien et à l'adaptation, restent trop souvent ralentis par des procédures ou des obligations qui se contredisent.
Enfin, le président de la République a fixé l'objectif de planter un milliard d'arbres en dix ans. Cet engagement a été renforcé par Marc Fesneau lorsqu'il était ministre de l'Agriculture puis par les crédits maintenus dans la loi de finances pour 2026, à la demande notamment du groupe Les Démocrates. Mais les forestiers ont besoin de visibilité. Les annonces successives de fermeture, puis de réouverture des guichets, les évolutions fréquentes des règles ou les incertitudes sur les financements fragilisent les projets à long terme.
Monsieur le ministre, protéger, gérer, renouveler, tels sont les défis. La forêt a besoin qu'on s'occupe d'elle, pas qu'on l'abandonne au dogmatisme ou au dérèglement climatique. Et la forêt d'aujourd'hui ne sera pas celle de demain. Quelle est donc la stratégie du gouvernement pour adapter durablement la forêt française au changement climatique, soutenir une gestion forestière résiliente et donner aux acteurs de la filière la visibilité dont ils ont besoin pour investir dans l'avenir ?
Je vous remercie.