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International

Jean-Noël Barrot : « Vladimir Poutine a déjà perdu »

Jean-Noël Barrot est revenu lors de la matinale de France Info ce 19 juin sur les grands dossiers internationaux qui occupent aujourd’hui la diplomatie française. Accord entre les États-Unis et l’Iran, soutien à l’Ukraine face à l’agression russe et bilan du G7 : le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu une ligne constante, fondée sur le dialogue, le respect du droit international et la recherche de solutions durables aux crises.

Moyen-Orient : « Il n'y avait pas de bonne alternative à la signature de cet accord »

À peine deux jours après la signature du protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, Jean-Noël Barrot a appelé à ne pas surinterpréter le report de certaines réunions diplomatiques initialement prévues en Suisse ce vendredi par exemple. Selon lui, « le plus dur reste à faire », mais l’essentiel est désormais que les discussions techniques puissent se poursuivre afin de mettre en œuvre les premières mesures prévues par le texte, notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et la cessation des hostilités.

Ce qui est essentiel désormais, c'est que les discussions, y compris au niveau technique, puissent se poursuivre pour que les premières étapes qui sont prévues par cet accord puissent être activées : la libération ou la réouverture du détroit d'Ormuz, le passage des navires, la cessation des hostilités sur tous les fronts. 

 

Le ministre a insisté sur l’importance de cet accord pour la stabilité régionale. « Il n'y avait pas de bonne alternative à la signature de cet accord », a-t-il expliqué. Sans compromis, le blocage du détroit d’Ormuz aurait continué à peser sur l’économie mondiale et sur le pouvoir d’achat des Européens, tandis que le risque d’une extension du conflit demeurait élevé.

Si cet accord n'est pas signé, s'il n'est pas mis en œuvre, c'est la poursuite du blocage du détroit d'Ormuz, avec l'impact que ça a sur le prix des carburants dans nos vies quotidiennes. Et puis c'est le risque d'une escalade qui se poursuit et qui s'aggrave dans la région, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. 

 

Pour autant, Jean-Noël Barrot a rappelé que la France n’avait jamais soutenu l’intervention militaire menée contre l’Iran. « Nous n'avons pas approuvé cette guerre. Nous n'avons jamais dit qu'elle était une bonne idée », a-t-il souligné, estimant que ses objectifs étaient insuffisamment définis et qu’elle avait été conduite « en dehors du droit international ». La position française reste toutefois claire : seule une évolution profonde du régime iranien permettra un retour durable à la stabilité dans la région.

Le ministre a ainsi réaffirmé la nécessité d’obtenir de Téhéran « des concessions majeures » et « un changement radical de posture ». Pour Paris, la question ne se limite pas au nucléaire. Il faudra également traiter le programme balistique iranien ainsi que le soutien apporté par le régime à plusieurs organisations armées, notamment le Hamas, le Hezbollah et les Houthis.

Dans cette perspective, la France entend jouer pleinement son rôle. Jean-Noël Barrot a rappelé que toute levée des sanctions internationales passera nécessairement par l’accord de Paris : 

Il n'y a pas de levée des sanctions des Nations Unies contre l'Iran sans l'accord de la France. 

 

Une responsabilité qui découle du statut de membre permanent du Conseil de sécurité et de l’expérience acquise lors de l’accord nucléaire négocié il y a dix ans.

Le ministre a également évoqué la situation au Liban, pays auquel la France demeure particulièrement attachée. Il a rappelé que l’accord prévoit la « cessation des hostilités » ainsi que le respect de « l'intégrité territoriale et la souveraineté » libanaises. Cela implique à la fois le retrait israélien des territoires concernés et le désarmement du Hezbollah afin :

Que l’État libanais puisse disposer du monopole des armes et assurer la protection de l'intégralité de son territoire. 

 

Aux côtés du président et du Premier ministre libanais, récemment reçus à Paris, la France souhaite renforcer les capacités de l’armée libanaise et relancer la conférence internationale de soutien au Liban, reportée en raison du conflit. Pour Jean-Noël Barrot, le moment est historique alors que le Liban et Israël ont engagé des discussions directes à un niveau inédit.

Enfin, il a tenu à rappeler que la population iranienne demeure la première victime des tensions actuelles, réaffirmant le soutien de la France à la société civile iranienne et à celles et ceux qui continuent de défendre les libertés fondamentales.

La population iranienne, c'est la grande sacrifiée, c'est la grande perdante de cette guerre.

 

Ukraine : « Vladimir Poutine a déjà perdu la guerre »

Interrogé sur l’évolution du conflit en Ukraine, Jean-Noël Barrot a livré un constat sans ambiguïté. « Vladimir Poutine a déjà perdu la guerre », a-t-il affirmé. Le ministre rappelle que le Kremlin ambitionnait de faire tomber l’Ukraine en quelques jours. Plus de quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle, cet objectif est loin d’avoir été atteint.

Selon lui, la Russie s’enlise militairement et subit des pertes considérables, tandis que l’Ukraine démontre sa capacité de résistance et d’innovation. Il a notamment salué les succès ukrainiens dans la guerre des drones, illustrés par des opérations menées jusqu’au cœur du territoire russe.

Vladimir Poutine échoue sur le front : il perd du terrain, il perd 35 000 hommes par mois. Et l'Ukraine est en train de gagner la guerre des drones avec la spectaculaire attaque qui a été conduite par les drones ukrainiens jusqu'à Moscou !

 

Jean-Noël Barrot a également dénoncé les bombardements répétés visant les civils ukrainiens, les infrastructures énergétiques et le patrimoine culturel. Évoquant la cathédrale de la Dormition, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, il a comparé une telle attaque à une frappe qui viserait « Notre-Dame ou Saint-Denis ».

Il n'y aura pas de calme possible, y compris en Russie, tant que la guerre coloniale et impérialiste de Vladimir Poutine se poursuivra. 

 

Le ministre a par ailleurs critiqué les prises de position de Jean-Luc Mélenchon sur le conflit. Estimant que celui-ci ne condamne pas avec suffisamment de fermeté les actions du Kremlin, il considère que « les masques tombent » et que le leader insoumis a « choisi son camp ». À l’inverse, la France poursuit selon lui une ligne claire : soutenir l’Ukraine, accroître la pression sur la Russie et préparer les garanties de sécurité qui permettront d’assurer une paix durable.

 

G7 : « C'est un grand millésime, c'est un millésime français »

Jean-Noël Barrot a enfin dressé un bilan très positif du sommet du G7, en saluant les avancées obtenues lors de cette édition française.

C'est un grand millésime, c'est un millésime français !

 

Le ministre a souligné que les dirigeants étaient parvenus à adopter des déclarations communes sur les principaux dossiers internationaux, notamment l’Ukraine et le Moyen-Orient. Un résultat significatif alors que les précédents sommets avaient souvent peiné à dégager des positions communes sur ces sujets.

Nous avons réussi à obtenir une déclaration commune des sept pays du G7 et de leurs partenaires sur des grandes crises comme l'Ukraine ou comme le Proche et le Moyen-Orient, où nous ne parvenions plus jusqu'à présent à obtenir le consensus. 

 

Pour lui, ce G7 marque également « la reconnaissance par les États-Unis que le courage des Ukrainiens est en train de payer » et celle du rôle joué par les Européens, restés unis malgré les tentatives de pression exercées par Moscou. Cette unité contribue aujourd’hui à mettre en évidence l’échec stratégique de la Russie, tant sur le plan militaire qu’économique.

Plus largement, Jean-Noël Barrot a défendu une diplomatie française tournée vers l’action concrète et les résultats. Évoquant le sommet Choose France organisé il y a quelques semaines, il a rappelé que 93 milliards d’euros d’investissements étrangers avaient été annoncés. Une illustration du rôle moteur que joue aujourd’hui la France sur la scène internationale, qu’il s’agisse de défendre la paix, de soutenir ses partenaires ou de renforcer son attractivité économique.

Ça n'est pas simplement de la figuration.

 

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