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Marina Ferrari : « Il faut aider l'esport à grandir correctement »

Marina Ferrari

Alors que la France accueillera au pied levé, tout au long de l'été, l'Esports World Cup, gigantesque rendez-vous du calendrier esportif, Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, détaille l'engagement du gouvernement sur la discipline dans le journal L'Équipe.

Vous étiez au Major de Rocket League, est-ce le signe que l'esport devient une prérogative importante pour vous ?

C'est un sujet qui compte depuis plusieurs années et auquel je crois beaucoup. Nous sommes convaincus de la capacité d'émancipation que peut avoir l'esport. Ce n'est pas simplement être derrière sa manette, c'est un outil de sociabilisation pour les joueurs et joueuses, une culture qui émerge pour la jeunesse, des possibilités économiques énormes.

Il faut structurer la discipline, l'aider à grandir dans les meilleures conditions et dans le cadre d'une pratique raisonnée.

 

(...)

Quelle sera l'implication du ministère des Sports et des différents acteurs de l'État dans l'organisation cet été de l'EWC, qui s'annonce complexe logistiquement ?

C'est une décision qui a été prise après une discussion entre les deux chefs de l'État, mais j'ai accueilli cette nouvelle avec un grand enthousiasme, puisque c'est ce qui se rapproche le plus des Jeux Olympiques de l'esport. Aujourd'hui, on a un rôle de facilitateur dans ce dossier, on n'est pas du tout organisateurs.

C'est comme lorsqu'on accueille d'autres grands événements internationaux, comme ce sera le cas au mois d'octobre avec le match délocalisé de NFL au Stade de France par exemple. 

Notre rôle, c'est de mettre en musique les services de l'Etat pour répondre aux demandes des organisateurs, sur les visas par exemple. Concrètement, tout sera payé par l'organisateur.

 

Avec l'annonce de l'Esports World Cup à Paris et les compétitions à la Paris La Défense Arena, la France se positionne sur plusieurs événements esportifs de premier plan. Comment sont-ils abordés par rapport au sport "classique" ?

Ils sont traités comme des événements sportifs de premier plan. Il n'y a pas de distinguo. Ces dernières années, nous avons franchi une étape : les organisateurs se disent qu'il y a un savoir-faire, qu'en France on est capables de gérer la technique, la logistique, les visas, le sanitaire, la sécurité...

On a éprouvé ce savoir-faire, qui fait qu'aujourd'hui nous sommes très attractifs, ce qui est important pour le pays, parce qu'on sait que ces événements ont des retombées économiques importantes. L'EWC ne nous coûte rien et ça va vraiment amener une formidable visibilité, ça remplit nos hôtels et nos restaurants...

Comme on commence l'aventure esport, on est encore en train de mesurer cet impact économique. Entre 2019 et 2023, on voit déjà qu'on a une courbe exponentielle du chiffre d'affaires du milieu, qu'on est à 12 millions de pratiquants (un chiffre qui inclut tous les joueurs de jeux vidéo d'affrontement) en France... 

Il y a une appétence pour l'esport et en tant que pouvoir public, il faut qu'on y réponde. 

 

Là, on travaille sur l'actualisation de la stratégie esport, avec deux piliers : développer la pratique, avec des règles des règles éthiques, en lien avec le ministère de la Santé, des mesures de prévention pour protéger le public, de formation, et puis de l'autre côté, l'accueil de grands événements esportifs internationaux, qui font partie de notre cible aujourd'hui.

 

Cette Stratégie Esport 2026-2030, dont vous parlez, a fait récemment l'objet de critiques, qui craignaient de voir le jeu vidéo introduit à l'école. Comment jugez-vous cette polémique ?

Je veux rectifier un point important : il n'a jamais été envisagé d'intégrer l'e-sport aux programmes de l'Éducation nationale. Matignon l'a d'ailleurs démenti formellement.

L'actualisation de la stratégie esport 2021-2025, effectivement envisagée en ce début 2026, ne porte pas sur l'introduction du jeu vidéo à l'école, évidemment. Elle vise uniquement à mieux connaître et encadrer la pratique de l'esport en général : évaluer ses effets, mieux contrôler les formations dans le supérieur et mettre en place des contrôles d'honorabilité des intervenants, parce qu'il faut protéger ses pratiquants comme on protège les sportifs.

Cette démarche s'inscrit aussi dans un cadre de prévention, dans la lignée de la reconnaissance par l'OMS du trouble du jeu vidéo. 

L'objectif est d'accompagner le développement de cette pratique qui se structure rapidement, mais encore sans cadre suffisamment homogène ni moyens de contrôle partout.

 

Le deuxième volet concerne le vivier de jeunes joueurs et joueuses français qui ont du talent. L'enjeu est de mieux accompagner ceux qui se dirigent vers une carrière professionnelle dans l'e-sport, de la même manière qu'on accompagne un jeune sportif vers le haut niveau dans d'autres disciplines. Aujourd'hui, il existe déjà des sections sportives dans de nombreuses disciplines comme le football ou le rugby ; la question se pose de savoir si des dispositifs équivalents pourraient exister pour l'e-sport dans le cadre du double projet, sans que cela ne se fasse au détriment des apprentissages fondamentaux..

(...)

 

Lire l'article dans L'Équipe.

 

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