Marina Ferrari : « Je n'ai aucun doute que la France sera prête pour 2030 »
Invitée de France info, notre ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, a défendu une ligne d’action pragmatique face aux contraintes budgétaires, tout en réaffirmant l’ambition française en matière de sport et d’organisation des Jeux.
Prix carburants : « Cibler les personnes qui en ont le plus besoin »
Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de hausse des prix du carburant, la ministre assume une ligne de responsabilité : efficacité et justice. Elle souligne ainsi que « nous avons un contexte budgétaire qui est contraint » et insiste sur la nécessité d’une réponse adaptée, en expliquant qu’« il faut que nous allions justement cibler les personnes qui en ont le plus besoin aujourd’hui ».
Nous sommes présents, mobilisés, au plus proche de nos concitoyens qui en ont besoin.
Plutôt que des mesures généralisées, le gouvernement fait le choix d’un accompagnement précis : aides prolongées pour les pêcheurs et agriculteurs, renforcement pour les transporteurs, et soutien aux « 3 millions de nos concitoyens » gros rouleurs, sous conditions de revenus.
Nous avons d'ores et déjà des baisses de recettes liées au carburant, ce qui me permet de rappeler que tous ceux qui voulaient nous faire croire que l'État allait s'enrichir dans cette période, eh bien aujourd'hui la situation démontre que c'est faux.
La ministre insiste également sur l’objectif de préserver l’activité : « cibler les personnes qui en ont le plus besoin ou les professions qui sont les plus exposées pour ne pas gripper la machine économique ». Une réponse ajustée, évolutive, puisque « nous sommes en train d’adapter les mesures au fur et à mesure de l’évolution de la crise ».
Budget du sport : « Une politique publique qui coûte peu mais qui rapporte beaucoup »
Face aux interrogations sur les moyens alloués au sport, Marina Ferrari rappelle avec force son utilité sociale et économique. Elle défend une vision d’investissement d’avenir en affirmant que « les sports ont une vocation essentielle » et qu’il s’agit d’« une politique publique qui coûte peu mais qui rapporte beaucoup ».
Les chiffres avancés sont sans appel : « le coût de l’inactivité en France […] c’est plus de 190 milliards d’euros » et « 1 euro investi dans le sport nous permet […] d’économiser […] 13 euros ». Une démonstration qui justifie le maintien de cette politique, malgré les contraintes.
1 euro investi, 13 euros économisés. Donc c'est vous dire si c'est important de maintenir cette politique publique qui est socle.
Si des efforts ont été demandés, « le sport a pris sa part », la ministre relativise leur ampleur avec une baisse « assez faible comparativement à d’autres secteurs ». Surtout, elle rappelle la dynamique engagée depuis 2017 : « le budget du sport […] a augmenté de plus d’un tiers », illustrant une action volontariste dans la durée.
Le même effet que nous avons connu pour préparer Paris, nous devrions le reconnaître à nouveau pour préparer les Alpes 2030.
Dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques à venir, elle annonce déjà une montée en puissance budgétaire pour 2030, dans la continuité de l’héritage de Paris 2024, tout en soulignant que « en matière de haute performance, nous avons maintenu les budgets », avec à la clé des résultats concrets sur la scène internationale.
Alpes 2030 : « La France sera prête »
Sur l’organisation des Jeux d’hiver 2030, en France, la ministre reconnaît sans détour des débuts difficiles : « il y a eu des difficultés de gouvernance au sein du comité d’organisation ». Mais elle met en avant les correctifs engagés.
Mission de clarification, inspection générale, nomination du préfet Michel Cadot : « aujourd’hui, le COJOP est reparti » et « une gouvernance […] posée aujourd’hui sur de bons rails ». Un travail de structuration indispensable pour un projet d’une telle ampleur, alors que le comité doit passer de 170 à près de 2000 personnes.
On est en train de rattraper ce retard, avec une gouvernance qui est posée aujourd'hui sur de bons rails.
La ministre se veut résolument confiante pour la suite : « je n’ai aucun doute que la France sera prête pour 2030 ». Une ambition assumée, qui s’inscrit dans la continuité du succès organisationnel des Jeux de Paris et dans une vision d’aménagement et de rayonnement des territoires.
Évoquant les prochains Jeux de Los Angeles, Marina Ferrari défend une ligne claire sur les enjeux éthiques. Opposée à certains tests imposés aux athlètes féminines, elle dénonce « une forme de discrimination » et rappelle que ces pratiques « contreviendraient au droit français ». Dans cet esprit, elle annonce la création d’un observatoire pour « protéger et rassurer » les sportives françaises.