Marie-Pierre Vedrenne : « Il est urgent de répondre à ce phénomène de délinquance au quotidien que sont les runs sauvages »
Avec son projet de loi Ripost, l’État veut renforcer les réponses face à plusieurs formes de délinquances dont les runs sauvages, ces courses illégales de véhicules motorisés. Avant que le texte ne passe l’épreuve du Sénat et de l’Assemblée nationale, la ministre déléguée à l’Intérieur en charge de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, en explique les contours dans Ouest-France.
Après avoir été présenté fin mars en conseil des ministres par Laurent Nunez, le projet de loi RIPOST sera discuté au Sénat fin mai avant de revenir en débat à l’Assemblée Nationale. Qu’en attendez-vous sur les runs sauvages ?
Il est urgent de répondre à ce phénomène de délinquance au quotidien devenu très visible ces dernières années. Il faut durcir les sanctions et donner les moyens d’agir directement en local.
L’acronyme de Ripost est volontairement très parlant : Réponses immédiates contre les phénomènes troublant l’ordre public. Notre objectif avec le ministre de l’intérieur est de faire en sorte que les forces de l’ordre et les préfets puissent prendre des mesures immédiates.
800 € d’amende, interdiction de conduire, confiscation du véhicule… la loi prévoit un certain nombre de mesures qui font déjà débat. Êtes-vous optimiste sur le vote final ?
Certains parlementaires ont déjà exprimé des points de désaccord. Il faudra laisser le débat se faire. Mais il faut bien comprendre que ce choc d’autorité et d’efficacité voulu par le gouvernement répond au trouble que ces rodéos génèrent en termes de tranquillité publique et à la nécessité de mettre un coup d’arrêt à une mise en danger des jeunes qui pratiquent ces rodéos et de ceux qui pourraient croiser leur chemin. C’est d’autant plus vrai que souvent, ces rodéos se font sous emprise de stups ou de protoxyde par exemple.
Vous évoquez le trouble et le danger quand les jeunes glorifient ces actes qu’ils partagent largement sur les réseaux sociaux. La répression ne doit-elle pas aussi s’accompagner de prévention ?
Il y a effectivement un décalage entre ce qui circule sur les réseaux et la réalité. Il ne s’agit pas de petits faits d’incivilité mais d’une délinquance décomplexée contre laquelle il faut agir très tôt par la prévention.
Dans la prochaine stratégie, nous prévoyons également une cinquantaine de mesures qui s’adressent aux parents, aux maires des communes et aux écoles.
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