Communiqué sur l'audiovisuel public : les députés Démocrates refusent le piège tendu par le rapporteur
Notre groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale a publié un communiqué relatif à la publication du rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.
Audiovisuel public : les députés Démocrates refusent le piège tendu par le rapporteur
Le groupe Les Démocrates prend acte de la publication des travaux de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée le 28 octobre 2025 à l'initiative du groupe UDR au titre de son droit de tirage. Présidée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et conduite par le rapporteur Charles Alloncle (UDR), elle a soumis ce 27 avril ses conclusions au vote de ses membres.
Notre groupe y a été représenté par Erwan Balanant, porte-parole du groupe et député du Finistère, ainsi que par Sophie Mette, députée de la Gironde. Tout au long des soixante-sept auditions, ils ont défendu une exigence simple : un débat démocratique sur l'audiovisuel public est nécessaire et légitime, mais il doit se tenir dans le respect du fonctionnement de notre institution, des personnes auditionnées et de l'exigence de rigueur qu’appelait ce sujet essentiel.
C'est précisément ce cadre qui a été méthodiquement mis à mal par le rapporteur, qui poursuivait manifestement un agenda individuel et des objectifs partisans. Nos députés n'ont cessé de le signaler, dénonçant tour à tour des auditions détournées de leur objet, la confusion entretenue entre la mission constitutionnelle de contrôle et l'instruction à charge d'un tribunal politique, le déséquilibre manifeste du temps de parole entre les membres de la commission d’enquête et le rapporteur, le commentaire en simultané des auditions sur ses réseaux sociaux en violation de l'engagement pris devant le bureau de la commission le 23 décembre 2025, ou encore l'usage répété d'insinuations et de mises en cause nominatives des auditionnés sans communication aux membres de la commission d’enquête des pièces censées les fonder.
La présidente de l'Assemblée nationale l'a elle-même constaté en rappelant Charles Alloncle à l'ordre dès le mois de décembre 2025, par courrier, soulignant des « incidents d'une fréquence et d'une ampleur inédites ». Les récentes révélations par voie de presse sur de possibles questions transmises au rapporteur par plusieurs entreprises concernées achèvent de dessiner un climat de travail délétère.
De fait, le rapport qui en résulte porte les stigmates de cette dérive. Sur le fond, la philosophie défendue publiquement par le rapporteur tout au long des travaux interroge : elle laisse entrevoir une conception de la neutralité passant par un renforcement de la tutelle politique sur l'audiovisuel public, au risque d'affaiblir précisément la neutralité qu'elle prétend protéger. Le document est ainsi entaché d'erreurs et de nombreuses approximations. Un travail parlementaire de cette nature ne saurait engager toute l'institution.
Pour autant nous n’avons pas voté contre sa publication. Le faire serait revenu à offrir à Charles Alloncle l'opportunité dont il a besoin pour alimenter une stratégie victimaire et porter son agenda politique de fragilisation de l'audiovisuel public. C’eut été priver les Français, les professionnels du secteur, les chercheurs et les observateurs de la possibilité de juger sur pièces le résultat de son « travail ».
Ce « travail » est truffé d'erreurs et d'approximations, mais il ne doit pas, pour ces mêmes raisons, être masqué au public. Notre abstention dit cette double exigence : refuser l'instrumentalisation, sans pour autant céder à la tentation du secret qui, in fine, validerait les discours complotistes qui nourrissent chaque jour les populistes.
Pour Erwan Balanant, député du Finistère et membre de la commission d'enquête :
Cette commission portait un sujet légitime. Elle aurait dû interroger en profondeur le modèle, les missions et l'avenir de l'audiovisuel public. À la place, le rapporteur a choisi le théâtre et la partialité. Nous ne validons rien de tout cela, mais nous n'offrirons pas non plus au rapporteur le rôle de victime qu'il se prépare. Qu'il assume devant les Français, point par point, ce qu'il a écrit. Nous serons au rendez-vous du débat démocratique.
Pour Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale :
Le contrôle parlementaire est une mission essentielle de notre démocratie. Il exige de la rigueur, de la mesure et un sens des institutions. Notre groupe a fait le choix d'y siéger sérieusement et d'y faire entendre sa voix.
Ce rapport est mauvais, à charge et sans aucune analyse objective. En lui permettant d’être publié, nous entendons le combattre. En refusant sa publication, nous lui aurions donné une « valeur » qui, manifestement, n’est pas méritée.
À l'heure de la désinformation et des ingérences étrangères, un service public de l'information souverain est un pilier de notre démocratie. Il mérite mieux que ce procès déséquilibré. Le débat et le travail continuent.