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Laurent Croizier : « La sécurité de ceux qui servent l'État et la dignité de ceux qui sont incarcérés sont indissociables »

Aux questions au gouvernement de ce mercredi 29 avril, notre député du Doubs, Laurent Croizier, a interrogé le Garde des Sceaux, ministre de la Justice sur la crise des prisons françaises (surpopulation, violence, attractivité du métier de surveillant, etc.) et les mesures à prendre pour restaurer à la fois la sécurité et la dignité du système carcéral.

Merci Madame la Présidente. 

Ma question s'adresse à Monsieur le Garde des Sceaux, ministre de la Justice. 

Nous avons dans cet hémicycle un devoir de vérité sur l'état de nos institutions. Avec plus de 87 000 personnes détenues pour un peu plus de 63 000 places opérationnelles, la réalité de nos prisons est un défi pour notre République. 

La représentation nationale ne s'y trompe pas. La sécurité de ceux qui servent l'État et la dignité de ceux qui sont incarcérés sont indissociables. La surpopulation et l'indignité carcérale sont non seulement le terreau direct des violences qui frappent nos agents pénitentiaires, mais elles alimentent tragiquement la récidive. De telles conditions de détention ne réinsèrent pas, mais préparent les drames de demain. 

Ce lundi matin, je me suis rendu à la maison d'arrêt de Besançon afin d'apporter mon soutien aux surveillants pénitentiaires. Les chiffres sont accablants. L'établissement compte 461 détenus pour 273 places. Le bâtiment des détenus condamnés est dans un état déplorable. Cette réalité illustre à elle seule l'état de saturation du système carcéral où se conjuguent surpopulation, condition de détention indigne et manque d'effectifs de surveillants. 

Monsieur le ministre, face à cette urgence, nous saluons votre pragmatisme avec le déploiement de places de prison modulaires comme à Mayotte. Toutefois, l'incarcération ne peut pas être notre seule arme. La réponse pénale doit impérativement devenir multiple pour soulager nos maisons d'arrêt et nos agents pénitentiaires. Les surveillants, en grève actuellement, nous alertent sur leurs conditions de travail et sur une véritable crise des vocations. 

Dès lors, Monsieur le ministre, quelles mesures structurelles comptez-vous engager pour rendre le métier de surveillant enfin attractif et garantir que la prison redevienne cet espace où la prévention de liberté ne s'accompagne jamais de la privation de dignité ?

 

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