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Erwan Balanant : « La commission d'enquête sur l'audiovisuel public est un gâchis intégral »

Erwan Balanant

L’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, achevée mercredi, fait l’objet d’un premier bilan dressé par notre député du Finistère dans Le Télégramme. Il y affirme également que le rapporteur « Charles Alloncle a détourné la réalité ».

La commission d'enquête sur l'audiovisuel public s'achève. Quel bilan en tirez-vous ?

C'est un gâchis intégral. Les questions autour de l'importance de l'audiovisuel et de son fonctionnement sont légitimes. Mais la façon dont cela a été mené est catastrophique. Aucun des vrais sujets n'a été abordé. Pour le rapporteur (Charles Alloncle, député UDR, NDLR), cela tournait toujours autour d'un sujet : cela coûte trop cher. C'est une question légitime mais je pourrais aussi expliquer le contraire et que cela rapporte énormément.

Toutes les questions posées par Charles Alloncle ne sont pas illégitimes pour autant.

Bien sûr. Mais les questions autour de ce qu'est une information, de ce que peut être la différence entre l'information de l'audiovisuel public et l'information des médias privés, pourquoi nous avons une régulation, etc., n'ont pas vraiment été abordées.

(...)

Cette commission a connu plusieurs dérapages. Pourquoi ?

Parce que le rapporteur a énormément de pouvoirs. Je le sais, je l'ai moi-même été sur d'autres sujets. Et si vous ne prenez pas garde, vous pouvez très vite faire des abus de pouvoir. C'est ce qu'il a fait. Au-delà, même, en prononçant des mensonges. 

Charles Alloncle a détourné la réalité. Un rapporteur doit respecter une éthique et une déontologie. Il ne l'a pas fait.

 

Mais n'avez-vous pas vous-même nourri cette atmosphère en lui disant « T'inquiète, on va te régler », ce qui ressemble à une menace et qui a conduit Charles Alloncle à quitter la salle dès que vous preniez la parole ?

Je m'en suis expliqué. Ce sont des propos que je n'aurais pas dû tenir, mais ce sont des propos qu'il a déformés aussi. Ce n'était pas de la menace physique à son encontre. Personne n'a la suite de la phrase, où je dis « On va te régler le sort de ton rapport », alors que le rapporteur avait fait au préalable un geste obscène et irrespectueux à mon égard. 

J'assume encore aujourd'hui de démonter son rapport et les idées mortifères qu'il va sans doute proposer. J'assume aussi d'être une personne avec un peu d'affect, de sensibilité et de garder la possibilité parfois de m'énerver.

Donc, vous avez des regrets mais vous ne présentez pas d'excuses ?

Mais, si. Je me suis excusé. On doit garder ses nerfs et je me suis énervé. Mais si vous saviez le nombre de crises de colère qu'il nous a fait hors antenne, une fois que le président a proposé à juste titre des interruptions de séance. Je rappelle qu'il m'a traité de voyou. 

Je le répète, cela n'a jamais été une menace contre lui et j'aimerais une fois pour toutes que cette vérité soit rétablie parce qu'il continue à tordre la réalité. 

Vous savez, même si ça s'est un peu calmé, depuis trois semaines, je suis victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. J'ai reçu 1 500 ou 2 000 messages de menaces.

 

La démocratie ressort-elle gagnante ou perdante de cette commission d'enquête ?

Cela nuit profondément au respect que pourraient avoir les Français vis-à-vis de la représentation nationale.

Des choses ont quand même été dites durant ces quatre mois. À quoi vont aboutir tous ces travaux ?

Il va faire son rapport et on va le lire. On aura des contrepropositions. Cela fera peut-être avancer un certain nombre de choses. 

Espérons que ce travail n'ait pas été complètement inutile. Parce que comme l'a bien dit Xavier Niel, tout cela coûte de l'argent aux contribuables et cela nous prend beaucoup de temps et d'énergie, au détriment d'autres sujets.

 

Lire l'entretien dans Le Télégramme.

 

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