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« La sécurité, un enjeu national, fertile pour les extrêmes » par Antoine Bouret

Jeunes Démocrates

La sécurité est devenue la première préoccupation des Français, loin devant les enjeux économiques traditionnels. Dans ce billet d'humeur, Antoine Bouret, jeune démocrate, appelle à une réponse ferme mais lucide : une politique de sécurité efficace, sans amalgames ni simplismes, et portée par une voix démocrate forte.

Depuis plusieurs mois, les sondages sont limpides : la sécurité est la première priorité des Français, devant les sujets historiques liés aux impôts et au pouvoir d’achat. Derrière ce terme de « sécurité » se trouve une importante diversité de sujets, comme la protection des biens et des personnes, la sécurité internationale, la sécurité routière ou encore les violences sexistes et sexuelles.

Il n’aura échappé à personne que ces sujets constituent un terrain fertile pour les discours des formations politiques extrêmes, qu’elles considèrent l’insécurité comme une invention de l’esprit ou qu’elles soient persuadées que tous les maux du pays en sont la conséquence directe. Cela s’explique notamment par les émotions fortes de tristesse, d’injustice et de colère que les événements dramatiques, trop nombreux, nous font ressentir. Les mécanismes populistes viennent alors utiliser, instrumentaliser et manipuler ces émotions légitimes en proposant des solutions simplistes et radicales, mais impossibles à mettre en œuvre, ainsi qu’en ciblant toujours un coupable désigné : l’État et les forces de l’ordre d’un côté, les étrangers de l’autre. Ces mécanismes fracturent notre Nation, et c’est pourquoi nous avons tant besoin d’une voix centriste et démocrate forte sur le sujet.

Un bilan à défendre

Bien sûr, c’est un sujet sur lequel notre courant politique a beaucoup travaillé ces dernières années, et les gouvernements auxquels nous avons participé ont mis en place un grand nombre de mesures visant notamment à améliorer la sécurité du quotidien : la loi anti-casseurs (2019), visant à protéger les différentes manifestations en permettant notamment la fouille des sacs, bagages et véhicules aux abords d’un événement ; mais également la loi Sécurité globale (2021), renforçant notamment la police municipale de proximité et l’utilisation des images de caméras-piétons pour protéger ceux qui protègent, ou encore autorisant la captation d’images par drones.

Nous pensons également à la très ambitieuse loi contre le narcotrafic (2025), permettant de mieux lutter contre les points de deal qui gangrènent les villes et de lutter contre le blanchiment dans les commerces-écrans. Cette loi a également permis la construction des premières prisons de haute sécurité, comme à Condé-sur-Sarthe, empêchant désormais réellement les narcotrafiquants de continuer à opérer depuis la prison.

N’oublions pas non plus les succès en matière de sécurité que furent les Jeux Olympiques de Paris 2024, ainsi que la Coupe du monde de rugby en 2023.

Un projet de loi (PJL) nommé RIPOST est également porté par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dont notre sénatrice Isabelle Florennes est corapporteure.

Le début de la RIPOST

Ce projet de loi RIPOST est en effet un texte complet et structurant pour créer un choc d’autorité. Il propose de renforcer les sanctions en cas de conduite sous l’emprise de substances stupéfiantes, ciblant notamment le protoxyde d’azote, dont la consommation a explosé, en particulier chez les plus jeunes conducteurs, et qui cause de nombreux accidents. Ce texte vient ainsi en soutien à l’intense combat mené par notre ministre Marie-Pierre Vedrenne, place Beauvau, contre le protoxyde d’azote. Côté sécurité routière, le PJL RIPOST permet également d’étendre l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) aux auteurs de rodéos motorisés et facilite la saisie des véhicules concernés.

Par ailleurs, ce texte renforce la lutte contre l’organisation des rave-parties illégales en prévoyant la sanction non plus uniquement des organisateurs – qui sont très difficiles à identifier – mais également des participants. Il donne aussi davantage de moyens aux préfets sur le sujet des squats, comme la possibilité d’intervenir en cas de maintien indu après des locations de courte durée.

De façon plus générale, RIPOST améliore les moyens d’action des forces de l’ordre et de l’autorité judiciaire en anonymisant les agents de police et les gendarmes, permet le traitement algorithmique des images de vidéosurveillance jusqu’en 2030 et durcit les conditions d’exécution des peines de prison.

Ce PJL, déjà voté au Sénat, devra se frayer un chemin dans l’agenda chargé de l’Assemblée nationale afin de pouvoir être adopté et de permettre un pas de plus vers une réponse forte et attendue par nos concitoyennes et nos concitoyens.

Des enjeux de méthode et de communication au service d’une voix démocrate forte

Afin de cesser de fracturer la France sur les sujets de sécurité, et surtout pour porter des propositions justes et efficaces, il est important que nous conservions une exigence forte sur la façon dont nous traitons ce sujet.

En premier lieu, il est vital de parler de sécurité sans diviser : vous l’aurez compris, nous ne devrons jamais tomber dans le piège consistant à associer insécurité et immigration. Nous devons traiter le sujet de la sécurité et de la délinquance à leurs racines : l’éducation et les repères républicains transmis, les conditions sociales des individus, ainsi qu’une plus grande confiance dans la rapidité et l’intransigeance de notre Justice. C’est par ce refus sincère des amalgames, couplé à l’incarnation d’une autorité forte de l’État à travers les forces de l’ordre et la justice, que nous aurons voix au chapitre sur cet enjeu national.

Il nous reste maintenant à montrer cette position aux Français. Au-delà des prestations médiatiques de haut niveau de nos responsables nationaux, continuer à repenser notre utilisation des réseaux sociaux et des nouveaux médias est ici indispensable. Notre ministre Jean-Noël Barrot nous a, en ce sens, ouvert la voie avec la mise en place de French Response sur X, et bientôt sur TikTok. Refuser d’utiliser les codes de communication qui fonctionnent aujourd’hui, comme les formats courts, les visuels impactants et parfois la vulgarisation, c’est nous empêcher de lutter à armes égales.

Dans ces formats modernes, qui s’adaptent particulièrement bien aux raisonnements de nos adversaires, nous pouvons réussir à transmettre avec vigueur une vision sécuritaire intransigeante et claire, qui rassemble autour d’un État de droit sacré. Pour cela, nous ne devons cependant pas négliger notre base idéologique et argumentative, qui doit être le fondement de nos publications sur les réseaux sociaux. C’est ce qui fait l’ADN démocrate.

 

Antoine Bouret

 

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