Laurent Croizier : « La baisse de la démographie scolaire impose l'anticipation. Pour en finir avec une gestion annuelle et court-termiste »
Retrouvez le communiqué de notre député du Doubs et conseiller municipal de Besançon, Laurent Croizier, relatif à la carte scolaire.
Carte scolaire : « La baisse de la démographie scolaire impose l’anticipation. Pour en finir avec une gestion annuelle et court-termiste »
À la rentrée prochaine, le premier degré perdra 125 400 élèves et le second degré 36 200 élèves, soit plus de 160 000 élèves en moins au total. À l’horizon 2035, la baisse atteindra 1,7 million d’élèves. Dans mon département du Doubs, les écoles primaires compteront près de 800 élèves en moins pour la rentrée 2026. Au cours des trois prochaines années, près de 1 000 élèves en moins par an sont attendus dans le premier degré.
Dans nos communes, l’école est au cœur des enjeux de cohésion, de dynamisme et d’aménagement des territoires. Au-delà de la dimension strictement démographique, cette évolution constitue un défi de taille.
La diminution des effectifs n’a pas les mêmes conséquences selon qu’elle touche les villes ou les territoires ruraux, ni selon la situation propre à chaque commune ou à chaque quartier. Si elle peut, dans certains cas, alléger les effectifs de classes trop chargées, elle peut dans d’autres, fragiliser le maillage scolaire ou dégrader les conditions d’apprentissage des élèves.
Dès lors, la fermeture d’une classe ne peut être réduite à un simple ajustement de moyens. Ces décisions ont des conséquences concrètes sur l’organisation de l’accueil périscolaire, sur la restauration scolaire gérée par les communes, sur l’organisation des écoles et la stabilité des équipes pédagogiques, sur les temps de transport des enfants et, plus largement, sur la vie quotidienne des habitants et la vitalité de nos communes.
C’est précisément au regard de ces réalités que la méthode actuelle de construction de la carte scolaire montre ses limites. La gestion des ouvertures et des fermetures de classes ne peut plus reposer sur une logique annuelle strictement arithmétique. Les inspecteurs d’académie se retrouvent alors contraints à un « tétris budgétaire d’ajustement des postes ». Cette approche conduit à un pilotage à court terme, qui rend les décisions peu lisibles, parfois difficilement compréhensibles, et fragilise la confiance des acteurs locaux envers l’Éducation nationale.
Il faut rompre avec cette gestion strictement annuelle. Depuis 2022, je défends à l’Assemblée nationale la nécessité de revoir en profondeur les modalités de répartition des moyens. La carte scolaire ne peut plus reposer sur une logique purement comptable ; elle doit s’appuyer sur une analyse plus fine des dynamiques démographiques, des besoins pédagogiques propres à chaque école et sur l’ambition que l’État entend porter pour son école et pour l’avenir des jeunes générations. En ce sens, une programmation des moyens sur trois ans offrirait davantage de visibilité, de cohérence et de stabilité, tant aux équipes éducatives qu’aux élus locaux.
Dans cette logique, j’ai décidé de mettre en place, à l’échelle de ma circonscription, un outil d’observation et de suivi de la démographie scolaire. L’objectif est de disposer d’une base d’analyse sur l’évolution des naissances dans chaque commune, l’évolution des effectifs par école et des flux d’élèves entre les établissements scolaires. Ces informations seront partagées avec les maires de la circonscription afin de sortir d’une logique de réaction au profit d’une démarche d’anticipation.
Ce dispositif complète l’expérimentation lancée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, dans 18 départements, dont le département du Doubs qui vise à construire la carte scolaire en intégrant les contraintes locales.
Je m’associerai pleinement à cette réflexion, avec les exigences suivantes :
- offrir à chaque élève des conditions d’apprentissage de qualité,
- préserver un maillage cohérent d’écoles de proximité attentif au bien-être des enfants et à des temps de transport raisonnables,
- garantir l’équité entre les territoires, notamment entre les secteurs ruraux et urbains.
Laurent CROIZIER