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Isabelle Florennes : « On a le droit de faire la fête, mais dans un cadre bien défini » 

Invitée de Public Sénat ce lundi matin, Isabelle Florennes, sénatrice des Hauts-de-Seine et porte-parole du MoDem, s'est exprimée sur la rave-parties qui a eu lieu dans le Cher ce week-end. L'occasion de présenter les futures sanctions et mesures qui seront mises en place par la loi RISPOST appuyée par le travail de la mission d'information sur les rodéos motorisés et les rave-parties dont notre sénatrice était rapporteure. 

Rave-parties :  « On a le droit de faire la fête, mais dans un cadre bien défini » 

Dans le département du Cher ce week-end, une rave-parties a rassemblé entre 20 000 et 40 000 personnes, proche de la commune d'origine du ministre de l'Intérieur et sur un lieu de tir appartenant à la direction générale de l'Armement. Isabelle Florennes réagit : 

 J'y vois une double coïncidence qui n'est pas le fruit du hasard.

 

Interrogée sur l'impuissance des pouvoirs publics à empêcher ces rassemblements, Isabelle Florennes qualifie le système de « spontané et peu traçable » puisque les rendez-vous s'organisent sur les réseaux sociaux ou sur des boucles cryptées. Elle estime que la législation est aujourd'hui « trop peu répressive » et souligne :  

Les forces de l'ordre n'ont pas toujours ni les moyens technologiques pour les repérer et ni les moyens d'intervention. Parce qu'une fois que les organisateurs sont arrivés avec le matériel, c'est très compliqué de faire des saisies de matériel et de les faire partir.

 

Pour notre sénatrice, l'État reste aujourd'hui « trop impuissant sur l'amont. » Elle constate également que nos pays voisins comme l'Italie ou l'Espagne ont des mesures plus répressives, les « teuffeurs » se déportent, notamment dans le sud de la France, car les zones françaises sont considérées comme moins répressives. Par exemple, dans le Cher ce week-end, des raveurs venaient de différents pays comme l'Allemagne, l'Italie ou encore l'Espagne. 

 

Interrogée sur la réaction des partis de gauche et notamment la France insoumise qui fustige le gouvernement voulant criminaliser la fête, Isabelle Florennes réagit : 

Que les choses soient claires : il y a une législation, tout le monde la respecte, les communes la respectent. Quand on doit faire une fête, on respecte les déclarations, l'encadrement, la législation.

 

Notre sénatrice le rappelle, mais une loi doit être respectée au risque d'être sanctionné : « la loi, elle s'applique à tous, on a le droit de faire la fête, mais dans un cadre bien défini. » Pour cela, il faut effectuer une déclaration préalable à la préfecture un mois à l'avance, obtenir l'autorisation du propriétaire et prévenir les maires concernés. 

 

Rapporteure de la mission d'information sur les rodéos motorisés et les rave-parties, Isabelle Florennes souligne :  

Notre rapport fait des propositions. Nous espérons les voir adoptées par le projet de loi RIPOST, et avant la fin de l'année avoir un système beaucoup plus répressif en France. 

 

En parallèle de la mission d'information, la loi RIPOST prévoit donc de sanctionner les rave-parties non déclarées. Elles sont actuellement considérées comme étant une contravention de 5ème classe pouvant aller jusqu’à 1500€ d’amende, en délit de 2 ans d’emprisonnement. Isabelle Florennes insiste : 

On est alignés sur cette proposition et on s'est rencontrés sur la sanction et en tout cas l'augmentation et le durcissement, plus exactement, de ces sanctions qui sont nécessaires pour avoir un effet dissuasif. 

 

Notre sénatrice des Hauts-de-Seine a souligné qu'il était aussi nécessaire pour les forces de l'ordre d'avoir des moyens nouveaux afin de détecter ce type de rassemblement. Par exemple, elle évoque un meilleur encadrement grâce à la sécurisation de l'usage des drones avec la possibilité de décoller en urgence lorsqu'il y a un repérage à effectuer. Elle ajoute : 

Nous donnons l'ensemble des prérogatives possibles, à l'heure actuelle, aux forces de l'ordre. Et ce projet de loi est une opportunité de les donner, suite à nos préconisations et à nos recommandations. 

 

Isabelle Florennes précise également qu'il pourrait être nécessaire de travailler aussi au niveau européen : 

L'Italie a renforcé les sanctions, je disais l'Espagne également. Mais on continue à dire qu'il est très compliqué de repérer les organisateurs. Donc cette coordination aussi sur ce type de sujet peut être intéressante au niveau européen. 

 

Notre sénatrice a rappelé qu'il était aussi important de sanctionner les participants avec une amende forfaitaire de 300€ : 

Ils savent où ils vont, ils savent que c'est illégal [...] il faut responsabiliser !

 

Pour limiter les rave-parties illégales, il faut donc dissuader et donner de nouveaux moyens aux forces de l'ordre : 

Il faut maintenant agir au plus près, sanctionner les infractions sur place et surtout le repérage en amont. Parce qu'une fois les festivités sont installées, c'est très compliqué de les déloger. 

 

Notre sénatrice cite même des exemple comme dans l'Hérault où le préfet a agit avec efficacité contre ce phénomène. Elle affirme donc : 

Cette politique répressive, quand elle est menée avec fermeté et avec l'engagement des préfets, ça fonctionne ! 

 

Rodéo urbain : « C'est un phénomène assez spontané et qui surprend tout le monde » 

Ensuite, Isabelle Florennes a été interrogée sur la hausse vertigineuse des rodéos urbains depuis quelques années, malgré la loi de 2018 qui les qualifie de délits mais qui peine à les caractériser. Elle souligne : 

 Depuis six ans, nous nous sommes aperçus en faisant des bilans que cette loi n'était pas suffisante. 

 

Les rodéos motorisés font également partie du travail de la mission d'information portée par notre sénatrice. Elle rappelle que les conclusions prévoient notamment le renforcement des moyens technologiques avec le drone, la vidéosurveillance algorithmique ou encore d'éliminer les lieux de stockage et de remisage. 

Interrogée par un maire de Loire où un rodéo s'est déroulé sur son territoire, Isabelle Florennes a d'abord tenu à exprimer son soutien : 

Je veux vous exprimer tout le soutien de la représentation sénatoriale pour ce phénomène qui vous a touché de près et dans une ampleur quand même très inattendue, j'imagine, pour vous.  

 

Elle a souligné le pouvoir aussi des préfets qui pouvaient prendre des arrêtés pour interdire. Sur les mortiers d'artifice, Isabelle Florennes annonce que la loi RIPOST propose des mesures pour mettre fin à la vente. Elle souligne : 

Il y a tout un arsenal dans le projet de loi [...] que nous allons appuyer au Sénat dès le mois de mai, en espérant que cela puisse être mis en œuvre le plus rapidement possible.

 

Prix du carburant : « C'est au niveau européen qu'il faut régler ce genre de problème »

Pour finir l'entretien, notre sénatrice des Hauts-de-Seine a réagi sur la hausse des prix du carburant et les mesures prises par le gouvernement. Elle relève : « Non, il n'y a pas d'inaction ! » en évoquant le décret adopté ce week-end pour cibler et maintenir des aides.

Sur les propositions de taxation de Total, notre sénatrice est ferme : 

Pénaliser un géant français qui, par ailleurs, agit aussi pour notre pays ? Moi, je ne vois pas très bien l'intérêt. Je pense qu'on peut réfléchir à une question de contribution exceptionnelle. On a déjà essayé et on a vu que ce n'était pas forcément très efficace.

 

Elle précise être plus convaincue par une action collective de l'Allemagne, de l'Italie, de la France et de l'Espagne, qui se mettraient ensemble pour demander une contribution européenne. Enfin, elle ajoute : 

Moi, je suis une Européenne convaincue. C'est au niveau européen qu'il faut régler ce genre de problème.

 

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