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Marc Fesneau : « Le 1er mai n'est pas un jour comme les autres »

Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates et premier vice-président du MoDem, était l’invité de l’émission Questions politiques diffusée sur France Info et France Inter, en partenariat avec Le Monde.

Free party dans le Cher : « La liberté s’arrête quand on vient nuire aux autres »

Interrogé sur la free party organisée dans le Cher, Marc Fesneau a tenu une ligne d’équilibre : comprendre sans renoncer à l’exigence de responsabilité. Il reconnaît ainsi « le concept » de ces rassemblements, où « des jeunes puissent se réunir avec des musiques qui sont celles de leur époque », mais pointe immédiatement la dérive principale : « la difficulté (…) c’est de ne pas trouver de responsable ».

Donc le sujet n'est pas d'interdire ce type de manifestation, c'est de dire : quel est le responsable ? 

 

Dans un contexte marqué par des dégradations et des risques réels — notamment sur un terrain militaire —, le président du groupe Les Démocrates insiste sur une question simple et restée sans réponse « depuis des années » : « s’il y a de la dégradation, qui paye ? ». Pour lui, la proposition de loi en discussion ne vise pas à interdire, mais à « dire “on a besoin d’avoir des responsables” ».

Face à une société tentée par l’irresponsabilité, il rappelle un principe fondamental : 

La liberté s’arrête quand on vient nuire aux autres. 

 

Prix des carburants : « Un dispositif d'aide ciblé, calibré »

Sur la hausse des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, Marc Fesneau défend l’action du gouvernement contre les critiques d’inaction. Il assume un dispositif « ciblé », estimant qu’« il faut qu’on essaye d’ajuster, mais dans la limite (…) d’argent que nous n’avons pas ». Refusant les mesures généralisées et coûteuses, il rappelle que les aides massives passées ont pesé « entre 6 et 8 milliards d’euros (…) dans la dette ».

Nous n'avons pas la capacité financière à faire une politique tous azimuts de chèques.

 

Le choix est donc celui de la responsabilité budgétaire et de l’efficacité : aider prioritairement « les gros rouleurs », avec une aide concrète — « 50 euros, ça fait (…) l’équivalent de l’augmentation sur 3 ou 4 pleins ». Une approche pragmatique, loin des promesses irréalistes.

Marc Fesneau met également en garde contre les fausses solutions, comme la baisse généralisée des taxes, « aveugle » et « inopérante », qui irait à rebours de la transition écologique en « encourageant le fossile ». Il appelle enfin à une réponse à l’échelle européenne, seule réellement efficace face à une crise énergétique mondiale.

Dans un contexte international incertain, il rappelle que « le seul sujet c’est qu’on arrive à faire baisser les prix du pétrole », soulignant les limites de l’action nationale face à un conflit global. 

 

1er mai : « il reste un jour chômé, férié, payé »

Sur le travail du 1er mai, Marc Fesneau a réaffirmé l’attachement à ce jour « à part », dont le statut n’a pas changé « depuis 1947 ». Symbole des luttes sociales, il « doit rester comme ça », tout en permettant des ajustements pragmatiques pour certaines professions comme les boulangers ou les fleuristes.

Le 1er mai reste un jour chômé, férié, payé, parce que c'est l'histoire de la France et c'est l'histoire aussi des luttes syndicales. 

 

La position défendue est claire : ouvrir des possibilités limitées, « sous réserve (…) d’un accord syndical », sans remettre en cause l’équilibre global. Une manière de sortir des blocages tout en respectant les partenaires sociaux.

Au-delà du cas du 1er mai, Marc Fesneau élargit le débat à la question du travail et du pouvoir d’achat. Il pointe un problème structurel : « est-ce que le travail rémunère ? », dans un contexte où « le différentiel s’est accéléré » entre les revenus et les perspectives de vie. Refusant les débats « totémiques », il appelle à traiter les vrais enjeux : financement du modèle social, niveau des charges et reconnaissance du travail.

 

En filigrane de cet entretien, Marc Fesneau trace une ligne directrice pour les mois à venir. À l’approche de l’élection présidentielle, il appelle à dépasser les postures : 

La question, c'est de trouver autour de la table des gens qui ont une conscience aiguë de la crise devant laquelle nous sommes, qui va venir du fait du contexte international et du fait des propres difficultés françaises. C'est ça qu'il faut mettre autour de la table. Et après viendra la candidature. 

 

Le MoDem entend peser dans ce débat en portant un projet fondé sur la lucidité et le rassemblement.

 

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