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Jean-Noël Barrot : « Toute attaque sur des navires civils, comme sur les infrastructures énergétiques, sont condamnables » 

Invité de la matinale de RTL, notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, Jean-Noël Barrot, s'est exprimé sur la situation internationale : blocage du détroit d'Ormuz, guerre en Ukraine ou encore hantavirus. 

Détroit d’Ormuz : « Nous sommes contraints de payer le prix d'une guerre que nous n'avons pas choisi » 

Interrogé sur la situation dans le détroit d'Ormuz, Jean-Noël Barrot a réaffirmé sa position : 

Ce n'est pas de savoir si d'une minute à l'autre le détroit est ouvert ou fermé, c'est de savoir comment plus jamais à l'avenir nous nous trouvons dans cette situation où nous sommes contraints de payer le prix des guerres que nous n'avons pas choisi. 

 

Jean-Noël Barrot a souligné qu'il était donc important de se concentrer notamment sur le plan d'électrification et sur la manière dont l'Europe peut se défaire de toutes ses dépendances aux hydrocarbures. Il a précisé : 

Ne plus être dépendant du pétrole, ne plus être dépendant du numérique... Bref, ne plus être dépendant de ce qui nous attrait, en quelque sorte, à des conflits, à des catastrophes, à des crises, dont nous ne sommes pas des participants.

 

Pour le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, il est indispensable que le détroit d'Ormuz puisse rouvrir notamment afin que les prix des hydrocarbures baissent. Il a aussi ajouté qu'il n'y aura pas de solution politique durable dans cette région tant que le régime iranien ne fera ni concessions majeures ni changement durable : « c'est en tout cas ce qui est absolument indispensable si on veut une solution durable. » 

 

Mardi, un porte-conteneurs, le « San Antonio » appartenant à l'entreprise française CMA CGM, a été touché dans le détroit d'Ormuz. Suite à cette attaque, Jean-Noël Barrot a réagi :  

Ce que je sais, c'est que les attaques contre ce navire, les autres navires, les infrastructures énergétiques des Émirats arabes unis qui ont été visées par l'Iran sont inacceptables, elles sont condamnables. 

 

Il a souligné que ce bateau n'était pas français car il battait pavillon maltais et il était armé par un équipage philippin : « Mais toute attaque sur des navires civils, comme sur les infrastructures énergétiques, est condamnable. » Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a également ajouté : 

Un détroit c'est un bien commun de l'humanité. Il ne peut être en aucun cas bloqué, ni faire l'objet de péages ou de chantage. 

 

Jean-Noël Barrot a expliqué que la France n'a donc pas été attaquée puisque ce n'était pas un bateau français, et a ajouté qu'il souhaitait se concentrer : 

Ce sur quoi nous pouvons agir efficacement, c'est, dès le calme revenu, un système de déminage et d'escorte international, indépendant, strictement défensif et pacifique, et c'est ce à quoi nous travaillons. 

 

La mission internationale, lancée il y a quelques semaines a déjà réuni une cinquantaine de pays. Pour préparer cette mission, le porte-avions Charles-de-Gaulle a franchi le Canal de Suez pour se rapprocher de la zone. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a ajouté : 

Pour que dès qu'un cessez-le-feu, ou en tout cas, dès que le calme sera revenu, cette mission puisse se déployer au bénéfice pas uniquement de la France, pas uniquement de l'Europe, mais de l'ensemble du monde, qui attend désespérément que le calme revienne pour que les dégâts colossaux provoqués sur l'économie mondiale puissent se résorber.

 

Le Charles-de-Gaulle se rend en direction du détroit, a annoncé le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ajoute : 

Nous l'avons déployé si rapidement au début de la guerre en Iran, en Méditerranée, de manière à ce qu'il puisse, grâce à ses capacités, crédibiliser notre posture défensive pour protéger nos ressortissants. 

 

Jean-Noël Barrot a aussi réagi face à la position de l'Iran qu'il juge « inacceptable » : 

Vous imaginez un monde dans lequel soudainement, tout le monde se mettrait à imposer des droits de douane et des droits de passage dans les détroits, mais toute la circulation des marchandises et des personnes se retrouverait bloquée. 

 

Il a précisé que les sanctions importantes prises par la France à l'égard de l'Iran ne seront pas levées tant que le détroit d'Ormuz sera bloqué.

Enfin, Jean-Noël Barrot a été interrogé sur le nombre de bateaux et de marins français bloqués dans le détroit. Il a précisé que le blocage d'Ormuz crée une situation de crise humanitaire car des équipages sont bloqués depuis de nombreuses semaines et risquent de manquer d'alimentation et d'eau potable. Il a donc souligné : « Heureusement, il y a l'organisation maritime internationale, il y a un certain nombre de moyens de faire parvenir à ces équipages. »  Enfin, notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a précisé : 

Toutes les solutions sont explorées par les opérateurs maritimes. Nous, pour ce qui nous concerne, on s'est concentrés sur la constitution de cette mission internationale prête à sécuriser la navigation et à permettre au trafic de reprendre le plus rapidement possible. 

 

Ukraine : « [Vladimir Poutine] a complètement échoué »

Pour la première fois depuis 3 ans, les Russes ont perdu du terrain en Ukraine. Jean-Noël Barrot, face à la défaite de Vladimir Poutine, a réagi : « Il faut qu'il ouvre les yeux sur son échec, son échec militaire. » Il a aussi souligné : 

Rappelez-vous que c'était maintenant il y a 4 ans, il nous annonçait que Kiev allait tomber en quelques jours. Et 4 ans plus tard, les armées de Vladimir Poutine ne détiennent que la moitié du territoire qu'il avait réussi à conquérir au printemps de l'année 2022. 

 

Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a affirmé que cet échec « est la manifestation d'un échec militaire qui se double d'un échec économique, puisque l'économie russe s'enlise au premier trimestre. » Il a aussi souligné : 

On voit bien la grande fébrilité qui est en train de s'emparer de Vladimir Poutine et du Kremlin d'annoncer un cessez-le-feu pour tenter de préserver les apparences et notamment sa grande parade du jour de la victoire le 9 mai.

 

Hantavirus : « On suit attentivement la situation. »

Pour finir l'interview, Jean-Noël Barrot s'est exprimé sur les cas d'hantavirus détectés à bord d'un bateau de croisière : « Ils se portent bien. Maintenant, on suit attentivement et avec eux la situation. » Il a souligné : 

Nous travaillons en lien avec le ministère de la Santé, bien sûr, mais aussi avec l'Organisation mondiale de la santé pour programmer leur rapatriement.

 

Interrogé sur les futures mesures mises en place, Jean-Noël Barrot a souligné que le ministère de la Santé travaille avec la vingtaine de pays concernés par le virus. Il a affirmé : 

Si nous avons la capacité de nous coordonner avec de nombreux pays du monde pour endiguer un risque épidémique comme celui-ci, c'est notamment parce que la France a porté cette idée que la santé doit être gérée à l'échelle internationale. 

 

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