Jean-Noël Barrot : « La loi du plus fort, la France s’y prépare, mais ne peut s’y résoudre »
Invité du journal de 13h de France 2 ce dimanche 4 janvier, Jean-Noël Barrot a abordé successivement l’incendie dramatique de Crans-Montana, la situation au Venezuela après l’intervention américaine, et les bouleversements de l’ordre mondial, réaffirmant la ligne constante de la France : solidarité, respect du droit international et préparation face à un monde plus brutal.
Crans-Montana : « Une tragédie épouvantable »
Interrogé en ouverture sur l’incendie survenu à Crans-Montana lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a exprimé une émotion personnelle forte :
C'est une tragédie épouvantable qui m'a personnellement bouleversé comme de très nombreux Français. Et je pense aux familles qui sont aujourd'hui plongées dans l'angoisse dans l'attente de nouvelles de leurs proches.
Jean-Noël Barrot a rappelé la mobilisation immédiate de la France, « dès les premières heures » : une assistance a été apportée aux autorités suisses. Dix-sept victimes ont été accueillies dans des hôpitaux français, et la situation de nos ressortissants est très suivie : « 23 sont aujourd’hui soignés dans des services de grands brûlés » et « 8 sont portés disparus ». Les autorités suisses ont confirmé « le décès d’un ressortissant français […] de 39 ans », l’identification se poursuivant.
Un hommage sera rendu vendredi prochain à Crans-Montana, dans le cadre d’une journée de deuil national.
Venezuela : « La méthode employée contrevenait au principe du droit international »
Sur le Venezuela, Jean-Noël Barrot a tenu une ligne claire : il a rappelé que « Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupule qui a confisqué leur liberté aux Vénézuéliens » et « leur a volé les élections », estimant que son départ constituait « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens ».
Pour autant, le Quai d'Orsay a condamné la méthode américaine :
Nous avons rappelé que la méthode employée contrevenait au principe du droit international.
Si « l’usage de la force est permis dans le droit international », comme la France l’a démontré « en frappant […] des terroristes de Daesh », il doit impérativement être « encadré par des règles ». Faute de quoi, a-t-il averti, « le monde est soumis à la loi du plus fort ».
Que le pouvoir revienne aux Vénézuéliens.
La position française vise désormais une « transition pacifique et démocratique », avec en priorité « la libération des prisonniers politiques » et le retour du pouvoir « aux Vénézuéliens ».
International : « La France se prépare pour un monde durci »
Face à la multiplication des violations du droit international, le ministre a dressé un constat lucide : « la France prend acte de ces violations de plus en plus nombreuses des principes du droit international ». Elle continuera néanmoins à les défendre, car « ce sont les seuls qui peuvent garantir la paix et la stabilité à long terme ».
Un monde soumis à la loi du plus fort, la France s'y prépare. C'est la raison pour laquelle l'adoption rapide d'un budget pour le pays et pour les armées est si importante. Mais la France ne peut s'y résoudre et continuera de défendre ses principes.
Dans le même temps, « la France se prépare pour un monde durci, pour un monde brutalisé ». Cela passe par le réarmement militaire, voulu par le Premier ministre et la ministre des Armées, mais aussi par un réarmement économique « pour diminuer les dépendances » et un réarmement moral, afin « d’être prêt à résister à cette brutalité qui s’installe ».
Nous restons les gardiens d'un certain nombre de principes, dont nous avons été les auteurs il y a 80 ans et qui ont permis d'assurer une certaine stabilité dans le monde ; mais en même temps nous nous préparons, en France et en Europe, à nous renforcer pour pouvoir nous défendre contre toute menace dont nous pourrions être la cible.