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Jean-Noël Barrot : « [Epstein et diplomate français] Je suis effaré et indigné »

Invité de RTL ce 11 février, Jean-Noël Barrot a réaffirmé avec force la ligne de responsabilité, de transparence et d’engagement européen portée par la diplomatie française. Face aux polémiques comme aux défis stratégiques, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu l’action et les valeurs qui fondent notre engagement.

Affaire Epstein : « Ça m’effare et ça m’indigne »

Interrogé sur les révélations liées à l’affaire Epstein et à l’apparition du nom d'un diplomate français dans des documents divulgués, Jean-Noël Barrot a d’abord tenu à rappeler la gravité et l'individualité des faits allégués. 

Les faits qui sont allégués sont d'une très grande gravité, mais je vous interdis de laisser entendre que cela éclabousserait les agents du ministère des Affaires étrangères dont je veux saluer le professionnalisme et l'engagement et qui n'ont pas à être mêlés à tout cela. 

 

Notre ministre ne s’est pas dérobé : 

Oui, quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place : saisi le procureur de la République, lancé une enquête administrative pour concourir au travail de la justice, ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant. 

 

Au-delà du cas individuel, Jean-Noël Barrot a insisté sur la portée systémique de ces révélations. « Cette fuite de mails par centaines de milliers et par millions est effarante », a-t-il souligné, évoquant « des soupçons de violences sexuelles à l'encontre de femmes et de jeunes filles, des soupçons de malversations financières et des soupçons également de tentative d'influence et peut-être d'interférence avec la vie politique de pays européens et peut-être même la vie politique française. »

Face à l’émotion légitime, il oppose une méthode : détermination et respect de l’État de droit. « Ce n’est pas de l'inquiétude, c'est de la détermination », affirme-t-il, rappelant que « la place de ces documents c'est dans des tribunaux (…) plutôt que sur les réseaux sociaux ». 

Refusant toute conclusion hâtive, il assume une ligne de responsabilité : « Permettez-moi (…) de m'appuyer sur une enquête administrative et sur le travail de la justice pour en tirer mes propres conclusions. » S’il reconnaît que « cette situation provoque beaucoup d'indignation, elle m'indigne, personnellement », il rappelle que « les faits [doivent être] bien établis, les responsabilités [bien établies] avant qu'on n'en tire les conséquences ». 

J'attends d'avoir de la transparence, 100% de l'information et de l'information, je dirais, sans biais, pour pouvoir tirer toutes les conséquences de cette affaire. 

 

Concernant Jack Lang, qui entretenait de nombreux échanges avec le pédocriminel Jeffrey Epstein, le ministre a estimé que son départ de l'Institut du Monde Arabe était devenu inévitable : 

C'était inévitable parce que l'intégrité de l'Institut du Monde Arabe était en question et que nous ne pouvions l'accepter. 

 

L’IMA, rappelle-t-il, « structure la relation avec un certain nombre de pays arabes » et bénéficie du soutien du ministère. « Nous ne pouvions prendre le risque que cette institution voie sa crédibilité entamée. » Jean-Noël Barrot indique que le conseil d’administration de l'institut est convoqué « mardi prochain, le 17 », pour élire une nouvelle présidence. 

 

Europe : « Redresser la tête et décider de reprendre le contrôle sur notre destin »

Sur le terrain européen, notre ministre a assumé un « désaccord assez radical » avec certaines critiques, rappelant que « la France est crédible » en Europe notamment après les dernières déclarations du Président de la République sur l'endettement commun dans des secteurs stratégiques. Notre pays, souligne Jean-Noël Barrot, a souvent pris des positions initialement minoritaires avant d’être rejoint : 

La France est crédible puisque l'histoire de la France en Europe, c'est souvent d'avoir pris des positions, au début sans être nécessairement suivi par tous les autres, et puis en étant rejoint au fil du temps. C'est ce qui s'est passé en réalité ces dix dernières années. 

 

L’exemple de l’endettement commun est éclairant : « Nous l'avons fait pendant le Covid et nous l'avons fait il y a quatre jours pour apporter un soutien financier à l'Ukraine. » Pour Jean-Noël Barrot, le débat dépasse la technique budgétaire. Il s’agit d’un choix stratégique face aux grandes puissances. 

La Chine, les États-Unis investissent massivement pour se réarmer (…) Vous croyez que s'ils creusent leurs déficits, c'est pour la beauté du geste ? Non ! C'est pour développer (…) le militaire, la transition écologique, la technologie, l'intelligence artificielle, le quantique – pour acquérir une domination.

 

Dès lors, l’Europe doit choisir. Pour notre vice-président, il faut se ressaisir, agir et décider ensemble.

On peut laisser notre tête dans le sable comme des autruches en attendant de devenir une colonie industrielle et numérique des États-Unis ou de la Chine. Ou alors, au contraire, on peut redresser la tête et décider de reprendre le contrôle sur notre destin.

 
 
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