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Philippe Vigier : « L'Europe doit partir en croisade. Pour sa souveraineté, pour sa protection, pour sa défense »

Invité de Radio J ce mardi 27 janvier, notre député Les Démocrates d’Eure-et-Loir et vice-président du MoDem, Philippe Vigier, est revenu sans détour sur le bouleversement de la relation transatlantique, sur le combat contre la soumission chimique porté par sa collègue démocrate Sandrine Josso, et sur la nécessité pour l’Assemblée nationale de sortir de l’impasse budgétaire.

États-Unis : « C'est une situation absolument dramatique »

Pour Philippe Vigier, le constat est grave. « C’est une situation absolument dramatique que l’on vit avec les États-Unis, dont on sait qu’il y avait des liens tellement solides avec eux », rappelle-t-il, évoquant l’histoire commune forgée lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais, selon le député démocrate, « la nature de relation a totalement changé ».

Il dénonce une présidence américaine imprévisible, citant notamment « cette histoire du Groenland totalement ubuesque », tout en rappelant que « au Groenland, il y a des bases américaines » et qu’« il y avait 6 500 militaires, il n’en reste plus que 250 américains à l’heure actuelle ». Une contradiction qui, selon lui, illustre une stratégie brouillée, marquée par les provocations et les menaces commerciales, notamment sur les droits de douane.

Comme [Donald Trump] a très mal vécu le fait de ne pas être prix Nobel de la paix, il imagine maintenant qu'il peut faire tout et n'importe quoi. 

 

Face à ce nouveau contexte, Philippe Vigier plaide pour une ligne claire : « L’exigence absolue, moi qui suis européen, c’est que cette souveraineté en matière de défense, on soit capable de la bâtir. L’OTAN n’est plus le filet protecteur qu’on avait auparavant. » Il salue à ce titre le discours ferme d’Emmanuel Macron face à Donald Trump à Davos : « Il a eu raison et je pense que là, il a trouvé le bon ton. »

Les Européens ne peuvent pas rester en ordre dispersé (...) et l'Europe doit partir en croisade pour sa souveraineté, pour sa protection, pour sa défense. 

 

Pour Philippe Vigier, la souveraineté passe aussi par l’effort budgétaire consenti ces dernières années, comparé aux années Sarkozy ou Hollande : « Là, au moins, il y a eu des décisions fortes qui ont été prises. […] Nous sommes au rendez-vous. »

Dans un monde marqué par les tensions avec la Chine, la guerre en Ukraine et les crises au Moyen-Orient, Philippe Vigier alerte : 

Cette Europe ne sera jamais un espace économique et donc de prospérité pour ses peuples si cette Europe ne sait pas se protéger. C’est la base de la base. Sinon ils se réfugieront dans les communautarismes.

 

Soumission chimique : « Il faut un avant et un après »

Très ému en partageant « une pensée affectueuse » pour sa collègue, Philippe Vigier est revenu sur l’affaire dont le jugement a été rendu hier et qui opposait le sénateur Joël Guerriau et la députée démocrate Sandrine Josso. Le sénateur a été condamné pour l’avoir droguée en vue de commettre une agression sexuelle à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme. 

C’est un jugement très lourd et un jugement qui est indispensable. (...) Il faut qu’il y ait un avant et un après.

 

L'élu confie que Sandrine Josso « se reconstruit avec courage » de ce drame, tout en portant un combat devenu essentiel. Il salue « le beau travail parlementaire » mené dans le cadre de la mission sur la soumission chimique : 

Sandrine Josso porte une voix qui est écoutée. J'ai encore un mémoire un beau travail parlementaire qu'elle a fait [pour] une mission qui lui a été confiée sur la soumission chimique. Exemplaire, le travail qu'elle a réalisé. 

 

 

Assemblée nationale : « Maintenant, on a enfin un budget »

Sur la séquence budgétaire, Philippe Vigier se montre à la fois lucide et responsable. « Il est temps que ça se termine », affirme-t-il, rappelant l’adoption du projet de loi de financement de la sécurité sociale « avec 14 voix d’avance », fruit du travail « des hommes et des femmes qui avaient envie de trouver un budget » en décembre, et de l'adoption du projet de loi de finances récemment.

Là, il était temps d'arrêter cette séquence budgétaire. 

 

Pour le député démocrate, l’enjeu est fondamental, et rappelle un principe souvent oublié lors de projets : « Sur quels crédits si vous n’avez pas de budget ? » Défense, collectivités, entreprises, médias : sans budget voté, « l’État » comme l’économie se retrouvent paralysés.

S’il reconnaît ne pas se retrouver totalement dans le texte du PLF adopté, Philippe Vigier aurait par exemple souhaité une position équilibrée : « J’estime que, par exemple, les plus aisés auraient pu être plus solidaires » et appelle à être « beaucoup plus offensif » sur l’optimisation fiscale. Mais il tranche : « Pour autant, maintenant, on a enfin un budget. »

Dans une Assemblée éclatée, il refuse la surenchère politique : « N’injurions pas les Français, c’est les Français qui ont voulu que l’Assemblée soit éclatée comme elle l’est. » Il dénonce en revanche les stratégies de blocage : 

Les casseurs, ce sont les LFI (...) et le RN, ce sont leurs amis d'un jour, leurs amis de toujours. (...) Sur la fiscalité, ils ont levé ensemble 34 milliards d'euros d'impôts. Eux veulent une seule chose, ils ont une obsession, matin, midi et soir : une présidentielle anticipée.

 

Et de conclure sur l’essentiel : « Il faut que cette France avance », avec « du pain sur la planche » pour « bâtir un projet pour les Français », fidèle à l’esprit de responsabilité et de construction porté par le MoDem.

 

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