Jean-Noël Barrot : « Le peuple iranien a le droit à la liberté, au respect et il a le droit à disposer de son propre avenir »
Invité de l'émission les 4V sur France 2, notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, Jean-Noël Barrot, s'est exprimé sur les dernières actualités internationales : les futures négociations entre les États-Unis et l'Iran, la libération de Tom Félix en Malaisie et l'ouverture du passage de Rafah.
Avant de commencer son entretien, Jean-Noël Barrot s'est exprimé sur la libération de Tom Félix, qui risquait la peine de mort pour trafic de drogue. En effet, il était détenu en Malaisie depuis le 9 août 2023 et l'accusation a renoncé à faire appel. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a exprimé :
Dans ce moment, j’ai une pensée pour ses parents, que j’ai rencontrés à deux reprises l’année dernière, et qui vont enfin pouvoir retrouver leur fils.
Négociations Iran et États-Unis : « C'est une bonne chose. »
Interrogé sur les négociations entre l'Iran et les États-Unis qui débuteront vendredi à Istanbul, Jean-Noël Barrot a rappelé la priorité :
La première des décisions à prendre, c’est de mettre fin à cette répression sanglante, de libérer les prisonniers, de rétablir les communications et de rendre sa liberté au peuple iranien.
Puis, il a souligné que, dans un second temps ces négociations devraient traiter des questions du nucléaire, des missiles et du soutien aux organisations terroristes dans la région. Jean-Noël Barrot rappelle le rôle de l'Europe dans ces négociations :
Nous sommes en relation étroite avec les pays médiateurs entre les États-Unis et l’Iran et nous les soutenons dans cet effort.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'est également exprimé sur les déclarations des homologues iraniens : il a appelé une nouvelle fois que la priorité était de « mettre fin à cette répression, aux violences d'État et aux crimes de masse qui ne peuvent rester impunis. » Sur la position du régime iranien, il précise :
Le régime doit consentir à des concessions majeures, changer radicalement de posture vis-à-vis de son peuple, mais aussi, vis-à-vis des pays de la région et vis-à-vis de nous-même parce que son attitude depuis bien des années soulève des questions de sécurité.
Il a enfin souligné que l'Europe travaille activement, et depuis longtemps, sur la question du nucléaire iranien, de son programme balistique et de ses missiles, ainsi que de son soutien aux groupes terroristes Hezbollah et Hamas : « c’est un sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps sur lequel nous avons avec les États-Unis des échanges très fréquents. » Jean-Noël Barrot rappelle :
Le peuple iranien a le droit à la liberté, au respect, et il a le droit à disposer de son propre avenir.
Sur les négociations, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a précisé que, même si l'Europe n'est pas présente à Istanbul ce vendredi : « d’une manière ou d’une autre, l’Europe participera à ces échanges. » En effet, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont en pointe des négociations depuis déjà dix ans avec l'Iran. Jean-Noël Barrot précise sur la place de l'Europe dans ces négociations :
Si le régime change radicalement de posture et se pose la question de levées d’embargos ou de levées de sanctions : c’est par l’Europe que ça devra passer.
Ouverture du passage de Rafah : « Il faut maintenant que l’aide humanitaire puisse y transiter. »
Depuis hier, le passage de Rafah est de nouveau ouvert aux Palestiniens. La réouverture permet aux malades et aux blessés de quitter la bande de Gaza pour rejoindre l'Égypte afin de recevoir les soins nécessaires. Jean-Noël Barrot a déclaré :
C’est une nouvelle que je salue, puisque nous l’attendions depuis longtemps.
En effet, l'ouverture du passage de Rafah est essentielle pour les personnes blessées qui pourront être soignées en Égypte. Jean-Noël Barrot a cependant qualifié l'ouverture d'« insuffisante » puisqu'actuellement le passage est très contrôlé et les aides humanitaires risquent de ne pas pouvoir entrer dans la Bande de Gaza. Jean-Noël Barrot le précise :
Il faut maintenant que l’aide humanitaire puisse y transiter.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a également annoncé :
Demain, 400 tonnes d’aide alimentaire destinées à 42 000 enfants palestiniens vont arriver à El-Arich en Égypte en provenance de la France.
Ainsi, Jean-Noël Barrot a rappelé l'importance de l'ouverture du passage aux aides humanitaires pour que l'aide de la France puisse rentrer à Gaza et parvenir aux populations. Il s'est aussi exprimé sur le soutien des Européens :
Nous, Européens, nous nous tenons prêts à sécuriser le point de passage. Nous avons sur place une mission des gendarmes qui sont capables d’apporter toute la sécurité nécessaire au transit de l’aide humanitaire.
L'Europe se tient donc prête à prendre en charge les questions de sécurité sur le point de passage de Rafah. Enfin, sur la situation à Gaza, Jean-Noël Barrot a précisé que les contrôles excessifs doivent cesser pour les Nations Unis, les ONG et les associations puissent également œuvrer à Gaza.