Jean-Noël Barrot : « L’Europe s’est donnée les moyens de dissuader l’administration américaine »
Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, était l'invité dans le Face à Face de BFM TV ce vendredi 23 janvier pour échanger sur l'actualité internationale, avec notamment les États-Unis et la guerre en Ukraine.
Flotte fantôme russe : « Une enquête est en cours »
Hier, le président de la République a annoncé qu'un bateau pétrolier sous sanction nationale est soupçonné d'arborer un faux pavillon. Interrogé sur ce sujet, Jean-Noël Barrot a annoncé qu'une enquête était en cours pour déterminer les motivations de ce navire.
Il souligne également que cette opération, soupçonnée d'être menée par la Russie, est similaire à celle déjà opérée il y a quelques mois au large de Madère. La circulation de navires battant sous faux pavillon permet à la Russie de continuer à vendre du pétrole pour financer les efforts de guerre, ce qui ne respecte pas les mesures prises par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Europe. Le ministre des Affaires étrangères et de l'Europe s'est exprimé sur l'enquête en cours, il a précisé :
C’est à l’autorité judiciaire à qui appartient de faire toute la lumière sur cette affaire.
Sommet à Bruxelles : « Les Européens décident ensemble de s'affirmer comme puissance »
Ce jeudi 22 janvier s'est tenu à Bruxelles un sommet européen exceptionnel convoqué dimanche par le président du Conseil européen en réponse à la tentative de coercition de Donald Trump. À l'issue de ce sommet, Jean-Noël Barrot a précisé que les différents chefs d'États et de gouvernement que les messages avaient été adressés avec « beaucoup de calme et de fermeté » au Président américain ont contribué à faire évoluer la position américaine. Ainsi, il souligne :
Il fallait donc se tenir prêt à ce que quelque soit la menace et d'où qu'elle provienne, des messages puissent être adressés avec autant de calme et de fermeté pour produire des résultats utiles.
Jean-Noël Barrot souligne que ce sommet est « un moment exceptionnel » montrant la puissance européenne qui sait défendre ses intérêts :
Quelque que soit l’origine de la menace, l’Europe doit pouvoir défendre ses intérêts et notamment lorsqu’il s’agit de ses intérêts essentiels comme son intégrité territoriale.
Face au journaliste, le ministre de l'Europe des Affaires étrangères précise que l'ensemble des pays européens soutiennent le Danemark et rappelle notamment :
Les pays européens se tiennent prêts à la lumière de cette expérience à réaffirmer avec calme et fermeté leur intention de mobiliser tous leurs instruments - nombreux et puissants - pour y parvenir.
Pour tenir cette ligne de fermeté sur la défense des intérêts européens, Jean-Noël Barrot a affirmé que l'Europe s'est appuyée sur des propositions formulées par le Danemark qui ont été soutenues face aux États-Unis sur la sécurité du Groenland et de l'Arctique. Il précise :
C’était une manière de montrer que les Européens sont prêts à prendre en charge les questions de sécurité, y compris dans l’Arctique et au Groenland.
Enfin, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a expliqué que la sécurité du Groenland dépendait de l'OTAN. Il a d'ailleurs annoncé qu'il se rendra prochainement au Groenland pour apporter son soutien.
États-Unis : « Nous soutenons sans réserve la mise en œuvre du plan de paix »
Interrogé sur le plan de la paix à Gaza initié pae le Président américain, Jean-Noël Barrot a exprimé le soutien de l'Europe à sa mise en œuvre :
Nous saluons les efforts de l’administration américaine pour faire avancer ce plan de paix que le Président Trump a présenté. Plan de paix auquel nous avons ouvert la voie pendant un an.
En effet, Jean-Noël Barrot rappelle que l'Union européenne a ouvert ce chemin pendant un an à ce plan paix avec l'Arabie Saoudite.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a évoqué que l'essentiel de ce plan de paix, c'est que tous les points de passage doivent être ouverts c'est-à-dire que les autorités palestiniennes puissent se réformer pour progressivement pouvoir prendre en charge l’administration de Gaza. Il rappelle la position de la France :
C’est la priorité qui a été celle de la France depuis longtemps, et que nous avons inscrit dans un autre texte des Nations Unies, qui a été adopté à l’immense majorité des pays du monde.
Ukraine : « Nous continuons à soutenir »
Interrogé sur la trilatérale qui va commencer entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis, Jean-Noël Barrot a rappelé le rôle central de l'Union européenne et notamment de la France. En effet, il a précisé qu'il y a deux semaines à Paris, les pays européens, les négociateurs américains et le Président Zelensky se sont retrouvés. À cette occasion, les différentes parties ont finalisé la trilatérale pour que les négociateurs américains puissent se tourner vers Moscou :
L’Europe a été absolument centrale dans les discussions entre les États-Unis et l’Ukraine qui ont permis de bâtir un paquet pour le cessez-le-feu que Vladimir Poutine doit aujourd’hui saisir, sans quoi nous continuerons à accentuer la pression.
Jean-Noël a continué d'apporter son soutien à l'Ukraine, en annonçant que la France fournira l'équivalent de 13 mégawatts d'énergie. Si un accord est convenu vers un cessez-le-feu, il a précisé :
Le moment venu, il nous faudra avoir une discussion avec la Russie sur l’architecture européenne de sécurité.