Connexion
International

Jean-Noël Barrot : « La coalition des volontaires pour l’Ukraine est un grand jour pour la paix »

Invité de la matinale de France Inter ce mercredi 7 janvier, Jean-Noël Barrot a détaillé la ligne diplomatique de la France face aux grands bouleversements géopolitiques actuels. De l’Ukraine au Groenland, jusqu’à la crise vénézuélienne, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu une diplomatie ferme, européenne.

Ukraine : « Un grand jour pour la paix »

Pour Jean-Noël Barrot, la réunion internationale de coalition des volontaires pour l’Ukraine organisée à Paris marque une étape décisive. « Oui, clairement, hier, ça n’était pas une réunion comme les autres. C’était un grand jour pour la paix. Pour la paix, pour l’Ukraine et pour l’Europe », a-t-il affirmé, soulignant le caractère inédit de cette initiative française. Pour la première fois depuis des décennies, une trentaine de pays européens, nord-américains et asiatiques ont mis en commun leurs capacités militaires afin de garantir la paix en Ukraine une fois un accord de cessez-le-feu conclu.

C'est totalement inédit, c'est une initiative française et il y a donc de quoi être fier. Et contrairement à ce qui peut être dit, ça n'est pas un miracle, c'est le fruit de mois et de mois de négociation. 

 

Autre avancée majeure : l’implication claire des États-Unis qui ont « pris leur responsabilité ». À Paris, Washington a accepté de « prendre en charge le suivi et la vérification du cessez-le-feu » et d’apporter son soutien à une force multinationale déployée en arrière de la ligne de front. Cette force, présente « dans les airs, en mer et sur terre », viendra appuyer une armée ukrainienne renforcée, dont l’objectif est de maintenir les effectifs à 800 000 soldats.

Cette force multinationale pour l'Ukraine, en arrière de la ligne de front, dans les airs, en mer et sur terre, va exercer un soutien et donc une présence dissuasive. 

 

Si « la balle est désormais dans le camp de la Russie » pour mettre fin à cette « à cette guerre d'agression qui épuise les ressources du peuple russe », Jean-Noël Barrot souligne aussi l’enjeu stratégique pour l’Europe : cet exercice de planification militaire commune est « un gage pour notre capacité à nous défendre à l’avenir contre toutes les menaces ». 

 

Groenland : « Ni à prendre ni à vendre »

Face aux tensions et déclarations venues des États-Unis concernant le Groenland, territoire danois autonome, notre ministre a tenu une ligne de fermeté sans surenchère. 

Le Groenland n'est pas à vendre, il appartient aux Groenlandais et son avenir se définira dans l'accord entre les autorités du Groenland et du Danemark.

 

Toute hypothèse de recours à la force, évoquée par Donald Trump, serait, selon lui, absurde : « pour un pays de l’OTAN de s’en prendre à un autre pays de l’OTAN, ça n’aurait aucun sens et ça serait absolument contraire aux intérêts des Etats-Unis ». Mais il insiste, « je ne fais pas de politique ou de diplomatie fiction ».

Jean-Noël Barrot appelle à la lucidité : 

Ne soyons pas fascinés, comme des spectateurs impuissants, par le déploiement de forces auxquelles on assiste, et regardons les choses avec sang-froid. 

 

Il rappelle d’ailleurs avoir reçu confirmation du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, que ce scénario n’était « pas l’optique retenue par les États-Unis ».

La France, loin d’être passive, a renforcé sa présence sur place. « Nous n’avons pas attendu les déclarations récentes pour nous préoccuper du Groenland », explique le ministre, évoquant la visite du Président de la République, l’ouverture d’un consulat à Nuuk et une coopération militaire accrue avec le Danemark et les autorités groenlandaises.

Dans un monde marqué par « la loi du plus fort », la ligne française est claire : « Défendre ces grands principes parce qu’ils sont justes, mais en même temps nous renforcer et nous réarmer pour pouvoir nous défendre ». 

 

Venezuela : « La France parle d’une seule voix »

Interrogé sur l'intervention militaire américaine au Venezuela, Jean-Noël Barrot a revendiqué la clarté de la position française. « La France parle d’une seule voix », a-t-il martelé, rappelant que Paris a dénoncé « les crimes de Nicolas Maduro, dictateur sans scrupule, qui a confisqué les libertés à son peuple et qui lui a volé les élections », tout en soulignant que la méthode employée contrevenait au droit international.

La France a eu sans doute le propos le plus tranché. 

Cette fermeté s’accompagne d’un objectif politique précis qui fait partie de la position globale de la France : « nous appelons à une transition démocratique, pacifique, qui respecte la souveraineté du peuple vénézuélien et le choix du peuple vénézuélien ». Une ligne cohérente, assumée, loin des postures. « Le reste, c’est de la littérature et ça n’intéresse personne », tranche-t-il.

Cette voix de la France, elle est une, unique, et elle est cohérente. Le reste, c'est de la littérature et ça n'intéresse personne. 

 

Présidente du G7 depuis le 1er janvier, la France agit aussi sur le plan diplomatique. Jean-Noël Barrot a ainsi réuni ses homologues et interrogé directement Washington qui a confirmé que « l'objectif était bien une transition démocratique ». 

Face aux accusations d’impuissance comme aux appels à la surenchère verbale, le ministre assume une ligne constante : « Notre position, ce n’est ni de nous complaire dans des déclarations impuissantes, ni de jeter les grands principes avec l’eau du bain ». Une diplomatie exigeante, fidèle aux valeurs démocrates et à la voix singulière de la France sur la scène internationale.

Thématiques associées
Filtrer par