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Jean-Noël Barrot : « La France est prête à se protéger, protéger ses ressortissants, protéger ses intérêts dans la région et ses partenaires »

Invité d’Apolline de Malherbe sur BFMTV et RMC ce mardi 3 mars, Jean-Noël Barrot a détaillé la mobilisation totale de la France face à l’escalade au Moyen-Orient et précisé les orientations historiques prises en matière de défense. 

Moyen-Orient : « On ne se dérobera pas »

Revenant sur l’embrasement régional, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a rappelé que « cette guerre qui a été initiée par les frappes d’Israël et des États-Unis, et auquel l’Iran a répondu de manière totalement inconsidérée et indiscriminée » entraîne malgré eux plusieurs pays partenaires de la France.

Face à cette escalade, la ligne est claire : 

La France se tient prête à défendre ses partenaires à leur demande, de manière proportionnée et évidemment conformément au principe de légitime défense collective, qui est un principe du droit international. 

 

Une position de fermeté maîtrisée, conforme à nos engagements internationaux. « Ça veut dire en tout cas que nous avons le droit d’intervenir et que nous nous tenons prêts à le faire », a-t-il précisé, tout en rappelant que la décision appartient au président de la République.

Notre responsabilité de partenaire de confiance de pays concernés, puisque nous avons 400 000 ressortissants dans la douzaine de pays qui sont concernés, c’est de ne pas nous mettre la tête dans le sable et c’est d’apporter des réponses de protection pour ces pays et nos intérêts sur place.

 

Interrogé sur une possible intervention française après qu’un hangar d’une base française aux Émirats arabes unis ait été touché par un drone, Jean-Noël Barrot a souligné que les dégâts étaient « extrêmement limités et uniquement matériels », appelant à ne pas s’emballer : « On ne peut pas avoir la certitude que la France était explicitement ciblée, donc on réagit en prenant le temps de l'analyse. La situation est suffisamment grave pour ne pas s'emballer. » Mais il l’a affirmé sans ambiguïté : 

On ne se dérobera pas.

 

La France dispose de moyens déjà prépositionnés. Aux Émirats, nos Rafale « ont conduit leurs opérations de sécurisation du ciel au-dessus de nos bases ». Et au-delà des capacités militaires, la présence française « a un effet dissuasif », que ce soit en mer Rouge ou en Méditerranée.

La France est prête à se protéger, protéger ses ressortissants, protéger ses intérêts dans la région et ses partenaires. 

 

Surtout, la priorité est la protection de nos ressortissants. « On a 400 000 ressortissants français dans la douzaine des pays qui sont aujourd’hui concernés », a rappelé le ministre. Plus de 25 000 Français de passage sont inscrits sur le fil d'Ariane, que le ministre invite à rejoindre pour être localisés. Des équipes consulaires ont été déployées pour « faciliter le passage des ressortissants français qui souhaitent sortir par voie terrestre » aux frontières d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie, et un dispositif similaire est en place aux Émirats, aux frontières avec Oman et l’Arabie saoudite.

Vis-à-vis de nos ressortissants, les conseils sont très clairs : la plus grande prudence, le respect strict des consignes qui sont données par les autorités locales. 

 

« Nous allons, avec toutes les équipes du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, nous mobiliser jusqu’à ce que chacun d’entre eux soit retourné en France », a-t-il assuré, évoquant la possibilité de vols commerciaux, affrétés, voire d’« avions de la République française » pour les plus vulnérables. La cellule de crise du Quai d’Orsay est joignable au 01 43 17 51 00.

Enfin, fidèle à la tradition diplomatique française, Jean-Noël Barrot a martelé que « la priorité, c’est évidemment la sécurité (…) mais c’est aussi d’aller au plus vite à la désescalade » dans la région. Évoquant le Liban, il a rappelé l’action déterminante de la France pour obtenir un cessez-le-feu à l’automne 2024 et appelé au respect de cet accord, ainsi qu’au désarmement du Hezbollah, « indispensable » pour la stabilité du pays.

 

Défense française : « un trésor national »

Interrogé sur les annonces du président de la République sur le néclaire français, le ministre a qualifié le discours d'« historique », soulignant qu’il « fait franchir une étape à notre dissuasion, qui est un trésor national et qui va rester indépendante et française de bout en bout. »

La doctrine demeure inchangée : 

L’appréciation des intérêts vitaux appartiendra uniquement au président de la République et la décision d’emploi de l’arme nucléaire appartiendra exclusivement au président de la République. 

 

Mais deux évolutions majeures sont actées. D’abord, « nous allons durcir notre dissuasion en relevant notre arsenal ». Ensuite, la France créera « des coopérations nouvelles avec les pays européens dans le cadre de cette dissuasion avancée », permettant exercices conjoints, manœuvres de signalement et déploiements temporaires sur le sol européen.

Au-delà du nucléaire, la France développe des projets communs dans le champ conventionnel : systèmes d’alerte, défense anti-aérienne, capacités de « frappes dans la profondeur ». Une approche lucide, nourrie par les enseignements de la guerre en Ukraine, pour gérer l’escalade « sous le seuil nucléaire ».

Nous développons avec eux des projets de coopération pour tout le volet de notre sécurité qui n'est pas nucléaire. 

 

À travers ces choix, Jean-Noël Barrot réaffirme une ligne constante : une France souveraine, protectrice de ses citoyens, mais résolument européenne. 

Ces projets de coopération, c'est à l'échelle européenne qu'il faut les mener, et c'est aussi une manière pour nos partenaires de contribuer à la défense du territoire national par le développement de ces projets communs. 

 

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