Jean-Noël Barrot : « Cécile Kohler et Jacques Paris seront de retour demain matin »
Sur le plateau de France 2 lors du JT de 20h, notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, Jean-Noël Barrot, a confirmé le retour en France des otages Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis 4 ans.
Léa Salamé : Le ministre des Affaires étrangères est avec nous, Jean-Noël Barrot, bonsoir.
Jean-Noël Barrot : Bonsoir.
Léa Salamé : Merci d'être là ce soir particulièrement alors que l'actualité s'accélère. D'abord, nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, ils ont pu quitter l'Iran ce matin. Comment vont-ils ? Où sont-ils à l'heure où nous parlons ? Et quand vont-ils arriver en France ?
Jean-Noël Barrot : D'abord, permettez-moi d'exprimer mon immense émotion, de les savoir libres après l'enfer qu'ils ont vécu. Et j'ai évidemment une pensée pour leurs proches, avec lesquels je me suis entretenu à l'instant, mais aussi pour tous les agents du ministère des Affaires étrangères qui les ont accompagnés, qui se sont battus sans relâche pour obtenir cette libération.
Puis à titre personnel, c'est pour moi aussi une émotion particulière parce que mon premier entretien, le jour de ma prise de fonction comme ministre des Affaires étrangères, était avec mon homologue iranien pour exiger leur libération. C'est donc un travail collectif de longue haleine qui a porté ses fruits.
Léa Salamé : Et alors ils sont où et ils arrivent quand ? À l'heure où nous parlons et comment vont-ils ?
Jean-Noël Barrot : Ils sont aujourd'hui en Azerbaïdjan puisqu'ils ont franchi la frontière à la mi-journée. Ils seront de retour demain matin, où ils seront accueillis par leur famille et leurs proches, par les équipes du centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Et puis, je n'ai pas de doute que le président de la République souhaitera les recevoir lui aussi.
Léa Salamé : Emmanuel Macron a remercié les autorités omaniennes. Pourquoi ? À quel moment les négociations ont-elles abouti ? Et y a-t-il eu contrepartie, comme on l'a entendu dans le sujet ? On pense à cette femme iranienne que Téhéran réclame. Est-ce que vous avez levé son assignation à résidence ? Elle va pouvoir rentrer ?
Jean-Noël Barrot : Sur le rôle des autorités d'Oman, elles ont permis, sur la dernière ligne droite, de faire passer un certain nombre de messages au sein du système iranien. Sur la temporalité, c'est dimanche soir, dimanche de Pâques, que j'ai reçu un appel de mon homologue, ministre des Affaires étrangères de l'Iran, me confirmant que la décision était prise de leur côté.
Léa Salamé : Sur la contrepartie ?
Jean-Noël Barrot : Vous savez, c'est un travail de longue haleine, je le disais. Ça fait un an et demi que nous travaillons sur le sujet. Nous avons exploré de nombreux scénarios. Et ce sont des discussions qui sont sensibles, qui sont par nature confidentielles et qui doivent le rester.
Léa Salamé : Elle a été levée, son assignation à résidence ou pas ?
Jean-Noël Barrot : L'assignation de qui ?
Léa Salamé : De cette femme iranienne, Mahdieh Esfandiari.
Jean-Noël Barrot : J'ai vu une dépêche AFP qui le confirmait. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'en aucun cas et d'aucune manière, nous n'avons, par exemple, puisque j'ai vu que certains étaient tentés de le reprocher à la France, mêlé le sort de nos otages, qui était une priorité absolue pour nous, avec les choix de politique étrangère de la France. Jamais.
Léa Salamé : Encore un mot sur Christophe Gleizes, journaliste français retenu depuis presque deux ans maintenant en Algérie. Avez-vous des nouvelles ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce soir ?
Jean-Noël Barrot : Il va bien, mais nous exigeons sa libération immédiate. Et nous y parviendrons, parce que nous sommes parvenus ces derniers mois, grâce à la mobilisation du ministère des Affaires étrangères, à obtenir des libérations, des retours du Venezuela, les retours de Malaisie et maintenant des retours d'Iran. Donc nous allons continuer à nous mobiliser pour Christophe Gleizes pour obtenir sa libération.