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Jean-Noël Barrot : «Il ne peut y avoir aucun blocus sur les eaux internationales.  » 

Jean-Noël Barrot - JNB

Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, était au micro de RFI pour faire un point sur l'actualité internationale et notamment sur la situation dans le détroit d'Ormuz qui oppose les États-Unis, Israël et l'Iran. 

Iran : « Il ne peut y avoir aucun blocus sur les eaux internationales »  

Depuis hier, dans le détroit d'Ormuz, les États-Unis bloquent les ports d'Iran et menacent de détruire tous les navires d'attaques rapides iraniens qui forceraient le blocus. Face à cette situation, Jean-Noël réaffirme la position de la France. 

La circulation des navires dans les eaux internationales est un bien commun de l’humanité qui doit être respecté partout et en toutes circonstances.

 

Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'est exprimé sur ses inquiétudes sur ce blocage : 

Ce que je crains bien-sûr c'est que le blocage de ce détroit continu de produire les conséquences très négatives sur l'économie mondiale, mais aussi sur notre pouvoir d'achat, sur la vie de nos entreprises ce que nous voulons évidemment éviter. 

 

Pour éviter que les conséquences deviennent encore plus importantes, Jean-Noël souligne que plusieurs actions vont être mise en place pour apporter des réponses notamment sur le plan diplomatique en exhortant les partis au conflit à libérer la circulation des navires dans le détroit ; et sur le plan opérationnel en associant un grand nombre de pays à la préparation d'une mission internationale pacifique pour faciliter le passage des navires. Il réaffirme également : 

Il ne peut y avoir aucun blocus sur les eaux internationales. 

Jean-Noël Barrot assure que ni la France ni l'Europe ne doivent laisser l'économie mondiale en otage dans un conflit auquel nous ne sommes pas engagé, c'est pour cela que « nous n’avons pas à en payer les conséquences » notamment économiques.

 

Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a annoncé qu'une conférence se tiendra dans quelques jours avec le Royaume-Uni et les pays prêts à contribuer à une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz : 

Ce sont déjà plusieurs dizaines de pays qui ont participé à des travaux préparatoires menés notamment par les chefs d’Etat-major pour définir ce que serait le cadre d’une mission en s’inspirant d’exemples précédents.  

 

Jean-Noël Barrot rappelle que cette mission ne vise pas à participer d'aucune manière au conflit, mais plutôt à se coordonner notamment avec les pays riverains : 

Je ne crois pas que les États-Unis aient vocation à stationner dans le détroit. 

 

Jean-Noël Barrot rappelle que nous soutenons les négociations entre les États-Unis et l'Iran, seulement « si elles permettent de faire émerger cette solution politique qui suppose de la part du régime iranien de faire des concessions.  » Il souligne d'ailleurs : 

La France constate que seul un changement radical de posture de ce régime, des concessions majeures, sont susceptibles d’apporter la paix et la stabilité pour l’Iran et pour la région. 

 

Alors que l'expiration du cessez-le-feu actuellement en vigueur doit advenir le 22 avril prochain, Jean-Noël Barrot a rappelé les menaces que fait peser le régime iranien sur la région avec son programme nucléaire et de missiles, son soutien à des groupes qui ont déstabilisé les pays voisins. Il espère par la suite que le peuple iranien puisse construire librement son propre avenir. 

 

Hongrie : « Vladimir Poutine perd son cheval de Troie dans l'Union européenne »

Jean-Noël Barrot s'est aussi exprimé sur les résultats des élections hongroises : 

C'est une défaite pour Viktor Orban, c'est une défaite aussi pour un certain nombre de ses soutiens de l'international réactionnaire, au premier rang duquel Vladimir Poutine, qui perd son cheval de Troie dans l'Union européenne. 

 

Jean-Noël Barrot a rappelé les tentatives de peser dans ce scrutin qui se sont donc avérées être un échec : 

Je crois que le peuple hongrois a donné une leçon magistrale à tous ceux qui voulaient écrire son histoire, son destin à sa place. 

 

Notre ministre a rappelé que la politique menée par Viktor Orban avait démantelé l'État de droit et constituait une entrave pour le soutien de l'Europe à l'Ukraine. Il souhaite désormais que la Hongrie retrouve sa place dans « le concert des nations européennes. » 

 

Soudan : « La France ne doit pas se laisser gagner par l'indifférence »

En fin d'entretien, Jean-Noël Barrot s'est exprimé sur la situation au Soudan qui entre dans sa quatrième année de guerre. Il rappelle la position de la France : 

Nous devons toujours cultiver notre capacité d'indignation face à des situations qui sont totalement inacceptable : 13 millions de personnes déplacées, 34 millions de personnes en besoin d'aide humanitaire. 

 

Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères précise d'ailleurs que la France a toujours été impliquée dans la volonté de résoudre le conflit notamment en organisant la première conférence à Paris, un an après le début de la guerre. Jean-Noël Barrot assistera demain à la troisième édition, « trois éditions de trop. »

Jean-Noël Barrot a précisé la nécessité de ses conférences : 

Elles servent à lever les financements nécessaires pour soutenir les actions des ONG et des agences des Nations Unies. Puis ensuite de porter un certain nombre de message politique appelant les belligérants à déposer les armes et à s'engager dans une trêve, indispensable pour proposer une solution politique. 

 

Enfin, Jean-Noël Barrot a également annoncé qu’il recevra au Quai d’Orsay des représentants de la société civile soudanaise, appelés à porter une solution politique et à œuvrer à la construction d’un avenir pacifique et démocratique.

 

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