Delphine Lingemann : « Oui, l'autonomie universitaire est essentielle, mais non, elle ne peut devenir un alibi à l'inaction »
Aux questions au gouvernement de ce mardi 17 février, notre députée du Puy-de-Dôme, Delphine Lingemann, a interrogé le ministre de l'Enseignement supérieur sur la place du débat politique et de la liberté d’expression dans les universités.
Merci Madame la Présidente.
Ma question s'adresse à Monsieur le ministre de l'Enseignement supérieur.
Il y a cinq jours, un jeune homme de 23 ans, Quentin, a perdu la vie en marge d'une conférence organisée à Sciences Po. Ce drame nous oblige.
Au-delà de l'émotion, il révèle une réalité plus profonde. La fragilisation progressive de l'État de droit dans certains espaces universitaires. Les faits sont là, répétés, tous convergents. À Lyon 2, un cours interrompu. À Rennes 2, des dégradations. À Nantes, un campus évacué. À Paris 1, l'intervention des forces de l'ordre.
Ce qui est en cause, monsieur le ministre, ce n'est pas une série d'incidents pourtant nombreux. C'est un basculement. Celui de certaines universités qui, de lieux de savoir et de confrontations intellectuelles, deviennent des espaces de conflictualité politique, où le débat cède à l'invective et trop souvent à l'intimidation. Il s'y déploie un entrisme, véritable stratégie assumée d'occupation des lieux de savoir par des acteurs politiques extrémistes qui ne cherchent plus à convaincre mais à imposer leur doctrine.
Or, une démocratie tient par un équilibre simple : la liberté de débat et la garantie de l'ordre public. Quand cet équilibre se rompt, c'est l'État de droit qui vacille. Oui, l'autonomie universitaire est essentielle, mais non, elle ne peut devenir un alibi à l'inaction. La liberté ne saurait couvrir des logiques de radicalisation par les extrêmes de gauche comme de droite.
Monsieur le ministre, face à cette dérive dangereuse et structurelle, à cet entrisme rampant, quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour réaffirmer l'autorité de l'État de droit dans nos universités, empêcher que ces lieux ne deviennent des laboratoires d'idéologie extrémiste ? Concrètement, monsieur le ministre, au-delà des principes, êtes-vous prêt à sanctionner ceux qui, par passivité ou complaisance, laissent prospérer ses dérives ?