Didier Padey : « Après 30 ans de promesses, les territoires attendent des actes [sur le Lyon-Turin] »
Aux questions au gouvernement de ce mercredi 11 février, notre député de Savoie, Didier Padey, a interpelé le ministre des Transports sur le Lyon-Turin.
Ma question à laquelle j'associe mes collègues savoyards Émilie Bonnivard et Vincent Rolland s'adresse à monsieur le ministre des Transports.
Monsieur le ministre, vous avez récemment réaffirmé votre soutien au Lyon-Turin et l'importance des accès nouveaux de part et d'autre du tunnel. Ce projet stratégique doit permettre un report modal massif jusqu'à 50% des camions en moins sur nos routes.
Sans ces accès, le projet est fortement menacé. Les lignes historiques ne peuvent pas suffire. La ligne Dijon-Modane, souvent présentée comme une solution temporaire, ne pourra pas dépasser 7 à 8 millions de tonnes par an, contre 28 millions de tonnes espérées avec le tunnel et les nouveaux accès.
C'est un constat partagé par tous les acteurs français comme italiens. Saturer cette ligne pénaliserait les trains du quotidien, des gens en tension, et aggraverait les nuisances pour les riverains. Ensuite, ça ferait exploser les coûts et les risques sociaux. Pour faire cohabiter frais des trains locaux, il faudrait investir 250 millions d'euros, rien que pour une troisième voie entre Aix-les-Bains et Vouglans, sans garantie de résultat. Pire ! Les populations locales déjà mobilisées rejetteraient un projet qui multiplierait par deux le nombre de trains, dont les trains de fret la nuit en pleine zone urbaine, près du lac du Bourget, classé réserve de biosphère par l'UNESCO.
L'Europe a classé Lyon-Turin comme une priorité absolue, avec un acte d'exécution déjà approuvé. Ce projet solde segments est-ouest du corridor méditerranéen, qui permettent les interconnexions avec toute l'Europe, bénéficie désormais d'un groupe de travail tripartite, CIG, Banque Européenne d'Investissement, CINEA pour accélérer les études et les financements. Ne pas tenir nos engagements affaiblirait notre crédibilité et priverait le projet de 50% de subventions européennes. Pour la Savoie et ses habitants, c'est aussi une question de confiance. Après 30 ans de promesses, les territoires attendent des actes.
Alors, Monsieur le ministre, quelles mesures envisagez-vous pour accélérer la création de nouveaux accès afin d'éviter la saturation des lignes existantes et pour garantir l'investissement nécessaire au projet, afin de respecter nos engagements auprès de nos voisins italiens, et ne pas compromettre définitivement ce projet ?