Jean-Noël Barrot : « Vladimir Poutine cible ce qui fait notre force : l’Europe »
Invité du 20h de France 2 mardi 15 septembre, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, est revenu sur les tensions avec la Russie, la situation au Moyen-Orient et les enjeux de la prochaine élection présidentielle.
Russie : « Il ne faut pas se laisser intimider »
Face aux récentes incursions de drones dans plusieurs pays européens, Jean-Noël Barrot a voulu rappeler une ligne claire : prendre la menace au sérieux sans céder à l’intimidation. « Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie », a-t-il rappelé, tout en dénonçant des « actes irresponsables qui portent une atteinte grave à la souveraineté des pays européens ».
Pour notre ministre, cette montée des tensions s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs années, et qui vise désormais directement l'Europe.
La Russie a redoublé d'agressivité depuis 5 ans et le début de sa guerre d'agression en Ukraine.
Notre vice-président voit dans ces actions le signe d’une « grande fébrilité de Vladimir Poutine qui échoue à faire plier la résistance ukrainienne ».
Jean-Noël Barrot a également insisté sur la capacité de réaction des Européens et de l’OTAN:
Chaque fois qu'une incursion a été observée d'un drone ou d'un vecteur, comme on dit dans le jargon militaire, les moyens de l'OTAN se sont immédiatement mis en mouvement pour lui faire échec.
Mais au-delà de la réponse militaire, c’est l’unité européenne que le ministre place au centre. Selon lui, les actions russes cherchent notamment à « nous affaiblir » et à « nous diviser ». Or, face au soutien maintenu à l’Ukraine, il affirme :
Le pari de Vladimir Poutine, qui est d'obtenir le délitement de l'Union européenne, est un échec puisque nous faisons preuve d'une unité et d'une détermination à continuer à soutenir la résistance ukrainienne.
Moyen-Orient : « Nous sommes l'un des rares pays à parler aux deux côtés »
Sur la situation au Moyen-Orient, Jean-Noël Barrot a rappelé le rôle que la France entend jouer pour favoriser la désescalade et permettre la reprise de la circulation maritime. Alors que des négociations sont engagées entre les États-Unis et l’Iran, il indique :
Nous sommes l'un des rares pays à parler aux deux côtés et nous les pressons pour qu'ils parviennent à un accord et que le détroit d'Ormuz puisse être libéré.
La France prépare parallèlement une réponse internationale pour sécuriser la navigation. « Nous avons constitué une mission internationale avec des moyens militaires de plusieurs dizaines de pays qui sont prêts à agir », a expliqué le ministre, tout en condamnant « avec la plus grande fermeté » les attaques récentes des Houthis en mer Rouge.
La France agit déjà dans cette zone dans le cadre de la mission européenne Aspides, qui sécurise depuis deux ans la circulation des navires. Jean-Noël Barrot a souligné les résultats de cet engagement :
De tous les navires qui ont été escortés par nos moyens militaires, aucun n'a subi de perte ou n'a été, je dirais, ciblé ou en tout cas touché par des drones ou des missiles lancés par les Houthis.
Cette présence française s’accompagne d’une mobilisation diplomatique, avec notamment la convocation d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies et des échanges avec les homologues de la région.
Présidentielle : « On s'engagera pleinement dans cette campagne »
Interrogé sur la prochaine élection présidentielle, Jean-Noël Barrot a confirmé la volonté du MoDem de prendre toute sa part dans les échéances à venir :
François Bayrou et le MoDem, auquel j'appartiens, nous nous exprimerons dans le cadre de cette campagne. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas candidat qu'on doit garder sa langue dans sa poche.
Une implication qui, pour le ministre, ne dépend pas de la présence ou non d’une candidature démocrate. « On s'engagera pleinement dans cette campagne », a-t-il affirmé.
À quelques jours de l’Université de rentrée du MoDem, Jean-Noël Barrot a enfin replacé cette échéance dans une séquence démocratique plus large. « L'élection présidentielle qui vient sera essentielle », a-t-il déclaré, avant de rappeler que le futur Parlement constituera lui aussi « un choix essentiel qu'il appartiendra aux Français de faire ». L’Université de rentrée sera ainsi l’occasion pour les démocrates d’échanger sur la présidentielle à venir, mais aussi sur les échéances législatives et l’avenir du Parlement.