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Jean-Noël Barrot : « La France se prépare à parer et à riposter à toute agression dont elle serait la cible »

Notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères assure au micro de France Inter que la France est prête à faire face aux tentatives d'ingérence étrangère, qui pourraient notamment venir de la Russie. Il condamne le retour de Xenia Fedorova dans les médias Bolloré malgré son expulsion de France.

Europe et Russie : « Chaque fois qu’un pays européen est attaqué, c’est au fond l’Union Européenne qui est attaquée »

Face aux nouvelles actions attribuées à la Russie, Jean-Noël Barrot a rappelé que celles-ci s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à fragiliser les démocraties européennes. « On est dans la continuité de ce que Vladimir Poutine a fait depuis le début de cette guerre d’agression », a-t-il expliqué, évoquant aussi bien les campagnes d’information et les cyberattaques que des actes de sabotage. 

Ces agressions russes ont pour objectif de nous diviser entre Européens, d'affaiblir en Europe le soutien à l'Ukraine pour pouvoir continuer à mener ce projet impérialiste et colonial. 

 

Une stratégie qui, jusqu’à présent, produit paradoxalement l’effet inverse : 

Depuis le début de cette guerre d’agression, l’unité des Européens s’est renforcée et le soutien à l’Ukraine également. 

 

Après l’attaque de l’aéroport de Leipzig, attribuée par l’Allemagne à la Russie, la réaction européenne a une nouvelle fois été « très ferme et unanime ».

Pour Jean-Noël Barrot, la réponse doit être collective. « Chaque fois qu’un pays européen, qu’un pays de l’Union Européenne est ainsi attaqué, c’est au fond l’Union Européenne qui est attaquée », a-t-il insisté. La France contribue notamment à la sécurité du flanc oriental de l’Europe, avec des soldats déployés en Estonie et en Roumanie, et participe à la neutralisation de drones entrés sur le territoire de l’OTAN.

La France doit également renforcer sa capacité à se prémunir contre les nouvelles formes de conflictualité. Lois contre les ingérences étrangères et les cyberattaques, équipes spécialisées, détection des menaces : « Sur ces sujets, la France est en avance », estime le ministre, tout en rappelant que « la menace évolue » en permanence.

Cette vigilance vaut aussi pour les tentatives d’influence dans le débat public. Interrogé sur Xenia Fedorova, Jean-Noël Barrot a réaffirmé qu’il ne la considère pas comme une journaliste, mais comme « une agente d’ingérence au service de la Russie », expulsée de France après l’avoir été d’Allemagne et sanctionnée par l’Union européenne. Il s’est dit « assez affligé » de voir certains médias lui ouvrir leurs studios et leurs colonnes, appelant chacun à « être mis face à ses responsabilités ».

 

Moyen-Orient : « C’est nous qui en payons le prix »

Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de peser sur la stabilité internationale, la France se tient prête à contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Jean-Noël Barrot a rappelé que Paris et Londres préparent depuis plusieurs mois une mission internationale, avec plusieurs dizaines de pays, « de manière indépendante des parties au conflit, dans une posture strictement défensive ».

L’objectif est clair : permettre, lorsque les conditions le permettront, la reprise du trafic dans ce détroit stratégique pour le commerce mondial. Car au-delà des enjeux géopolitiques, le conflit a des conséquences très concrètes pour les Français. 

Cette guerre que nous n’avons pas soutenue, que nous n’avons pas choisie, aujourd’hui, c’est nous qui en payons le prix : le prix à la pompe, le prix sur notre économie, le prix sur nos recettes fiscales, et donc sur les contraintes qui s'exercent sur le budget, le prix sur le pouvoir d'achat des Français… 

 

Mais pour le ministre, la réponse ne peut pas se limiter à gérer les conséquences des crises. La France et ses partenaires européens travaillent ainsi à identifier des « routes commerciales alternatives », afin de réduire notre dépendance à des détroits stratégiques susceptibles d’être bloqués. Une démarche qui rejoint un enjeu essentiel pour l’Europe : renforcer sa capacité à décider et à agir par elle-même dans un monde de plus en plus instable.

 

2027 : « Ne croyons pas que cette élection est jouée d’avance »

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Jean-Noël Barrot a apporté son soutien à l’appel de François Bayrou à un grand rassemblement : 

Je crois que François Bayrou a tout à fait raison d'appeler à un grand rassemblement, tant le risque est grand de voir les deux extrêmes confisquer le deuxième tour de l'élection présidentielle. 

 

Mais avant le rassemblement, le ministre estime indispensable de faire vivre le débat démocratique et de confronter les visions pour le pays. François Bayrou a ainsi « ouvert grand le champ en disant que chacun vienne, s’exprime, propose », a-t-il rappelé, évoquant la possibilité d’un mode de sélection à l’issue de cette démarche.

Lui-même entend prendre toute sa part dans ce débat, sans préjuger de sa candidature. « Je suis aussi un citoyen, un père de deux enfants et un militant politique », a-t-il rappelé. Et surtout : 

C’est pas parce qu’on n’est pas candidat qu’on doit garder sa langue dans sa poche. 

 

Une conviction qu’il veut élargir à tous : « Ne croyons pas que cette élection est jouée d’avance. Chacun peut y prendre sa part. Et c’est à nous, en quelque sorte, d’en dessiner le résultat. »

 

Enfin, Jean-Noël Barrot a évoqué la situation des Français retenus en otage à l’étranger. Après la libération des Français détenus au Togo, il a salué « la mobilisation de nos agents sur place, de nos agents au Quai d’Orsay », ainsi que l’action menée « à tous les niveaux, du terrain jusqu’au Président de la République ».

Concernant Christophe Gleizes, toujours détenu en Algérie, le ministre a assuré être en lien constant avec ses proches et s’est voulu confiant : « Je sais que nous parviendrons à obtenir sa libération. » 

 

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