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Marc Fesneau : « C'est la combinaison de la vaccination et de l'abattage qui nous permettra d’éradiquer cette maladie »

Invité des 4 Vérités sur France 2, Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l’Assemblée nationale et premier vice-président du MoDem, a défendu une ligne de responsabilité face aux crises agricole, européenne et budgétaire, en appelant à la pédagogie, à la constance et à l’esprit de compromis.

Dermatose nodulaire : « La combinaison de la vaccination et de l'abattage nous permettra d’éradiquer cette maladie »

Ancien ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau est revenu sur la gestion de la dermatose nodulaire bovine, alors que la colère et l’incompréhension gagnent une partie du monde agricole. Face à une maladie « qui peut tuer 5 à 10 % des animaux », il assume une position difficile mais constante : « la vaccination est un élément, mais l’abattage malheureusement parfois s’impose ».

Rappelant l’ampleur du risque sanitaire, le président du groupe Les Démocrates souligne que ces décisions sont avant tout des drames humains. 

L’abattage, ce n’est pas une question d’indemnisation principalement, c’est une question de drames humains qui sont vécus à chaque fois.

 

Face à la détresse des éleveurs, Marc Fesneau insiste sur la nécessité d’expliquer et de convaincre, sans jamais nier la souffrance : « avec cette mesure qui est sacrificielle pour ces éleveurs-là, en fait on protège l’ensemble des autres éleveurs qui sont autour de soi » - car la propagation se fait par moucherons et moustiques, c'est-à-dire une « maladie vectorielle ». Il appelle à un changement de méthode dans la relation entre science, décision publique et citoyens : 

On a besoin d’expliquer, d’expliquer, d’expliquer, et de ne pas penser que nous viendrions imposer la science ou imposer la décision, mais il faut essayer de la faire partager.

 

Mercosur : « C'est la position française qui a permis d'éviter que ce soit signé »

Alors que la perspective d’une signature de l’accord Mercosur ravive les inquiétudes agricoles, notre premier vice-président rappelle la constance de la position française. Contrairement aux procès en passivité, il affirme que :

Si le président de la République n’avait pas pesé de tout son poids depuis des années, le Mercosur serait signé non pas depuis samedi, il serait signé depuis trois ans.

 

Pour notre élu démocrate, l’enjeu est d’abord européen. « La décision, c’est une décision à 27 », insiste-t-il, soulignant que « le sujet, ce n’est pas d’avoir raison tout seul, c’est d’avoir raison avec d’autres ». Marc Fesneau assume une ligne de fermeté sur le fond : « il y a des choses qui ne sont pas acceptables dans cet accord », notamment en l’absence de « clauses de sauvegarde ». À ce stade, précise-t-il, plusieurs États rejoignent cette position : « un certain nombre d’autres pays que la France sont en train de peser pour dire qu'en l’état, ça n’est pas signable. »

Je ne suis pas pronostiqueur, en tout cas je sais que la France pèse de tout son poids [contre le report de la signature de l'accord]. 

 

Budget : « Il est orphelin de père et de mère »

Sur le terrain budgétaire, Marc Fesneau a défendu une ligne de clarté et de responsabilité parlementaire. Concernant le PLFSS, il met en garde : « ce n’est pas terminé », le vote définitif ayant lieu aujourd'hui à l'Assemblée nationale, évoquant « les pressions qui sont faites […] sur le côté gauche par LFI ».

Et il faut d'abord assurer ce vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale - ça, c'est cet après-midi. Deuxième élément, projet de loi de finance. 

 

Sur le projet de loi de finances, le constat est plus politique encore. « Le budget, il est orphelin de père et de mère », observe-t-il, regrettant que « personne ne veut l’assumer ». Pour sortir de l’impasse, il fixe des repères clairs pour Les Démocrates : « moins de 5 % de déficit pour nous », et un effort partagé, car « croire que c’est la facilité qui nous fera sortir du gouffre, ce serait une erreur. »

L'idée c'est qu'on essaie de trouver par le même chemin et le même processus [que pour le PLFSS] une voie de compromis, il faut qu'on trouve une balance. 

 

Refusant à la fois la fuite en avant des dépenses et l’illusion de recettes infinies, Marc Fesneau tranche : « on ne peut pas dire dépenses, dépenses, dépenses et on va chercher des recettes en permanence dans la poche des Français. » Dans ce contexte, il n’exclut pas le recours au 49-3, non comme une brutalité politique mais comme un outil de compromis : « ce n’est pas un 49-3 contre les uns ou contre les autres », mais un moyen de dépasser des « lignes rouges » figées.

Je pense que ce que les Français veulent, c'est un budget- et pas n'importe quel budget : ce n’est pas de la dépense et de la recette n'importe comment. Et au fond, ce qu'ils nous disent, c'est « entendez-vous ! ».

 

Face aux appels à la dissolution, il oppose un calendrier intenable - « on n'a pas de budget jusqu'au mois de mars, avril, en plein milieu des municipales ? » - et une exigence de stabilité : « la solution, elle est dans les mains des parlementaires. » 

 

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