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Sandrine Josso : « J'allais voir un ami, j'ai découvert un agresseur »

Invitée de la matinale de RTL ce lundi 26 janvier, jour de l’ouverture du procès de Joël Guerriau, notre députée de Loire-Atlantique, Sandrine Josso, est revenue sur l’agression qu’elle dénonce, sur ses conséquences personnelles et sur son combat politique contre la soumission chimique et les violences sexuelles.

À l’heure de l’ouverture du procès de Joël Guerriau, Sandrine Josso confie un profond bouleversement intérieur. « J’ai beaucoup d’appréhension », explique-t-elle, décrivant un état de tension extrême à l’idée de se rendre au tribunal. 

J’y vais avec la boule au ventre car j’ai toujours peur de lui, je vais devoir me replonger dans cette soirée de cauchemar où j'étais allée voir un ami et au fur et à mesure de la soirée, j'ai découvert un agresseur.

 

Elle revient avec précision sur les faits et sur les premiers éléments qui l’ont alertée. « Quand je suis arrivée, j'étais toute seule et il n'était pas dans sa tenue habituelle », raconte-t-elle. Son comportement lui semble vite inhabituel : « Il était comme un peu monté sur ressorts », allant « sans arrêt jouer avec le variateur de lumière » après lui avoir servi une première coupe de champagne. 

Il allait sans arrêt jouer avec le variateur de lumière, après m'avoir servi une première coupe de champagne. En la buvant, il m'invitait à retrinquer une fois, deux fois, trois fois. C'était un peu lourdingue.

 

La députée évoque également un détail troublant : « J’ai trouvé que le champagne avait un goût particulier », sans pour autant s’en inquiéter immédiatement. Ce qui la marque davantage, c’est la pression exercée sur elle : « Il me disait : “Mais tu ne bois rien” », une insistance « vraiment très agaçante ». Le doute devient certitude lorsqu’elle passe brièvement dans la cuisine : 

J'ai passé une tête pour regarder ce qu'il faisait dans la cuisine et je l'ai vu tenir ma coupe de champagne, avec un sachet à côté. 

 

À ce moment-là, son état physique se dégrade rapidement : « J'avais déjà depuis de nombreuses minutes des palpitations extrêmes, des nausées, j'étais dans un malaise ». Elle ajoute : « En plus, il me regardait de la tête aux pieds… Tout cela additionné, je me suis dit : “Il y a un problème” ».

Au micro de RTL, Sandrine Josso souligne combien cette affaire a bouleversé durablement sa vie. « Comme toutes les victimes, je suis dans un stress post-traumatique », explique-t-elle, évoquant des conséquences lourdes sur sa santé mentale et physique. « Mon meilleur ami, c'est quand même le psy », confie-t-elle, donnant des exemples très concrets : une hernie discale liée aux tensions permanentes, des soins dentaires dus à une crispation constante. À l’approche du procès, l’angoisse est bien là : « Je dors très peu à l’idée de devoir me reconfronter à ce que j’ai vécu et à mon agresseur ».

 

Au-delà de son cas personnel, Sandrine Josso inscrit son témoignage dans un combat politique plus large. Elle rappelle avoir mené « une mission gouvernementale sur la soumission chimique » pour laquelle elle a produit un rapport comportant de nombreuses recommandations. Forte de cette expérience, elle dénonce les stratégies de défense qu’elle a observées dans plusieurs procès : 

C'est toujours la défense des agresseurs : ils se victimisent, ne savent plus… En fait, c'est un tissu de mensonge qui sort de leur bouche.

 

La députée insiste sur les spécificités de ce mode opératoire, soulignant que « la soumission chimique, c’est vraiment toutes ces substances […] qui disparaissent très rapidement », imposant un véritable « contre-la-montre » pour les victimes. C’est pourquoi elle a défendu un amendement visant à permettre « un prélèvement de sang, d'urine et de cheveux, sans déposer plainte », afin de ne pas conditionner la preuve à une démarche judiciaire immédiate. Cette mesure s’inscrit dans une approche globale de prévention, incluant « une campagne de sensibilisation » pour que chacun ait « les bons réflexes ».

C’est devenu mon combat pour toutes les victimes, il y en a des milliers dans notre pays, il faut savoir qu’une victime sur deux ne se rappelle de rien. Il faut vraiment qu’on prenne en compte ce fléau.

 

Sandrine Josso plaide pour « une vraie politique d'État contre les violences sexuelles », estimant que « la soumission chimique, c'est le premier mode opératoire des prédateurs ». Face à « l’addition de procès, des signalements » et aux études récentes, elle considère que « cela prouve bien qu’il faut réagir ». 

Il y a urgence à agir, les victimes aujourd’hui elles sont marginalisées, elles sont désocialisées, il n’y a que 10 € par victime et il n’y a que 1 % des victimes qui sont accompagnées. Ce n’est plus possible !

 

Malgré l’épreuve, notre députée affirme enfin sa confiance dans l’État de droit : 

Je laisse la juridiction faire son travail et j’ai toute confiance en la juridiction.

 

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