Jean-Noël Barrot : « Élections en Israël : la position de la France sera inchangée »
Ce mercredi 28 octobre sur France 2, notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, Jean-Noël Barrot, a défendu une diplomatie guidée par la constance de ses principes et la fermeté face aux tentatives de déstabilisation tandis que nous attendons encore les résultats du scrutin israélien et que les campagnes de désinformation qui ciblent la France se multiplient.
Israël : « Je n’ai ni inquiétude ni espoir, j’ai de la détermination »
Notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem a réaffirmé la position française au lendemain des élections en Israël. Alors que 50 % des bulletins avaient été dépouillés au moment de l'entretien, il a appelé à attendre les résultats définitifs et la désignation de la personnalité chargée de former un gouvernement. Dans un système politique où les coalitions sont déterminantes, il estime notamment que deux éléments du scrutin méritent l’attention : un taux de participation « record » et les scores « historiques » des partis arabes, qui montrent que :
Le peuple israélien avait quelque chose à dire.
Justement, les partis arabes pourraient peser sur les orientations du futur gouvernement, a-t-il souligné, rappelant qu’en Israël, les citoyens arabes représentent 20 % de la population. Mais, quelle que soit l’issue des tractations politiques, la ligne française demeure inchangée :
Notre cap ne variera pas.
Jean-Noël Barrot a réaffirmé la nécessité de garantir la sécurité d’Israël tout en défendant la perspective de « deux États vivant côte à côte », « reconnus et respectés dans leurs droits, en paix et en sécurité ».
Face aux incertitudes régionales, le ministre revendique ainsi une « détermination » sans ambiguïté : la solution à deux États reste, selon lui, la seule voie permettant d’installer durablement la paix et la stabilité.
Cette exigence passe aussi par une réponse à la situation en Cisjordanie, où Jean-Noël Barrot dénonce une situation « tout simplement révoltante ». Depuis la fin septembre, période de la récolte des olives, les agriculteurs palestiniens sont confrontés aux violences et aux intimidations de colons.
Ce qu'il se passe en Cisjordanie est tout simplement révoltant. On assiste à une explosion des violences, à une accélération effrénée de la colonisation.
Face à cette situation, la France a pris une décision avec onze autres pays : vouloir mettre fin au commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie. Jean-Noël Barrot souhaite que l’Europe, compétente en la matière, puisse « en tirer les mêmes conclusions ». Si une décision européenne ne devait pas aboutir, d’autres voies sont à l’étude en France. Une proposition de loi a ainsi été déposée à l’Assemblée nationale par les socialistes et plusieurs autres groupes parlementaires, dont le MoDem. « Nous échangeons avec eux », a précisé le ministre, confirmant que plusieurs modalités étaient actuellement examinées.
Manifestations : « Une multiplication de messages sur les réseaux qui attribuent à l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations »
Les manifestations et les violences survenues ces dernières semaines en France font également l’objet de tentatives d’instrumentalisation à l’étranger. Jean-Noël Barrot a mis en garde contre les campagnes qui récupèrent les événements nationaux pour « nuire à l’image de la France à l’étranger ». Sur les réseaux sociaux, des messages attribuant ces manifestations à l’immigration massive ou à l’islam radical participent, selon lui, à la diffusion de récits déformés, alimentés par des acteurs étrangers.
Ce qui est certain, c'est que ces images, comme très souvent lorsqu'il se passe quelque chose dans notre pays, sont récupérées, déformées et amplifiées par tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger.
Le ministre a notamment évoqué des opérations d’influence provenant de plusieurs pays, parmi lesquels les États-Unis, la Russie, la Chine, Israël ou l’Iran. Leur objectif : « nous affaiblir » et « ternir notre image à l’étranger », en imposant leur propre lecture des événements français. Pour illustrer l’ampleur du phénomène, il a avancé que « deux tiers des contenus qui évoquent les questions d’immigration proviennent de l’étranger ».
Face à ces campagnes, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères renforce ses actions de riposte et développe des récits destinés aux publics étrangers pour rétablir la réalité de ce qu’est la France, de ce qu’elle défend et de ce qu’elle fait à travers le monde. Il s’agit de ne pas laisser des acteurs extérieurs imposer leur propre histoire sur notre pays.
Jean-Noël Barrot a toutefois tenu à distinguer ces opérations de désinformation des contenus qui appellent directement à la violence. Les messages incitant au pillage, aux dégradations ou aux violences doivent être retirés des plateformes, quelle que soit leur origine. « Un appel au pillage, il est retiré », a-t-il affirmé, en référence aux mesures visant à accélérer le retrait des contenus illicites. La réponse doit donc être adaptée à chaque situation : combattre les récits mensongers qui cherchent à fragiliser la France, tout en permettant de retirer rapidement les publications qui encouragent les violences.