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Saint Valentin : déclarez votre amour à votre ville

Saint Valentin

Le 14 février, si vous déclariez votre amour pour votre ville ? 

« La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel », a écrit Baudelaire. Si le cœur peut être versatile dans ses élans, les changements d’une ville peuvent nous la rendre étrangère ou, à l’inverse, nous y attacher encore plus fort. Contrairement à un être humain, une ville peut rajeunir avec les années, se verdir, bouger davantage ! Ce vers de Baudelaire a été repris par Julien Gracq, en 1985, pour donner son titre à La forme d’une ville, belle déclaration d’amour à sa ville natale, Nantes (« Habiter une ville, c’est y tisser par ses allées et venues journalières un lacis de parcours très généralement articulés autour de quelques axes directeurs »). Si Julien Gracq ne reconnaît plus certaines places et rues, il continue d’aimer passionnément les lieux de ses souvenirs.

Dans la campagne municipale qui bat son plein, nombre de candidats ont choisi le langage de l’amour pour leur slogan. Aimer sa ville, c’est l’aimer dans toutes ses formes, avec des altérations et ses évolutions. La changer, oui, mais sans brusquerie excessive. Doit-on lui dire qu’elle manque d’hygiène ? C’est plus facile à dire qu’à un être aimé, que l’on pourrait vexer. La ville comprend que sa propreté dépend des services de la mairie, mais aussi du comportement de ses usagers. En une semaine, les rats et les surmulots quitteront-ils enfin Paris ? Que la ville ne soit pas l’exact reflet d’Emily in Paris n’est pas grave. Paris, c’est aussi Eugène Sue, Balzac, Victor Hugo, qui en ont décrit les mutations successives. Au Mouvement Démocrate, nous savons bien qu’il y a en France d’autres villes que Paris : néanmoins, nous vous conseillons, Parisiens ou non, le délicieux et hilarant petit livre de Raymond Queneau, Connaissez-vous Paris ? Queneau y pose d’innombrables questions-pièges sur la ville, que l’on croit connaître, mais est-ce si sûr ?

Toutes les villes n’ont pas eu encore leur chanson, alors composez-un en une pour le 14 ! Toulouse de Claude Nougaro, Tonnerre de Brest de Miossec, Bordeaux de Serge Lama, Il pleut sur Nantes de Barbara, Sous le ciel de Paris d’Yves Montand, La Nice baie des anges de Dick Rivers, Vesoul de Jacques Brel. Mais aussi le magnifique, et trop peu connu, Limoges de Nicolas Maury ! Ecrivez vite une chanson pour Voisins-le-Bretonneux, Pau, Autun, Roubaix, Montpellier, Agen. Et même pour ces belles qui nous échappent, Menton ou Perpignan. Une ville se chante, se courtise, se séduit et, espérons-le, nous revient. Chantez Guéret, Avrillé. Chantez la beauté des petits commerces, la place du village, les services publics, les classes d’école à préserver. Chantez les transports en commun, le prix des forfaits, le prix de la chocolatine. Chantez la seule, l’unique. Jusqu’au 15 mars où votre aimée vous accordera sa préférence, sa première danse. Pour six années de passion et de fidélité.

 

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