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Sarah El Haïry : « Il y a une crise de la confiance dans le périscolaire »

Invitée de La Maison des Maternelles sur France 2 ce vendredi 4 septembre, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’enfance et vice-présidente du MoDem, est revenue sur les enjeux de cette rentrée pour les familles : périscolaire, nouveau guide à destination des parents et protection des enfants face aux écrans.

Périscolaire : « Il faut assumer qu’il y a une crise de la confiance »

Après les drames survenus dans plusieurs structures périscolaires, la rentrée s’effectue dans un contexte particulier pour de nombreuses familles. Pour Sarah El Haïry, il est indispensable de répondre à l’inquiétude des parents avec transparence et fermeté. « Il y a eu des drames. Et pour le coup, la justice est saisie et je pense qu’on aura besoin de réponses extrêmement claires et de condamnations extrêmement claires », a-t-elle rappelé, estimant que ces événements ont créé « un électrochoc ».

La Haute-commissaire à l’enfance reconnaît toutefois que les réponses apportées jusqu’ici « n’ont pas été à la hauteur ». Au-delà des condamnations, l’enjeu est désormais d’empêcher que de tels faits se reproduisent. Cela passe notamment par un renforcement des contrôles, de meilleurs fichiers et une meilleure circulation de l’information entre les acteurs.

Sarah El Haïry refuse également de nier la crise de confiance qui traverse aujourd’hui certaines familles : 

Dans cette période, oui, il faut assumer qu’il y a une crise de la confiance. Elle est réelle. Et donc, la nier, c’est dangereux. C’est pas bon. Ni pour les enfants, ni pour les professionnels.

 

Pour elle, la réponse doit être globale : mieux former et contrôler les professionnels, mais aussi donner aux parents davantage de moyens pour signaler une situation et accompagner les enfants victimes. Elle les encourage ainsi à « parler », rappelant qu’« on n’embête pas les enseignants, on n’embête pas la directrice, on n’embête pas quand on demande un rendez-vous ».

Parmi les bonnes pratiques identifiées avec les parents d’élèves et les collectifs du périscolaire figure notamment le port d’un badge permettant d’identifier les adultes intervenant auprès des enfants. « Qui est qui, bien sûr. Mais c’est la première des choses », souligne-t-elle : les parents doivent pouvoir savoir qui prend en charge leur enfant.

 

Guide 3-6 ans : « Redonner quelques petits repères »

Autre sujet abordé dans l’émission : le nouveau guide destiné aux parents d’enfants de maternelle. Après un premier guide consacré aux 0-3 ans, cette nouvelle publication, proposée gratuitement, s’adresse aux familles d’enfants de 3 à 6 ans.

Présenté en avant-première dans La Maison des Maternelles, il doit permettre aux parents de retrouver facilement des conseils et des repères qui peuvent habituellement être donnés par un pédiatre, une directrice ou une enseignante. 

L’objectif il est simple, redonner quelques petits repères.

 

Sommeil, sécurité affective, langage, écrans ou encore rituels : le guide aborde les nombreuses questions qui rythment le quotidien des jeunes enfants et de leurs parents. Il doit également être diffusé plus largement auprès des familles grâce au travail engagé avec le ministère de l’Éducation nationale.

L'ambition n'est pas d'ajouter une nouvelle source de pression aux parents. Au contraire, Sarah El Haïry insiste sur l’importance de dédramatiser : « Aucun stress à avoir, mais des petits outils pour pouvoir aussi échanger et surtout déstresser. » Car chaque enfant évolue à son propre rythme et la comparaison peut être source d’inquiétude inutile. Les petits gestes du quotidien, comme parler à son enfant ou lui lire une histoire le soir, peuvent déjà contribuer à son développement.

 

Écrans : « Ce n’est pas une punition pour les ados »

Sur la question des réseaux sociaux et de la protection des mineurs, Sarah El Haïry assume une position de fermeté. Elle dit ainsi être « assez triste » de la décision du Conseil constitutionnel, tout en prenant acte de celle-ci : 

Maintenant, on prend acte de la décision du Conseil constitutionnel, qui est souverain, mais on va trouver la voie de passage.

 

Pour la vice-présidente du MoDem, l’objectif reste le même : mieux protéger les enfants et les adolescents face à des plateformes dont les mécanismes peuvent les exposer à des contenus inadaptés ou à des usages excessifs. « Les parents le sollicitent », rappelle-t-elle, alors que les conséquences de certains usages numériques sont désormais largement documentées.

Elle pointe également les différences de régulation entre les pays, citant notamment les réflexions menées aux États-Unis et le choix fait en Chine de proposer davantage de contenus pédagogiques aux jeunes utilisateurs. « Ils mettent franchement très en risque », estime-t-elle à propos des contenus auxquels les enfants peuvent être exposés.

Pour Sarah El Haïry, mieux protéger ne signifie toutefois pas simplement interdire. Les parents doivent aussi disposer d’informations leur permettant d’accompagner leurs enfants. Elle défend notamment l’idée d’une information comparable à celle qui existe déjà pour les jeux vidéo avec la classification PEGI, une sorte de challenge score ressemblant au nutriscore

Aujourd’hui les parents, sur certains jeux vidéo, ils peuvent avoir le PEGI, donc l’information de l’âge, mais sur du contenu en ligne, sur des applications, il n’y a rien.

 

Cette logique d’information et d’accompagnement est au cœur de son approche : permettre aux familles de faire des choix éclairés, ensemble, plutôt que de laisser les enfants seuls face aux plateformes. Car, résume-t-elle, « quand tu n’as pas d’information, oui, tu peux être pris un peu au piège. C’est là que l’engrenage se crée. »

 

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