Marc Fesneau : « Les Français ont besoin de réconciliation »
Face à la tentation du rapport de force, Marc Fesneau défend sur le plateau de Public Sénat une autre voie : celle de la responsabilité, du dialogue et des convergences démocratiques, des débats parlementaires à la préparation de 2027.
Assemblée nationale : « Le peuple français, les Français ont besoin de réconciliation »
Au lendemain d’échanges particulièrement tendus à l’Assemblée nationale lors des questions au gouverment qui ont surtout portée de l'attentat terroriste dans les Yvelines, notre président du groupe Les Démocrates a dénoncé l’instrumentalisation politique des drames humains, alors même que la famille de la victime et des élus du territoire étaient présents. « Cette façon d'instrumentaliser en permanence les faits les plus graves, des faits de terrorisme, des faits d'actes racistes, est quelque chose d'assez détestable », a-t-il regretté, rappelant que les Français ont besoin de « réconciliation » plutôt que de voir les victimes opposées les unes aux autres.
Ce sont des victimes que nous devons honorer les unes et les autres, celles de l'antisémitisme, celles de l'antisémitisme, celles de la violence en tant que telle.
« Moi je ne trie pas dans les victimes du terrorisme. Une victime du terrorisme est une victime », a insisté le président du groupe Les Démocrates, citant celles du Bataclan, de Charlie Hebdo et du terrorisme antisémite. Toutes doivent être honorées, sans hiérarchie ni appropriation partisane. Pour lui, la responsabilité politique consiste à apporter des paroles de « fermeté et de réconciliation », loin des affrontements entre le Rassemblement national et La France insoumise.
Sinon, on nourrit une espèce de querelle et une ambiance dans ce pays qui est une ambiance détestable et dangereuse, parce que c'est la paix civile qui est en cause.
Cette exigence vaut également face aux fractures qui traversent la société française. Refusant d’en attribuer la responsabilité à un seul homme, Marc Fesneau a reconnu un échec collectif à réconcilier les Français entre eux, mais aussi avec l’Europe et le monde de l’entreprise. Il a notamment pointé la « brutalisation des rapports sociaux », qui se prolonge dans les rapports politiques et internationaux, et alimente les divisions.
Face à ce constat, le dialogue ne peut rester un simple principe affiché. « On a, nous, responsabilité particulière », a-t-il rappelé, appelant les démocrates et les républicains à ouvrir un chemin différent. Car, selon lui, les sociétés ne sortent pas renforcées de la fracturation : c’est bien « l'avenir et l'intérêt des Français » qui sont en jeu.
Budget : « Donner sans dire comment on finance, c'est prendre son interlocuteur pour un imbécile »
Interrogé sur les manifestations de lycéens et d’étudiants, notre premier vice-président a reconnu la légitimité de plusieurs revendications, portant notamment sur les conditions matérielles dans les établissements, les absences de professeurs ou encore l’organisation des enseignements. Mais il a rappelé que le dialogue ne signifie pas satisfaire immédiatement toutes les demandes, sans tenir compte des contraintes et des moyens disponibles.
« Dire aujourd'hui je vais donner 15, 10, 5 milliards sans avoir la moindre idée de la façon de le financer, c'est prendre son interlocuteur pour un imbécile », a-t-il déclaré, ajoutant : « Et moi je ne prends pas les lycéens et les étudiants pour des imbéciles. » Une manière de défendre une réponse politique qui prenne au sérieux les attentes des jeunes, sans leur promettre des dépenses dont le financement n’est pas assuré.
Notre président des députés Démocrates a également rappelé que la rénovation des collèges et des lycées relève de la compétence des départements et des régions. Si certains établissements présentent des locaux dégradés, chacun doit donc assumer ses responsabilités, plutôt que de renvoyer systématiquement la question à l’État. Au-delà des investissements, Marc Fesneau a surtout dénoncé une « absence de démocratie territoriale et locale », qui empêche parfois les demandes les plus élémentaires des jeunes d’être entendues.
Dans quelle société vit-on où il faille crier si fort pour être entendu sur des choses aussi simples ?
Enfin, concernant Parcoursup, il a appelé à dépasser les oppositions de principe pour poser la question du modèle de sélection dans l’enseignement supérieur. Laisser les étudiants s’engager dans des filières sans débouchés, au risque de les voir échouer en cours de route, reviendrait selon lui à « mentir aussi aux jeunes ». Derrière les critiques de la plateforme se joue ainsi un débat plus profond sur l’orientation, la sélection et les conditions de réussite des étudiants.
Donc la question derrière Parcoursup, c'est la question du modèle de sélection qu'on a, parce qu'il faut de la sélection, y compris pour la fac.
Élection présidentielle : « Il faut qu'on crée une dynamique, quelque chose, un élan, un rassemblement »
À l’approche de l'élection présidentielle, Marc Fesneau a réaffirmé notre volonté démocrate de favoriser le rassemblement plutôt que de précipiter le choix d’une candidature. À ses yeux, l’enjeu n’est pas tant le nombre de candidats que leur capacité à se qualifier pour le second tour. Or, les sondages ne font apparaître, selon lui, aucun candidat de cet espace politique en mesure d’y parvenir aujourd’hui.
Choisir un candidat, c'est fabriquer, au fond, plutôt de la dissension.
Il souhaite d'abord faire émerger au préalable une dynamique commune. Une primaire pourrait constituer une piste comme le propose François Bayrou, à condition de réunir un périmètre suffisamment large. L’essentiel est de définir un processus permettant de désigner un candidat de ceux qui ne veulent « ni Le Pen, ni Mélenchon ».
Pour notre premier vice-président, cette démarche suppose de rechercher les convergences plutôt que de s’enfermer dans les divisions partisanes. L’Europe, l’équilibre des comptes publics, l’écologie ou encore la décentralisation sont autant de sujets sur lesquels des rapprochements sont possibles.
On partage peut-être quelque chose sur la question européenne, sur l'équilibre des comptes publics, sur les questions écologiques, sur les questions de décentralisation. Et peut-être qu'il y a plus de choses qui nous rassemblent qu'on ne croit.
Marc Fesneau a également contesté l’idée de décaler les prochaines élections municipales, proposée par Bruno Retailleau, en raison des risques de violences autour du 1er mai. Modifier le calendrier électoral par anticipation reviendrait, selon lui, à céder du terrain aux casseurs. « Dans quelle démocratie on change la date parce que […] des gens viendraient casser ou détruire des mairies ? », a-t-il interrogé, avant de rappeler :
La loi du plus fort ce n'est pas acceptable, c'est la loi qui doit s'imposer.