Les nuits de la lecture : villes et campagne
Ce 20 février 2026, les nuits de la lecture fêtent leur dixième édition. Alors que la proposition de loi interdisant les écrans aux jeunes de moins de 15 ans vient d’être adoptée, c’est l’occasion de rappeler que le livre ouvre grand les portes de l’imagination et du rêve. Cette année, c’est le thème des villes et des campagnes qui a été choisi.
Prendre le temps de se plonger dans un roman, d’aventures ou d’amour, permet de dilater le temps ordinaire. Sans parler des bandes dessinées, magnifiques invitations aux voyages graphiques. Le thème de cette année est également l’occasion de réfléchir aux lieux de mémoire, d’appartenance ou de projection. La ville, lieu de tous les possibles ou de toutes les peurs, constitue au XIXe siècle un véritable topos littéraire. Ainsi du Paris balzacien, qui n’est pas seulement le décor de la Comédie humaine mais bien un personnage à part entière. La Fortune des Rougon, de Zola, peint à merveille l’ambition dans une petite ville de campagne.
John Dos Passos et la grande ville newyorkaise, Giono et le chant du monde et de la terre, les goûts, les choix ne manquent pas. Au Mouvement Démocrate, notre président François Bayrou a constamment rappelé à quel point la lecture était émancipatrice et fondatrice. Acte individuel ou collectif, lorsque les écoles font venir des conteurs, elle est une expérience vivifiante. Lire seul est également un moyen de rompre la solitude : c’est la rencontre avec une autre voix, une autre sensibilité, des personnages, tout ce qui nous relie au monde. Dans l’émission La cité du livre, en 2012, François Bayrou se confiait sur l’un de ses romans préférés, Les enfants Jeronime d’Ernst Wiechert, dont l’intrigue se déroule précisément dans un tout petit village :
Je l'ai toujours sur mes tables de chevet et je le relis en permanence. Je l'ai peut-être lu 200 fois. C'est un formidable roman qui est l'histoire d'un jeune homme né dans une famille pauvre de bûcheron et de charbonnier. Et puis il va traverser la Première Guerre mondiale dans laquelle il va être blessé. Il va faire des études de médecine. Et puis il va revenir, médecin des pauvres, dans son village de Sowirog.
Notre députée de la Mayenne Géraldine Bannier, auparavant professeur de lettres et rapporteure d’une proposition de loi sur le livre, se bat pour l’objet livre, indispensable dans nos sociétés trop souvent soumises à l’accélération. « La lecture est le premier vecteur de lutte contre les inégalités », a encore rappelé Géraldine Bannier dans l’hémicycle la semaine dernière.
Initiée par le ministère de la Culture, cette nuit de la lecture nous invite à investir les bibliothèques, ouvertes pour des lectures à haute voix. Et nous remarquons que ce thème des villes et des campagnes entre en résonance avec les élections municipales qui approchent. Nous interroger sur nos lieux de vie est essentiel.