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Jean-Noël Barrot : « Nous n'avons pas besoin d'une diplomatie d'opinion, nous avons besoin d'une diplomatie d'impact »

Invité de Questions politiques de France inter, Franceinfo et Le Monde ce 16 novembre, notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défendu une diplomatie « d’impact », un soutien déterminé à l’Ukraine, une nouvelle culture parlementaire de compromis et une Europe protectrice, fidèle aux valeurs démocrates.

Otages français : « Une victoire de la diplomatie »

La libération de plusieurs de nos compatriotes a dominé le début de l’entretien. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a d’abord annoncé que Camilo Castro, détenu au Venezuela depuis juin, « arrivera dans quelques heures » et « retrouvera sa famille », soulignant l’émotion ressentie lorsqu’il a appelé sa mère : 

Je veux témoigner ici de la grande émotion qui a été la mienne lorsque hier soir, j’ai appelé sa maman et son beau-père pour leur annoncer que Camilo Castro était en sécurité dans notre ambassade. 

 

Il a attribué ce résultat « au travail discret, dans l’ombre, de la diplomatie française », rappelant avoir activé des relais au Mexique et en Colombie, « sans aucune contrepartie ».

Ce que je relève, c'est qu'en moins de dix jours, nous avons ramené quatre de nos ressortissants hors de la détention et que c'est pour nous un motif de satisfaction très important. 

 

À propos de Cécile Kohler et Jacques Paris, désormais hors de prison en Iran et « en sécurité à l'ambassade », Jean-Noël Barrot a insisté sur l’accompagnement nécessaire après « plus de trois ans » de captivité dans « des conditions extrêmement difficiles ». Ils « ne peuvent pas encore rentrer », mais ont retrouvé « les plaisirs simples, la lecture, le fait de dormir dans un lit ». 

Nous restons très attentifs à leur bien-être, à leur confort, ils sont entourés par l'équipe de l'ambassade. Parallèlement, nous poursuivons le travail, celui qui nous a permis d'aboutir à cette première étape, leur sortie de prison, pour aller jusqu'au terme de cet effort, c'est-à-dire leur libération définitive. 

 

La libération de Boualem Sansal a donné lieu à un message politique fort. Le ministre a salué une « victoire de la diplomatie française, de la diplomatie allemande » et dénoncé « un désaveu cinglant pour les partisans de la méthode forte ». Il a fustigé ceux qui minimisent le rôle du Quai d’Orsay : « C’est totalement irresponsable et c’est un crachat au visage des diplomates ». 

Nous n'avons pas besoin d'une diplomatie d'opinion, nous avons besoin d'une diplomatie d'impact. C'est ce que je défends et ça produit des résultats. 

 

Jean-Noël Barrot a ainsi défendu une « diplomatie d’impact », rappelant que le ministère avait mis « à l’abri près d’un millier » de Français l’an dernier et libéré « une dizaine » d’otages depuis janvier grâce au travail « en première ligne » du Quai d'Orsay.

Plus généralement sur l’Algérie, il a confirmé un dialogue « exigeant » et la nécessité, « le moment venu », du retour de l’ambassadeur pour défendre nos intérêts : maîtrise de l’immigration irrégulière, coopérations judiciaires et antiterroristes. Quant à la libération de notre compatriote Christophe Gleizes, « nous l’espérons vivement et nous travaillons en ce sens ».

 

Ukraine : « C'est la Russie qui est en échec »

Le ministre a répondu aux inquiétudes sur la chute de Pokrovsk : « Ça fait un an maintenant qu’on nous annonce la chute de Pokrovsk ». Si la résistance ukrainienne est « héroïque » et éprouvée, « la vérité, c’est que dans cette affaire, c’est la Russie qui est en échec sur le plan militaire, politique et économique ». Il a entre autres dénoncé les incursions aériennes russes dans l'espace aérien de pays européens comme « une dissimulation orchestrée » de leur échec sur le front.

Nous avons l'intention de poursuivre notre soutien à l'Ukraine d'un côté et notre politique de pression sur la Russie. 

 

La France, fidèle à sa ligne européenne et démocrate, poursuit son soutien à l'Ukraine : livraisons de Mirage, missiles Aster, rencontre inédite ce lundi à Paris entre industriels du drone français et ukrainiens. Sur la proposition d'un prêt européen de 140 milliards, Jean-Noël Barrot a confirmé les exigences françaises : éviter la confiscation illégale d’avoirs russes qui « soulèverait des problèmes juridiques », associer le G7, et veiller à ce que ce financement « permette de développer notre industrie européenne de défense ».

Notre vice-président a aussi souligné l’importance de « la démocratie, l'état de droit » pour l’adhésion future de l’Ukraine à l'Union européenne : 

L’Union européenne […] ne peut tolérer en son sein la prolifération de pratiques de corruption. 

 

Il assure donc un « dialogue très franc et très exigeant » avec les autorités ukrainiennes qui doivent être « intraitable » avec la corruption. 

 

Budget : « Une révolution copernicienne »

Sur la séquence budgétaire, le ministre a mis en avant l’esprit de responsabilité retrouvé au Parlement après la décision de renoncer à l'usage de l'article 49-3 de la Constitution.

Le Premier ministre a invité le Parlement à se saisir pleinement de cette responsabilité qui est de donner un budget à la France. 

 

Depuis, «  des groupes politiques, dont le mien, le groupe MoDem », mais aussi de la gauche républicaine à la droite modérée, « ont accepté de faire des compromis ». Notre vice-président confie observer une « révolution copernicienne », c'est une première.

À l’inverse, il a dénoncé « l’attitude d’obstruction » de la France insoumise et du RN, accusés d’être « prêts à toutes les compromissions pour bloquer le pays ». Une motion de censure « par anticipation », proposée par LFI, serait « tout simplement irresponsable ». 

Ça démontre qu'après avoir voté des amendements de l'extrême droite, la France insoumise est prête à tout pour s'aborder l'effort consenti par la plupart des formations politiques de ce pays de faire des compromis pour donner un budget au pays. 

 

Pour Jean-Noël Barrot, l’objectif est clair : « Donner au pays un budget » et apporter la stabilité nécessaire avant que « le temps des grandes confrontations » ne revienne en 2027.

 

Europe : « Un sanctuaire démocratique »

En défenseur assumé de la tradition démocrate, notre vice-président a rappelé ressentir « l’aspiration à une plus grande souveraineté », qui ne peut s’incarner que dans « une Europe plus forte et elle-même plus souveraine ». Selon lui, la présidentielle de 2027 posera la question « stop ou encore ? » face à des partis extrêmes qui, malgré le vernis, veulent « en finir avec l’Union européenne ».

Les lacunes, les imperfections de l'Union Européenne, nous les dénonçons, nous qui croyons dans l'Europe, avec beaucoup de force et avec beaucoup de détermination. Et nous voulons faire changer l'Europe. 

 

Il a dénoncé les formations « populistes, à tendance autoritaire », qui rejettent l’état de droit, rappelant que l’Europe n’est pas « un marché » mais « un sanctuaire démocratique ». Le ministre a souligné la « différence fondamentale » entre les partis de droite européens, attachés à la démocratie, et les extrêmes droites qui, une fois au pouvoir, s’en prennent « à l’indépendance de la justice, des médias, de la liberté universitaire ». Leur essor serait « un danger pour notre avenir, pour notre souveraineté, pour notre sécurité ».

Un parti comme le Rassemblement National n'a au fond qu'un seul objectif, c'est de capter le pouvoir pour ne plus jamais le rendre.

 

Pour le MoDem, l’Europe n’est pas un problème mais une solution qu’il faut transformer pour la rendre plus efficace. Fidèle à cette ligne, Jean-Noël Barrot résume d’une formule : 

Ceux qui aiment l’Europe veulent la changer pour la rendre meilleure.

 

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