Jean-Yves Gauchot : « La marque de fabrique du MoDem c'est d'être au centre et d'être pragmatique. »
À l'occasion de l'ouverture du Salon de l'Agriculture, le Mouvement Démocrate a donné la parole à Jean-Yves Gauchot, vétérinaire, vice-président de l'Académie des vétérinaires de France et président de la Fédération des syndicats des vétérinaires de France.
Un vétérinaire militant : « Je suis très engagé pour ma profession. »
Fils et petit-fils de vétérinaires, Jean-Yves Gauchot est aujourd'hui vétérinaire patricien dans le Périgord Noir et soigne tous types d'espèces :
Je ne fais pas que de la bobologie ; aujourd'hui dans notre métier on fait des opérations, de l'imagerie ou encore de l'orthopédie.
Depuis les années 90, Jean-Yves est très engagé : il est vice-président de l'Académie des vétérinaires de France et président de la Fédération des syndicats des vétérinaires de France et a fondé le RESPE, Réseau d'épidémio-surveillance en pathologie équine. Il précise :
J'ai une expertise : je suis connu pour ça. J'ai des enfants donc il faut leur donner de l'espoir pour le monde de demain.
L'épidémie de la DNC : « Notre formation c'est la santé, c'est-à-dire protéger la société. »
Nous avons interrogé Jean-Yves sur l'épidémie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) afin de comprendre son rôle pour éradiquer la maladie qui a commencé le 29 juin 2025 en Savoie.
Encore inconnue en France dans les années 90, notre militant souligne que ses professeurs de l'école vétérinaires disaient : « Elle ne viendra jamais en France. » Pourtant, 30 ans plus tard, les mœurs ont évolué et la France a dû faire face à cette épidémie.
Ainsi, Jean-Yves nous a rappelé à quel point la DNC était contagieuse puisque c'est une maladie vectorielle transmise principalement par des insectes piqueurs. Le vaccin et le test pour détecter la maladie ne sont, aujourd'hui, pas suffisamment efficaces. La seule solution scientifique pour éradiquer le foyer est l'abattage des bovins :
On disait : « On abat, on veut tuer l'élevage. » Mais, scientifiquement, l'abattage des bêtes était la solution.
En juin 2025, Jean-Yves a précisé que la risque d'apparition de la maladie en France était probable. Il déplore que, malgré les mesures de précautions mises en place, un premier foyer a été détecté en Savoie :
On ne peut pas tracer, on sait que c'est un mouvement illégal, un mouvement qui n'a pas été enregistré.
Il a évoqué les difficultés auxquelles les vétérinaires ont été confrontés pendant la crise. À ce titre, il a indiqué avoir reçu des menaces de mort, qu’il a signalées aux autorités judiciaires. Il a donc rappelé le rôle centrale du vétérinaire :
Notre formation c'est la santé, c'est-à-dire protéger la société.
Même si aujourd'hui plus aucun cas de dermatose n'a été détecté en France, l'épidémie peut revenir à précisé Jean-Yves. Il est donc primordial de trouver des solutions :
Les agriculteurs sont épuisés, ils passent de crise en crise.
Il est donc important d'investir dans la recherche pour notre militant comme « une vraie stratégie car on aura de plus en plus de virus ».
La relation vétérinaire/éleveur : « Elle s'est distendue là où il y a moins d'élevage. »
Nous avons ensuite interrogé Jean-Yves sur la relation entre le vétérinaire et l'éleveur. Il a défini trois piliers qui la construisent : l'éleveur, le vétérinaire et l'État. Si l'un de ces piliers manque alors, les relations se compliquent. La relation entre l'éleveur et le vétérinaire est donc rendue possible au départ sur un modèle économique.
Par exemple, en Savoie, la relation entre le vétérinaire et l'éleveur est plus facile dans les fermes de vaches laitières puisque les professionnels de santé sont régulièrement sollicités pour soigner les bêtes. Mais dans des endroits où il y a moins d'élevage, comme dans le Périgord Noir, les relations sont plus difficiles. Il souligne :
C'est assez simple à comprendre : cette relation s'est distendue là où il y a moins d'élevage.
Les relations sont aussi devenues plus difficiles dans les endroits où les éleveurs éprouvent des difficultés à trouver un vétérinaire. Jean-Yves a notamment cité la loi DDADUE (la loi d'adoption des dispositions concernant les vétérinaires) permettant aux collectivités territoriales de subventionner les jeunes vétérinaires pour les aider à s'installer. Pour accompagner nos éleveurs, Jean-Yves a rappelé :
Il faut que les éleveurs soient accompagnés donc il faut qu'il y ait des vétérinaires.
Jean-Yves est engagé au Mouvement Démocrate et au sein du Village démocrate agriculture et alimentation. Il a rappelé son rôle au sein du Village :
J'apporte un peu cette expertise dans le Village et le constat politique que l'on fait là-dessus, c'est qu'il va falloir qu'on se prépare de plus en plus parce qu'on a un réchauffement climatique.
Enfin, notre militant a rappelé le sens de son engagement, celui que notre famille politique :
La marque de fabrique du MoDem est d'être au centre et d'être pragmatique.