Nicolas Turquois : « Je veux dire la souffrance qui m’anime de voir l’état de nos finances »
Notre député de la Vienne, Nicolas Turquois, a répondu aux questions de La Nouvelle République sur la mobilisation lycéenne, l'état des finances publiques et le risques des extrêmes.
Que vous inspire le mouvement lycéen ?
Nicolas Turquois : « Notre jeunesse est en souffrance, il faut l’écouter. Je ne partage pas la violence. Sur les revendications matérielles, il y a des réalités très différentes selon les territoires. Mais, globalement, il y a un travail à mener. »
La rentrée est morose. C’est l’échec de la politique d’Emmanuel Macron ?
« Les prix des carburants, la crise agricole sont davantage liés aux politiques de Monsieur Trump qu’aux choix de notre président. Après, oui, il y a eu des choix très contestables… amplifiés par une Assemblée divisée comme jamais qui se préoccupe plus de la présidentielle que de faire des choix fondamentaux pour le pays. »
Vous alertez sur la situation financière de l’État.
« Je veux dire la souffrance qui m’anime de voir l’état de nos finances. L’agriculture aurait besoin d’un accompagnement massif, la sécurité civile nécessiterait de lourds investissements, nos concitoyens ont des attentes fortes sur les questions environnementales… Mais toutes ces politiques publiques sont atrophiées par le poids considérable de notre dette. »
Validez-vous le projet de loi de finances 2027 ?
« Les efforts ne sont clairement pas à la hauteur du risque tragique que court notre pays. On est dans une logique de fonds de tiroir qui met tout le monde en tension et ne résout rien. Il est impératif de prendre des décisions courageuses pour notre avenir. Les efforts doivent être partagés par tous. Y compris par les collectivités. Je suis pour l’année blanche. On gèle des dotations, pas d’indexation des prestations ni d’allègements généraux pour les entreprises, on fait un effort massif sur la lutte contre l’optimisation fiscale. »
Député de la majorité pendant sept ans, vous avez une part de responsabilité dans la situation.
« Le bilan est forcément compliqué. Je suis prêt à endosser ma part. Au moment du Covid et de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, on n’a pas su débrancher assez tôt des dispositifs massifs d’aide. Une part des difficultés est aussi liée à la situation politique, il n’y a pas de majorité suffisante pour prendre des décisions responsables. »
Qui allez-vous soutenir à la présidentielle ?
« Mon mouvement souhaite une candidature de rassemblement dans l’espace central. Il faut quelqu’un qui sache rassembler, qui soit prêt à faire des choix courageux et qui ait une proximité avec les Français pour essayer de les réconcilier avec la politique. Personne ne m’a fait vibrer pour l’instant. »
Le RN frappe à la porte. Cela vous préoccupe ?
« Rien n’est acquis pour le RN, on le voit avec l’histoire de Monsieur Bardella, les incohérences budgétaires de leur projet… Cela dit, il y a un chemin. Le RN surfe sur un mouvement de colère. »
Le prochain président devra dissoudre l’Assemblée pour avoir une majorité. Auquel cas, serez-vous candidat ?
« Je serai candidat. On peut avoir deux partis populistes au second tour de la présidentielle. Je mesure la colère de nos compatriotes mais je continue de penser qu’il faut porter une voie modérée. Il sera important que j’aille au combat malgré tous les risques face à moi. Je vais organiser des cafés citoyens dans ma circonscription pour aller à la rencontre des électeurs, faire mon mea-culpa sur ce que je n’ai pas bien fait et aller convaincre ceux qui ne se retrouvent pas dans les propositions populistes. »
Dans la circonscription, Hager Jacquemin (RN) avance ses pions.
« Elle fait campagne sur le terrain. Ce sera à moi de mettre en avant les incohérences nationales et locales du programme qu’elle porte. »
Quel regard portez-vous sur l’action de la nouvelle maire (Horizons) de Châtellerault ?
« Il y a une trop forte exigence après seulement quelques mois. Après la longue période Abelin, il faut laisser un peu de temps aux choses de s’organiser. Je vois des choses positives, davantage d’élus impliqués. Je lui renouvelle totalement ma confiance. »
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