Erwan Balanant : « Comme toute avancée technologique, l’IA peut également être un poison »
Lors des questions au gouvernement de ce mardi 16 juin, notre député du Finistère, Erwan Balanant, a interrogé le ministre sur l’IA.
Merci madame la présidente.
Chaque minute, elle collecte sans consentement ; elle reproduit sans autorisation ; elle pille en toute impunité. Chaque minute, elle pèse sur le débat public, exploite l'émotionnel, déséquilibre notre modèle démocratique. Vous l'aurez compris, je parle bien de l'intelligence artificielle.
Derrière la promesse du progrès technologique, nous légitimons aujourd'hui un Far West cybernétique, un monde de prédation dans lequel règne la loi du plus fort, sans foi ni loi, où les algorithmes l'emportent sur le droit. La décision du président Trump nous impose aujourd'hui une IA qui doit veiller à respecter notre idéal et notre cadre démocratique. Et je salue en ce sens, monsieur le Premier ministre, vos récentes annonces en faveur d'un plan IA qui vienne renforcer nos services publics et surtout réduire notre dépendance stratégique numérique.
Mais comme toute avancée technologique, elle peut également être un poison. L'IA a ainsi bouleversé notre rapport à l'information, pourtant au fondement de toute démocratie. Un citoyen éclairé, informé, est un citoyen qui peut se mobiliser pour défendre ses droits et libertés. C'est un citoyen qui développe une conscience citoyenne et démocratique. Au contraire de l'IA, les illusions des contenus ont été substituées à la puissance des idées.
Ces évolutions sont d'autant plus préoccupantes qu'elles permettent la diffusion massive de manipulations de l'information et des ingérences étrangères. Mais si la qualité du débat public chute, c'est toute notre démocratie et notre modèle qui chutera avec.
Madame la Ministre, ceci n'est pas un appel à entraver l'innovation. C'est un appel pour défendre nos droits dans une guerre qui les oppose aux données et à la puissance algorithmique. Alors, comment imaginez-vous une IA qui respecte nos droits et qui protège notre souveraineté démocratique ?