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Bruno Fuchs : « Les citoyens, et particulièrement les jeunes générations, n'ont pas renoncé à la liberté, à la justice et à l'état de droit »

Lors des questions au gouvernement de ce mardi 27 octobre, notre député du Haut-Rhin et président de la commission des affaires étrangères, Bruno Fuchs, a interrogé notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur le résultat des élections en Serbie et au Brésil.

Madame la Présidente, au nom de mon groupe, je veux condamner cet attentat raciste et odieux de Trappes et rendre un vibrant hommage fraternel à M. Pengo Bossio Wangi. 

Dimanche dernier, en Serbie, le mouvement des étudiants a remporté une victoire historique face au pouvoir d'Aleksandar Vučić. Le même jour, le Brésil a fêté la victoire avec panache du président Lula grâce à une résistance historique de la démocratie face à la vague illibérale. Ces deux victoires démontrent que les citoyens, et particulièrement les jeunes générations, n'ont pas renoncé à la liberté, à la justice et à l'état de droit.

Mais derrière ces deux scrutins, c'est un affrontement existentiel entre deux visions du monde qui se jouent. C'est de la démocratie, fondée sur l'état de droit et les libertés publiques, l'intangibilité des frontières, certes cet ordre est imparfait, mais il porte une ambition fondamentale, empêcher que la loi du plus fort et la violence ne deviennent la loi du monde. En face, il y a ces puissants mouvements illibéraux, nationalistes ou impérialistes, qui affaiblissent les contre-pouvoirs, sapent les institutions démocratiques, intimident les oppositions. 

Ce combat se joue dans les urnes, mais se joue aussi dans les universités, dans les médias, dans les réseaux sociaux, dans les institutions internationales. La France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, puissance européenne et héritière d'une tradition diplomatique universaliste, a une responsabilité majeure. 

Monsieur le ministre, ma question est donc la suivante. Quelle stratégie, quelle contre-attaque le gouvernement entend-il porter avec ses partenaires européens, avec les démocraties du monde entier, pour défendre l'ordre international issu de 1945, renforcer le mutualisme, faire respecter le droit international et soutenir concrètement les peuples qui se battent pour leur liberté et pour la paix ? 

 

Réponse de monsieur le ministre : 

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président Bruno Fuchs. 

Vous l'avez rappelé dimanche dernier, les élections en Serbie et au Brésil en ont fait la démonstration éclatante. La démocratie n'a pas dit son dernier mot. A tous ceux qui prédisent son déclin, qui nous annoncent la fin de l'héritage des Lumières, qui voudraient nous faire croire au caractère inéluctable des solutions réactionnaires et autoritaires, les électeurs serbes et brésiliens ont apporté un démenti cinglant. Et pour toutes celles et ceux qui, partout dans le monde aujourd'hui, se battre pour la dignité d'écrire leur propre histoire, d'être acteur de leur propre vie, pour tous ceux qui se battent pour la démocratie, ces deux résultats, ces deux élections sont une source d'espérance véritable. 

En Serbie, vous l'avez dit, c'est une génération qui s'est levée, qui a refusé la fatalité, qui s'est mobilisée pendant deux ans pour défendre l'état de droit et qui a démontré de toutes les armes du monde, c'est le bulletin de vote qui est la plus puissante. 

Et au Brésil, c'est un grand peuple qui a fait vivre le pluralisme démocratique et qui a déjoué tous les pronostics. 

Avec ces deux peuples, le peuple serbe et le peuple brésilien, la France a vocation à nouer des liens toujours plus étroits au service de nos intérêts, pour défendre la souveraineté de nos pays, mais aussi cet ordre international né après la Deuxième Guerre mondiale, comme vous l'avez rappelé. 

Mais, monsieur le Président, la grande leçon de ces deux scrutins, c'est quoi ? Eh bien, c'est qu'une élection n'est jamais jouée d'avance. Ne jamais décider à la place du peuple, ne jamais préempter son choix souverain. Et quoi qu'en disent les sondages, et si forts soient les vents contraires, une élection n'est ni gagnée, ni perdue jusqu'à l'ouverture des urnes. Voilà une leçon qu'à mon avis, certains d'entre nous feraient bien de méditer. 

 

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